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AUXOIS, LORRAINE, SANCBRROIS, SOLOGNE

et au relief adouci. C'est dans YAuxois^ sur le revers du Morvan, que cette bande est bien caractérisée. Partout une plate-forme de calcaire à entroques^ ayant Tair d'une muraille faite de main «l'homme, couronne de ses escarpements grisâtres les grands talus constitués par les marnes du lias. En certains points, la plateforme se réduit à des îlots, qui apparaissent de loin comme les remparts ruinés d'antiques citadelles. Tel est le cas du Mont Auxois, qui porte Alise-Sainte-Reine.

Un moment effacée aux environs de Dijon et de Langres, où elle se montre seulement au fond de quelques vallées, la bande argileuse du lias reparaît en Lorraine, engendrant, jusqu'au delà de Nancy, une zone de relief uniforme, avec de beaux bois et de jolis pâturages. On la retrouve dans le Pays Messin, Mais bientôt sa nature change entièrement; le sable s'y introduit, souvent aggloméré en grès, entaillé à Luxembourg par la rivière de l'Aizette en escarpements verticaux; après quoi la bande se coïnce peu à peu vers le nord-ouest contre le massif ardennais.

Pour trouver des auréoles encore plus anciennes, il faut se diriger vers les Vosges. Les plaines de la Lorraine sont, eu majeure partie, constituées par l'affleurement des formations meubles du trias : savoir, les marnes irisées, d'un rouge parfois très vif, portant des prairies, des étangs et des bois; puis un calcaire associé à des marnes, qui engendre une zone de terres labourées, au relief toujours très peu accentué. Enfin une dernière auréole, occupée par de grandes forêts, principalement de sapins, est formée par des grès bigarrés, rouges et jaunâtres, étages à des altitudes croissantes sur le flanc occidental du massif vosgien. Les pentes y deviennent plus raides et on y aperçoit des déserts de pierres, protluits par les amoncellements, au pied de bancs durs, des blocs détachés par la gelée. C'est à cette formation qu'appartient la plus grande partie du plateau connu sous le nom de Monts Faucilles,

Auréoles du sud et de Touest. — Pour les raisons <jue nous avons précédemment indiquées, les auréoles successives sont moins nettes dans le sud et l'ouest du bassin parisien. Ainsi, dans le Sancen^ois, des dislocations peu anciennes, combinées avec un assez grand développement des conglomérats éocènes à silex, ne permettent pas aux bandes crétacées de s'individualiser nettement avant de disparaître sous la Sologne, Mais à l'extérieur, les calcaires jurassiques prennent une notable extension dans les plateaux calcaires du Donziois nivernais et surtout dans les grandes plaines monotones, si parcimonieusement arrosées, de la Cham-

pagne berrichonne. L'aridité du calcaire y est atténuée par la fréquence des petits lits marneux, ainsi que par des flaques ai^losableuses de terrains tertiaires. Ces taches augmentent dans le Bois Chaud de Tlndre, et bientôt les argiles de la Brenne viennent produire une impression identique avec celle de la Sologne. Ensuite les belles masses calcaires du jurassique, toujours recouvertes de dépôts superficiels argilo-sableux, occupent tout le Poitou central; mais elles disparaissent dans le Mirebalais sous les dépôts sableux du crétacé inférieur, et on n'observe plus, vers Touest, que de petites bandes jurassiques, visibles dans le Loudunois et le Thouarsais.

Dans cette direction, la craie s'est répandue fort loin. C'est elle qui forme le sol de la Touraine; mais elle ne se laisse bien voir que dans les vallées, la surface étant jonchée de formations tertiaires avec silex, qui engendrent le Plateau de Sainte-Maure, véritable gâtine aux terres blanchâtres et imperméables, et la Champeigne, bande étroite entre l'Indre et le Cher; cette dernière contrastant par sa stérilité avec la riche Va7'enne, ruban d'alluvions entre le Cher et la Loire. Le Véron de Chinon, entre la Loire et la Vienne, fait reparaître les landes sur les terres à silex de son sommet.

Franchissant la Loire, en face du promontoire crayeux de Saumur, nous trouverons, au delà de la Gâtine de Touraine, les Vaulx du Loir, où la cî^aie tuffean a été exploitée au flanc des vallées, par des carrières souterraines aujourd'hui usitées pour l'habitation. Mais cette craie disparaît très vite et de son pied sort une auréole de dépôts du crétacé moyen, le plus souvent sableux avec lits marneux ou argileux, qui engendrent le Maine et le Perche; le Maine, plus sableux, plus indécis comme topographie, plus abondant en bois de pins; le Perche, où le sol est meilleur, plus accidenté, beaucoup mieux arrosé, les hauteurs demeurant couronnées par des conglomérats tertiaires à silex qui portent surtout des bois résineux. Le Perche contraste, par son relief comme par la richesse de ses herbages, avec la Beaucequi vient s'y souder entre Chartres et Nogent-le-Rotrou. Des dislocations, de plus en plus marquées à mesure qu'on se rapproche des collines de Normandie, donnent un caractère particulier au Haut-Perche,

La transgression des dépôts crétacés ne permet aux bandes jurassiques que de courtes apparitions, notamment dans le Bas* Maine et la Charnie, Mais, au nord, ces bandes reprennent une extension sérieuse, engendrant la Chamjmghe ou Campagne man-

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