DIVISIONS NATURELLES DE LA FRANCE
pélagique. Mais un jour est venu où la surrection des Pyrénées, accompagnée de la formation d'un isthme entre la nouvelle chaîne et le noyau central, a isolé vers Fouest un golfe, celui de T Aquitaine. Plus tard les mouvements alpins mettaient fin au régime pélagique de Test, en dressant sur le bord de la fosse rhodanienne uDe haute chaîne, quelque temps séparée de Tisthme languedocien par un golfe étroit, que la mer ne tardait pas à abandonner. Sous cet effort, le massif du centre était disloqué par des fractures,
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Fig. 133. — Schcma de la région française. I, massif archéen ; II, massifs primaires; III, montagnes do plissemont.
livrant passage à des épanchements volcaniques, et par là sa surface a pu reconquérir en son milieu un relief qu'une longue érosion lui avait fait perdre. Il est ainsi devenu ce remarquable pôle de diveig-ence, dont les auteurs de \' Explication de la carie géologique de France ont si magistralement décrit le rôle, en faisant ressortir son contraste avec l'influence attractive de la cuvette parisienne, vers le centre de laquelle tout converge naturellement, et que la nature a aussi richement dotée qu'elle avait été avare de ses faveurs envers le pôle opposé.
Divisions naturelles de la France. — De cette série de phénomènes découle le partage de la région française en un certain nombre de divisions de premier ordre. La première est le noyau
initial du sol français, justement qualifié de Plateau Central^ parce que les additions tardives que le volcanisme a jetées sur sa surface n'altèrent pas son caractère fondamental de plate-forme. De figure triangulaire, tournant sa pointe au sud, où il se prolonge, à la rencontre des Pyrénées, par la Montagne Noire^ ce massif envoie au nord-est un éperon sous la forme du Morvan.
Ensuite viennent les massifs périphériques du nord, lesquels, énumérés de Touest à Test, sont : Y Armorique ou Bretagne^ avec ses deux prolongements, le Poitou au sud, le Cotentin au nord; YArdenne^ comprise de manière à embrasser, d'un côté le Brabani, de Tautre YEifel, partie occidentale du Massif rhénan\ puis, après un abaissement notable du terrain, l'ensemble des Vosges et de la Forêt-Noire^ dont la continuité originelle n'a été rompue que tardivement, par l'effondrement qui a donné naissance à la profonde coupure de Y Alsace \ enfin, sur le bord du Jura, et participant déjà à son régime, l'îlot archéen ou primaire de la Serre, qui sùrçit entre les Vosges et le Morvan, comme pour attester que la jonction souterraine de ces deux pays s'opère à une faible profondeur, sous les couches jurassiques qui la dissimulent.
L'ordre dans lequel ces massifs viennent d'être énumérés est aussi celui de leur individualisation dans le temps.
L'Armorique, appuyée contre une bande archéenne que l'Atlan- * tique a fortement rongée, est un faisceau de couches primaires disloquées, avec de nombreuses injections granitiques qui apparaissent au jour en traînées. L'Ardenne, également primaire et non moins disloquée, ne laisse nulle part affleurer ni schistes archéens ni roches éruptives de profondeur. Elle est donc, dans sa forme actuelle, plus jeune que l'Armorique. Quant au massif alsaciei), si un noyau très ancien est visible en son centre, toute la périphérie est composée de sédiments triasiques à peine dérangés. A l'origine, ces dépôts couvraient, sans doute possible, la totalité du territoire, et c'est la résurrection tardive de l'ancien relief sousjacent, qui, en dérangeant l'horizontalité primitive de ces couches secondaires, les a soulevées en un dôme, dont le sommet distendu a fini par crever. Enfin, tandis que la forme présente du soulèvement alsacien date d<^ temps oligocènes, mais avec quelques remaniements postérieurs, attestés par laittfte inclinaison des couches tertiaires à Rouffach, c'est seijTement avec les Alpes miocènes que le petit dôme jurassien de la Serre a dû arriver au jour.
Les massifs précédemment énumérés enferment dans leur enceinte la cuvette régulière et remarquablement symétrique du