CORNOUAILLE. REGION ORIENTALE
aussi accentué, c'est qu'il a été rajeuni par le mouvement de bascule qui a dû, lors de la formation de TAtlantique, relever toutes les terres britanniques vers Touest.
Depuis le nord de l'Angleterre jusqu'au Pays de Galles, les couches primaires se montrent accidentées de plis, qui marquent les racines des montagnes dressées à cette place dès la fin des temps siluriens. Ces plis, très visibles dans le Pays de Galles en raison de l'érosion qui a mis en saillie les bandes les plus dures, ont une direction à peu près méridienne.
D un autre côté, dans la Cornouaille, qui va nous occuper, et dans le Devonshire, on trouve un système de plis moins anciens, alignés à l'est avec légère tendance au sud. On peut donc dire que Tembouchure de la Severn marque la rencontre de deux chaînes différentes, formant un angle ouvert à Test, et où devait se trouver une régionr déprimée. En effet, c'est là que la mer est revenue dès l'époque du trias, et depuis lors cette région du bassin de Londres, de la mer du Nord et de la Baltique, a été presque constamment une aire de sédimentation marine. Ainsi son rôle était esquissé de longue date.
Cornouaille. — Le promontoire de la Cornouaille est beaucoup moins varié comme composition que le Pays de Galles; aussi offre-t-il une surface bien plus uniforme, et très analogue à celle de la Bretagne française ; d'autant plus que le granité y est abondant. De plus, recevant le premier choc des vagues atlantiques poussées par les vents d'ouest, il est remarquablement découpé par l'érosion marine, surtout aux abords du cap Lizard. En avant duLand's End, les îles Scilly donnent une idée de l'extension que devait avoir autrefois, vers l'ouest, ce massif aujourd'hui si réduit.
Une protubérance, s'élevant jusqu'à 624 mètres, le domine à Test; c'est le noyau granitique de Dartmoor, masse injectée à travers les schistes primaires. La séparation entre ce territoire et la Cornouaille est très nette, grâce à la vallée rectiligne du Tamar qui, naissant presque à la pointe de Hartland, sur le canal de Bristol, vient aboutir à Plymouth, et accuse bien l'absence de toute arête orographique longitudinale dans le promontoire qu'elle traverse.
Région orientale. Allure générale. — La Région anglaise orientale se détache d'autant mieux, comme topographie, de la bande ^es terrains primaires, que la jonction des deux territoires se fait par un ruban de roches facilement altérables, appartenant aux systèmes permien et triasique. L'affleurement de ces roches, grès et
marnes généralement rougeàtres (d'où le nom de new red sandstone ou nouveau grès roiigey par opposition avec le vieux grès rouge dévonien) se traduit par une zone de terres basses.
Au delà de cette bande, où se sont établis la Severn, la Mersey et le Trent, les divers étages secondaires plongent avec régularité les uns sous les autres, de sorte que leurs affleurements se succèdent en bandes parallèles, en même temps que les différences de dureté font naître une structure en gradins*. Aux zones basses, engendrées par l'apparition au jour dos couches faiblement résistantes, succèdent des escarpements, au front tourné vers Touest, où se montre la tranche des assises dures. Ces dernières sont surtout constituées par les calcaires oolithiques du système jurassique {Yorkshire moors) et par la craie blanche {Yorkshire wolds),
A partir des crêtes des escarpements s'étendent, descendant doucement vers la mer, et appuyées sur la plate-forme rési'stante, des plaines remarquablement uniformes, qui se poursuivent, les unes à travers les comtés d'York, de Lincoln, d'Oxford, les autres dans le Surrey et le Kent. Cet ensemble est accidenté, à l'est, par les deux dépressions de l'Humber et du Wash, en même temps qu'au sud son allure est un peu troublée par le dôme wealdien, dont il sera question plus loin. Enfin, jusqu'à une ligne qui, de la pointe sud-ouest du Pays de Galles, remonte en dessinant diverses sinuosités vers l'embouchure de l'Humber, les traces du passage des anciens glaciers sont visibles à la surface sous la forme de Vargile à blocaux {boulder-clay) , d'autant plus épaisse et d'autant mieux caractérisée qu'on remonte davantage au nord-ouest. En avant de cette ligne s'étendent, jusqu'aux pays de Suffblk etd'Essex, des formations extramorainiques.
Histoire de la région. — Pour Tintelligence du réseau hydrographique de l'Angleterre orientale, il convient de se souvenir que le pays, dont l'histoire géologique est très simple à dater de la fin de l'ère primaire, a dû traverser au moins trois cycles d'érosion bien marqués *.
D'abord, après 'les temps carbonifériens, toute la Grande-Bretagne, ou à peu près, était émergée, et il s'y dressait des montagnes importantes, dont la chaîne Pennine est un reste. Une assez longue érosion les avait fait disparaître en grande partie, avant que la mer s'avançât de nouveau jusqu'à la lisière actuelle du massif paléozoïque. Cette transgression marine a d'abord été lente
1. Voir plus haut, p. 116. — 2. Voir Davis. The devehpment of english rivers, Geographical Journal, 1895, p. 127.