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HYDROGRAPHIE DU PI4ATEAU CENTRAL

•le Paris, golfe de TAquitaine, dépression du Rhône, viennent simultanément puiser à ce réservoir.

A cet égard, un rôle particulier incombe à la plaine granitique Je Montbel, située par 1200 mètres juste au nord du massif du MonI Lozère. Un épais tapis d'herbe la recouvre et les eaux y sont à peu près stagnantes. De très légères différences de niveau, (lo 1 à 2 mètres, déterminent trois directions d'écoulement : Tune au nord de l'Allier ; la seconde à l'est, par le Chassezac etl'Ardèche, vers le Rhône; la troisième au sud, où les eaux s'engouffrent dans les entonnoirs d'une plaque jurassique, et vont ressortir plus loin en sources vauclusiennes pour se diriger vers le Lot*.

Au fond, à part le tribut peu considérable envoyé à la dépression du Rhône, résultat de la conquête qu'un niveau de base favorable a pernxise à ce bassin à travers le rebord de la pénéplaine soulevée, l'hydrographie du Plateau Central ne comporte que deux •lirections d'écoulement : l'une, au nord, de la Loire à la Creuse, vers le bassin de Paris; l'autre, à l'ouest, du Tarn à la Dronne, vers le golfe de l'Aquitaine. C'est le résultat de l'appel qui a toujours eu lieu dans ces deux sens; de sorte que la surrection «lu plateau n'a eu d'autre résultat que d'allonger les cours d'eau vers l'amont, tandis que Témersion des bords les allongeait vers l'aval.

Seulement il est à croire que la Vienne (qui trouverait si bien sa continuation dans la Charente), la Creuse et la (lartempe, appartenaient dans l'origine au système est-ouest, et qu'elles ont été capturées au profit de la Loire, soit par la dislocation du détroit poitevin, soit par suite de la flexion qui a déterminé l'irruption àe la mer miocène sur la Touraine et le Blaisois.

Il est à remarquer que, si les schistes cristallins et les granités Ju Plateau Central constituent une formation imperméable, il n'en est pas de même du manteau de laves et de projections volcaniques. Aussi voit-on un grand nombre de sources se faire jour à la base des nappes éruptives de recouvrement *.

Traces glaciaireB. — A l'exception des Monts Dômes, qui ont t'chappé aux rigueurs de l'extension principale des glaciers, les massifs volcaniques du Plateau Central portent de nombreuses traces de l'action glaciaire. Tantôt ce sont des amas morainiques Je boue et de cailloux, comme ceux qui abondent au Cantal; tantôt des traînées de blocs, aujourd'hui isolés de toute gangue, et

!. G. Fabre, Bull. Soc. géoL [3], XXI, p. 651. — 2. Observation de M. Boule.

très différents des roches du voisinage immédiat {cimetières des enragés); tantôt enfin des formes moutonnées, très sensibles sur les arêtes séparatives de certaines vallées qui débouchent du Mont Dore, et où Ton voit les protubérances granitiques aussi arrondies du côté d'amont qu'elles sont anguleuses et abruptes vers lavai. Les. traces glaciaires revêtent, comme Ta montré M. Boule*, une netteté particulière dans certains districts du Cantal. Dans la région de Mauriac, autour de Riom-ès-Monlagne, on voit des

Fig. 135. — Buttes glaciaires au hameau de Lamarce (Cantal). Photographie de M. Boule.

milliers de petites buttes, de quelques mètres seulement d'élévation, et de forme elliptique (fig. 13S). Ces buttes offrent, d'un môme côté, des pentes douces et des surfaces arrondies, tandis que, du côté opposé, la roche a conservé des angles vifs et parfois même y forme des escarpements.

Les noyaux de ces buttes sont des protubérances rocheuses, qui se trouvaient semées en travers de la route sur laquelle les glaciers, issus d'un grand cirque réunissant le Mont-Dore au Cantal par le Cézallier, poussaient leurs moraines vers l'ouest. Certaines croupes de roches dures ont gardé, sur leurs faces moutonnées, couvertes de stries et de cannelures de môme direction, la trace incontestable du passage des glaces (fig. 136).

Presque tous les lacs d'Auvergne qui n'ont pas une origine vol-

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