‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 189 sur 364 · Davis, Loc, cit. — 2. Hahn, KirchhofFs Lànderkunde · texte numérisé non relu

Davis, Loc, cit. — 2. Hahn, KirchhofFs Lànderkunde

ËMERSION PLEISTOGENE 355

pour devenir tributaire de TOuse. Les rivières Swale et Wiske dépendaient autrefois de la Tees, dont trois kilomètres seulement les séparent.

La Nidd^ après avoir coulé jusqu'à Ripley dans une vallée largement ouverte, entre ensuite dans une gorge étroite, en partie entaillée dans les schistes houillers et les calcaires permiens. En quelques points, les berges sont verticales. Évidemment il s'agit dun chenal nouveau. Du reste, l'ancien lit, obstrué par une moraine, est visible à Brearton.

Enfin la Wharfe, après avoir coulé jusqu'à Wetherby dans une lai^e vallée, tourne court vers l'est à Offey, et coule jusqu'à Tadeaster dans une gorge ouverte à travers le calcaire magnésien. Ici encore la diversion est l'œuvre des glaciers '.

Émersioii pleistocène. — Ce rapide aperçu ne saurait avoir la prétention d'épuiser, même en se tenant aux traits les plus généraux, l'histoire des cours d'eau anglais. En eflet, les dernières phases de cette évolution hydrographique ont dû être traversées par plusieurs vicissitudes, au nombre desquelles il faut sans doute compter une émersion momentanée du lit de la mer du Nord.

En effet, à un certain moment de l'époque pleistocène, l'Angleterre était en libre communication «avec le continent, non seulement parce que l'isthme calaisien n'était pas rompu, mais aussi parce que le niveau des terres septentrionales s'était un peu relevé. M. Jukes Browne* a fait remarquer qu'un soulèvement de moins de 74 mètres, qui' unirait le nord de l'Irlande à l'Ecosse, transformerait du même coup la mer du Nord en une plaine, dont le rivage irait du sud de l'Ecosse à la pointe du Jutland, et où le Rhin trouverait son embouchure vers la latitude de Newcastle, après avoir reçu le tribut de toutes les rivières anglaises.

L'idée de cette émersion n'est pas une hypothèse gratuite; car, bien au large de Newcastle, au milieu de la mer du Nord, s'étend le banc sous-marin dit Dogg&i\ où la profondeur d'eau, partout inférieure à 40 mètres, et en moyenne de 25, s'abaisse parfois à 13. La drague en a rapporté par centaines des ossements de mammouth, de rhinocéros laineux, de renne, etc., qui semblent bien prouver que cette plate-forme était émergée au milieu des temps pleistocènes. De plus, en avant de la côte orientale d'Ecosse s'étend, par quarante brasses de profondeur, le banc dit les Longs Quarante, dont le fond est surtout de gravier et de coquilles brisées.

1. Rendait, Bntisk Association, Liverpool, 4896.— 2. The building of Ihe brilish isles, ^ édit., p. 402.

Or au nombre de ces dernières, on compte Purpura lapillus et Littorina rudis, espèces qui ne vivent que dans la zone du balancement des marées*.

Ainsi, à une époque relativement très récente, le lit des fleuves anglais a pu se trouver démesurément allongé, et tous sont aujourd'hui dans la condition de cours d'eau h^onqués.

Dôme wealdien. — Il nous reste à parler d'un accident fort remarquable, qui, dans le sud-est de l'Angleterre, fait naître, au milieu de plaines à fond de craie, une large dépression verdoyante et bien arrosée, au sol d'argile et de sable, encadrée entre deux lignes d'escarpements crayeux. Ces escarpements sont les North Dotons, tranchés par la mer à Folkestone, et les South Dowtis^ qui aboutissent au cap Beachy Head. De l'un à l'autre s'étend le Weald, dôme de sédiments infracrétacés qui, vers la fin des temps tertiaires, ont été poussés à travers leur couverture de craie.

Cependant les petits fleuves du sud de l'Angleterre, Arun, Ouse, au lieu de couler parallèlement au bourrelet des South Downs, le traversent à angle droit et ont leurs sources dans les .sables argileux du Weald. lien est de même, relativement aux North Downs, du Greater Stour, de la Medway, du Darent, de la Mole et du Wey.

C'est la preuve que ces cours d'eau ont dû prendre naissance, en qualité de conséquents, dès l'origine du bombement, par divergence à partir d'un axe anticlinal, qui envoyait les uns au sud, les autres au nord. Bientôt l'axe crayeux de la voûte s'est crevé, l'exhaussement faisant des progrès, et l'érosion, élargissant le vide produit, a peu à peu éloigné l'une de l'autre les deux lèvres, dont l'ensemble dessine aujourd'hui une véritable boutonnière se refermant à l'ouest vers Petersfield. Ce recul progressif n'a rien changé à la direction des rivières, qui se sont contentées de faire descendre leurs lits en créant des échancrures dans l'escarpement des downs. L'œuvre de descente à travers ces derniers devait leur être facilitée au fur et à mesure, par la mise à découvert, au centre du dôme, de terrains imperméables, qui leur assuraient une plus abondante alimentation.

Cependant, vers la fin^ quelques branches subséquentes ont pris naissance parallèlement à la direction même du bombement, en suivant les affleurements qui s'échelonnaient le long des lèvres de la boutonnière ; ainsi les deux cours d'eau, opposés bout à bout, qui se réunissent à Ashford pour former le Greater Stour; ainsi

Page 1