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Voir Davis, Annales de f/éoffraphie. octobre

VOSGES. VALLEE DU RHIN éiO

(efforts qui ont créé le dôme alsacien, ce socle a vu son ancien relief renaître en partie, non en vertu d'un nouveau plissement, mais à cause de la résistance inégale que ses éléments opposaient à l'œuvre des eaux courantes. Les cimes qui ont pu être ainsi isolées, c'est-à-dire les Ballons^ gardent en général des formes très adoucies. Mais autour d'elles, l'impression dominante est celle de l'aplanissement qui avait fait de ce massif une pénéplaine ; impression lûen traduite par le mot de Hautes Chaumes *, appliqué à la plaine granitique du sommet des Vosges, comme par celui de Feldberg ou montagne des champs^ désignant le principal sommet de la Forêt Noire.

A ces causes fondamentales est venue s'ajouter, au début du quaternaire, l'action des glaciers, dont les moraines, en barrant certaines vallées, au point d'obliger les rivières à détourner leur cours par des cascades, ont créé des lacs, comme celui de Gérardmer, tandis que, vers la crête, du côté de l'Alsace, la glace contribuait à la formation, ou tout au moins à la conservation, de petits lacs (le cirques*, tels que le Lac Blanc et le Lac Noir.

Vallée du Rhin. Revêtement triasique. — Par sa grande largeur, la vallée du Rhin s'éloigne du type habituel des vallées de fracture. A la vérité, sur ses bords, les preuves abondent des dislocations qui l'ont engendrée, et l'on y voit apparaître de nombreux paquets, tombés entre deux cassures, qui impriment au paysage une grande variété. Mais le large fond de la vallée porte les traces d'invasions marines remontant au milieu de l'ère tertiaire, et après lesquelles il a subi de nouveaux dérangements, en attendant qu'il fût remanié par les glaces et les grands cours d'eau quaternaires. De plus, un massif volcanique, le Kaiserstuhl^ a surgi en travers de la dépression, apportant au cours du fleuve un obstacle dont l'influence n'est pas encore totalement éteinte.

Sur le versant occidental des Vosges, le manteau triasique s'incline vers l'extérieur, et les bancs caractéristiques du grès rouge vosgien, si propre à former des escarpements ruiniformes, de 1000 mètres d'altitude qu'ils atteignent au Donon, plongent, en •lessinant un plan incliné très régulier, dans ce qu'on appelle la région des Monts Faucilles, Au pied de cette plate-forme en pente commencent les plaines de la Lorraine^ où l'érosion a eu beau

I. C'est Élie de Beaumont qui, dans sa mémorable description des Vosges, modèle achevé d'une explication rationnelle des formes du sol, a exprimé cette idée, que les Hautes Chaumes étaient aux Vosges ce que les Hautes Fagnes sont à TArdenne. — 2. Voir plus haut, p. 22 i.

jeu pour disperser et aplanir les sédiments sans consistance du trias supérieur.

Au sud du Donon, là où les grès vosgiens n'atteignent plus la crête, comme auprès de Saales, les derniers efforts de leur affleurement se traduisent par des montagnes au contour géométrique, semblables à des terrassements artificiels, où quelque banc plus dur que les autres forme le couronnement rectiligne de talus très réguliers. Ces éminences contrastent d'une façon remarquable avec les formes arrondies du massif archéen, culminant au Champ du feu et dans les Hautes Chaumes,

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