DIVISIONS DU MASSIF. LUXEMBOURG
ensuite à mesure que le massif se relevait, encaissant de plus en plus ses méandres originels.
Aujourd'hui le contraste est profond entre le caractère éminemment montagneux des versants de la Meuse, de la Semoy et de leurs affluents, d'une part, et l'absolue monotonie du plateau supérieur, le plus souvent schisteux et fangeux (d'où le nom de fagnes), d'autre part. C'est la dureté du terrain qui seule introduit quelques différences dans la topographie de cette pénéplaine surélevée, mettant en évidence, tantôt des bandes de grès dur, comme à Monthermé, tantôt des rubans de calcaire-marbre, comme ceux qui se poursuivent à travers la Famenne, et qu'accentuent les nombreuses exploitations par lesquelles les affleurements sont jalonnés.
Divisions du massif. — La transition n'est pas continue entre le Bradant, où la pénéplaine abaissée ne porte que des sables tertiaires, et VArdenne, A la jonction des deux territoires se trouve le sillon rectiligne que dessinent, d'abord la Sambre, puis la Meuse entre Namur et Liège. Ce sillon est de bien ancienne date; car c'est là qu'est venue tomber autrefois la grande bande des dépôts houillers, et plus tard la mer de la craie y a pénétré assez loin par le golfe du Hainaut. A peine l'a-t-on dépassé qu'on doit gravir a crête du Condroz, dont l'altitude, jointe au changement complet dans la nature du terrain sur la rive droite de la Meuse, accuse une grande fracture. Au delà se déploient les Fagnes, qui au nord-est s'élèvent peu à peu vers YEifel, où l'altitude finit par atteindre 100 mètres; de sorte que la rudesse du climat accentue de plus en plus l'infertilité du sol. Les schistes engendrent par leur décomposition de l'argile, et le défaut de pente sur les hauteurs, joint à l'humidité du climat, détermine en temps de pluie la formation de véritables fondrières.
Golfe duLiuxembourgr- Plateau rhénan. Palatinat. — Un district de sables et de grès en couches horizontales interrompt, dès le Luxembourg, le massif schisteux ardennais. Il y a là un golfe, peutêtre un détroit, où pénétraient largement les mers du trias et du jurassique inférieur, et dont la Moselle a profilé pour préparer sa trouée vers le nord *. Mais, un peu avant Trêves, apparaît le massif rhénan, dont l'Eifel n'est qu'une dépendance et qui est aussi une pénéplaine tardivement rejevée.
Le plateau entre Trêves et le Rhin est un des meilleurs exemples-
!. Voir, pour ceUe pénélration, les détails donnés plus haut, p. 470. DE LAPPARENT. — LeçoDS do géogr. phys. 2* édit. 27
Je ce genre de formation. La surface, faiblement ondulée, a une allure indépendante de celle des roches constituantes. Les médiocres éminences qui la surmontent, comme Tldar Wald et le Soon Wald, sont dues à la résistance offerte par des couches de quartzite*.
Sur le flanc sud-est du massif rhénan s'est logée, parallèlement aux anciens plis hercyniens, la dépression du Palalinal, où se sont accumulés, avec les schistes houillers du bassin de la Sarre, des tufs et des roches éruptives diverses. Au delà, le terrain se relève dans la Hardt^ prolongement septentrional du dôme alsacien, territoire surtout triasique, à partir duquel on s'élève jusqu'aux Vosges.
Massif alsacien. Caractères généraux. — Le massif alsacien q?X, dans son ensemble, un dôme que l'elTondrement de la partie centrale a divisé en deux, en faisant naître au milieu la grande plaine où coule le Rhin. Les lèvres de l'énorme cassure dessinent ainsi, par leurs crêtes, des apparences de chaînes culminantes, les Vosges d'un côté, la Forêt Noire de l'autre. Mais ce ne sont pas des montagnes tectoniques au sens habituel du mot; leurs cimes ne s'alignent pas sur la direction d'un pli, et l'impression qu'elles produisent tient surtout à la profondeur de la tranchée dont elles définissent les bords.
D'autre part, la surrection du dôme a eu pour effet de ramener au jour, en son milieu, un noyau archéen et granitique qui occupait la place à l'époque carboniférienne, et qui, après avoir crevé sa couverture de trias et de jurassique inférieur, en est arrivé à former aujourd'hui les plus hauts sommets de la contrée. Vu de la France, par exemple des environs de Saint-Dié, ce noyau est remarquable par sa forme de longue croupe à peine mamelonnée, absolument exempte de ces contours heurtés qui d'ordinaire abondent dans les montagnes. En outre, quand on gravit cette croupe, on constate que les divers terrains dont elle est composée dessinent des bandes alignées au nord-est, c'est-à-dire obliquement à la ligne de faîte, et dont les plus dures, demeurées en saillie, forment comme autant de petits chaînons dans le même sens.
Ce sont les racines d'une portion de la grande chaîne primaire, qui se dressait en ce point lors des temps carbonifériens, et que l'érosion avait déjà transformée en pénéplaine quand la mer triasique est venue la recouvrir. Exhumé aujourd'hui par suite des