AURÉOLES CRÉTACÉES DE L EST
nord. C'est le Pays de Thelle, finissant brusquement contre l'arête (l'une profonde tranchée^ qu'on appelle la vallée de Bray, et qui s ouvre entre le Yexin et Beauvais. Cet accident pénètre comme un coin dans le massif tertiaire. Mais il empiète bien davantage sur la région secondaire du pourtour, avec laquelle nous le décrirons. Disons seulement que c'est un dôme de soulèvement très allongé, se résolvant sur son flanc nord-est en une faille rectiligne, el dont la clef a été dispersée par l'érosion; de sorte que le pays représente une boutonnière, par où se laissent voir les couches profondes du bassin *.
Auréoles crétacées de TEst. — Comme nous venons de le voir, la variété du paysage est extrême dans le massif tertiaire ; d'abord parce que la grande complication des épisodes sédimentaires qui l'ont créé entraîne une extrême variabilité du terrain , à la fois dans le sens horizontal et dans le sens vertical ; ensuite parce que l'érosion, gouvernée par un niveau de base déterminé, a agi en chaque point conformément à l'altitude et à la résistance très inégale des assises. De là vient que, sur un aussi petit espace, nous ayons pu rencontrer un aussi grand nombre de pays très individualisés.
Il n'en est plus de même sur la périphérie du massif tertiaire, où la structure en gradins s'est développée au milieu d'assises beaucoup plus constantes, ce qui fait que le massif est entouré d'une succession A'auréoles assez homogènes. Celles de la région orientale du bassin étant les plus régulières, c'est par elles que nous commencerons.
La première est l'auréole assise sur la craie. On la voit naître, sous le Gàtinais français, dans le Sénonais, en avant duquel le Pays d'Othe dessine une protubérance caractéristique. Elle continue par la Champagne pouilleuse, où la craie, que rien ne recouvre, donne un sol blanc et infertile, mais perméable. L'eau y forme une nappe continue, affleurant sous toutes les vallées, où elle entretient de la tourbe. La Champagne, aux grandes plaines doucement ondulées, se modifie avec le Rémois, grâce à l'apparition de témoins de sables tertiaires, demeurés à l'état sporadique audessus de la craie, et avec le Rethélois, où l'argile à silex commence à apparaître, annonçant ce qui dominera dans le nord.
L'auréole crayeuse finit partout par une petite falaise, qu'on suit aisément de Vitry-le-François jusqu'à Chaumont-Porcien, et au
^. Voir plus haut. p. 132.
pied de laquelle apparaît la Champagne humide^ au sol de marnes et de sables argileux. Ce ruban de terres basses et bien arrosées comprend la Rivière tV Aisne ^ le Porcien et la fertile Thiérache, aux gras pâturages. L'intercalation d'une couche dure, qui commence à apparaître dans la Meuse, détermine dans cette auréole la formation d^une falaise nouvelle, mais plus limitée que les autres, celle de VArgonne, aux défilés célèbres dans l'histoire des guerres françaises.
De Tautre côté de la Marne, la bande en question embrasse le Bocage champenois, le Perthois, le Vallage de Wassy, enfin la Puisage, où TArmançon et les cours d'eau voisins ont façonné une vaste plaine.
AuréoleB jurassiques. — Les sédiments meubles de la Champagne humide, en se relevant vers Test, laissent bientôt apparaître leur substratum, constitué par une plate-forme essentiellement sèche de calcaires jurassiques. Les plateaux de VAuxeiTois, du Barrois, du Châttl tonnais, du Bassigng représentent cette bande, si différente par le relief, la rareté des cours d'eau, et l'aridité de la surface.
Dans le Barrois, on voit surtout dominer les calcaires en petits bancs, à cassure lithographique. Lé Chàtillonnais amène au jour des assises plus massives, de couleur blanche ; mais c'est surtout avec le Bassigny que se montrent les masses épaisses et compactes des calcaires inférieurs, traversées par des cassures où les eaux s'engouffrent, pour aller reparaître plus loin en sources limpides et puissantes.
Les caractères de l'auréole se modifient dans le nord, où une bande argileuse s'y intercale, donnant lieu à la grande plaine, entrecoupée d'étangs, de la Woèvre. Plus loin, une autre zone argileuse se prononce, mais en s'accidentant au sommet d'une couche dure qui, depuis la Meuse jusqu'à Signy-l' Abbaye, dessine à l'extérieur de l'Argonne une remarquable ligne de crêtes boisées, les Crêtes de Poix.
Mais à l'extérieur, la plate-forme do calcaires assez compacts se poursuit, tlepuis le Duesmois, par la Montagne et le Plateau de Langres : puis elle accompagne la rive droite de la Meuse et tourne avec elle vers le nord-ouest, continuant à former, jusqu'auprès dé Mézières, un élément bien net de la topographie.
Dernières auréoles orientales. — Les calcaires jurassiques reposent sur une base ordinairement ai^ileuse, qui appartient à l'étage du lias, et engendre une zone de terres fortes, au sol fçrtile