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DIX-SEPTIÈME LEÇON

Structure générale de la Scandinavie. — Au premier abord, la structure de la péninsule Scandinave paraît très simple. Il semble que ce soit un territoire presque exclusivement archéen, se relevant en pente douce à partir du golfe de Bothnie, tandis que, contre son bord atlantique, serait venu se coller un bourrelet moutagneux, souvent désigné sous \6 nom d'Alpes Scandinaves, De nombreux fjords découpent le versant extérieur de cette chaîne qui, vue de la mer, revêt un aspect tout à fait imposant.

Cependant cette conception n'est pas exacte, et l'apparence de chaîne, qu'offre le littoral atlantique, tient à ce que l'érosion, en découpant les crêtes séparatives des fjords, a mis en jeu les différences de dureté des roches, ce qui a fait naître des cimes isolées. Mais quand on a gravi ce versant, on atteint de hauts plateaux, sur lesquels la vue s'étend au loin sans obstacles, et dont plusieurs disparaissent sous une couverture neigeuse, qui en fait de véritables champs de névé. On reconnaît alors que la péninsule Scandinave est une voûte à grand rayon, ou mieux encore une sorte de toit formé de deux versants très inégaux, l'un qui plonge brusquement vers l'Atlantique, l'autre doucement incliné en sens inverse. Si l'on fait abstraction des vallées qui les découpent, les surfaces de ces deux versants sont des pénéplaines, et la rupture des pentes s'y opère le long d'une ligne de faîte, que rien ne dessine d'une façon particulière dans la topographie.

Intemiptions de la ligne de faite. Dislocations atlantiques. — Même cette ligne est interrompue, en certains points, par de pro-

fondes incisions, qui vont d'un bout à l'autre de la contrée, suivant une direction nord-ouest-sud-est, et rappellent absolument les glens de TÉcosse. La plus remarquable est celle qui court du Moldefjord au Skager-Rak, et dont le point culminant est à moins de S90 mètres d'altitude. Là, sur le .seuil de partage, se trouve le lac de Lesjo, dont les eaux s'écoulent indifféremment, au nonlouest par la Rauma dans l'Atlantique, au sud-est parleGudbrandsdalen et le Vormen dans le Mjôsen et de là dans la Baltique. Tout à côté, sur un glen parallèle, s'alignent l'Orkla au nord, le Glommen au sud, mais avec une petite interruption entre les deux.

Ainsi, en gros, la presqu'île Scandinave est un très ancien plateau, relevé vers l'ouest et faisant face à l'Atlantique par un escarpement que disloquent de nombreuses cassures, en rapport avec l'effondrement qui a créé l'océan. L'analogie de ce flanc norvégien avec les Highlands du nord de l'Ecosse est complète sous tous les rapports, et les îles Lofoten y correspondent exactement aux Hébrides.

M. Reusch a signalé S au pied de la côte norvégienne, une bande de terrain plat, souvent morcelée en îles, qu'il appelle la plaine côtière, et sur laquelle sont établies les villes de Stavanger, Bei^en, Tromsoë, etc. La surface n'est pas formée de matériaux meubles; c'est une vraie plaine de dénudation, s'élevant un peu vers l'intérieur, mais sans dépasser cent mètres d'altitude.

ConditioiiB géologiques du &lte Bcandinave. — L'endroit où s'accomplit la rupture de la pente du sol Scandinave ne forme pas une arête saillante. C'est plutôt un dôme très plat, ondulé, constituant ce qu'on appelle le Fjeld et le KjOlen, Le premier de ces noms, en accusant la prépondérance des grandes surfaces peu accidentées, concorde avec l'idée que ce sont des portions de la pénéplaine primitive, montrant ce qu'elle devait être avant la dislocation atlantique qui l'a morcelée.

Cependant le passage de ce dôme de faîte au versant occidental si brusque n'est pas arbitraire, et l'on peut dire que l'emplacement en est bien déterminé par la géologie. En effet, il coïncide à peu près exactement avec la limite qui sépare le terrain archéen littoral d'une large bande de terrains primaires, alignée suivant l'axe de la péninsule, entre Bergen et le cap Nord. Le long de cette bande se montrent par endroits des massifs èruptifs, de nature basique, que leur plus grande dureté a laissés en saillie sur

!. Annuaire du service géologique de Norvège, 1892-1893.

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