‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 219 sur 364 · HAUTE-NORMANDIE. VEXIN NORMAND · texte numérisé non relu

HAUTE-NORMANDIE. VEXIN NORMAND

celle de Conlie, le Saosnois de Mamers et la Campagne (TAlençon, pays remarquablement fertiles, desquels émerge, comme une île au sol beaucoup plus ingrat, la protubérance primaire de la Forêt de Perseigne. Mais c'est au delà du bombement du Merlerault que cette allure est le mieux accusée, dans les plaines unies, sèches et bien découvertes, de la Campagne de Caen, La bande jurassique supportant ces plaines est encadrée entre la zone argileuse liasique du Bessin, aux beaux pâturages, qui par la Penesme de Carentan vient s'appliquer contre le Cotentin, et le large versant, doucement ondulé, du Pays d'Auge,

Haate-Normandle. Picardie. — Les herbages renommés du pays d'Auge sont assis sur l'affleurement d'un gradin argileux de jurassique supérieur, qui court jusqu'à l'embouchure de la Seine, et que couronne directement la plate-forme crayeuse de la Haute^ Normandie, On y arrive par les territoires mixtes du Lieuvin et du HiémoiSy au sol vallonné et riche en pâturages. Mais alors commence une tout autre région, essentiellement agricole, et que caractérise surtout une épaisse nappe de craie à peu près horizontale, à la surface recouverte d'argile à silex et parfois de limon. Si l'on aborde cette zone par le sud, on la voit commencer au delà du pays boisé du Thimerais^ où le conglomérat à gros silex masque tout, et dont le Drouais, de Dreux, est une dépendance, ainsi que le Pays d'Ouche et la Plaine de Saint-André. Puis vient la belle Campagne de Neubourg, sous laquelle la craie est facilement atteinte, et qui, par leRoumoiSy vient toucher la Haute-Normandie. La première division naturelle de cette région est le Pays de Caux. Bien encadré et drainé à la fois par la mer et par la Seine, ce pays doit sa richesse à la nappe de limon, superposée à l'argile à silex, qui recouvre le fond crayeux.

La surface, très régulière, et assez indépendante du substratum, atteste une pénéplaine, qu'un soulèvement peu ancien a soumise à un travail de dissection en voie d'accomplissement. L'approfondissement des vallées secondaires ayant marché moins vite que l'érosion marine, celle-ci fait reculer peu à peu la côte, tronquant un grand nombre de thalwegs. De plus, les fortes marées de l'embouchure de la Seine ont adouci les anciens méandres de l'estuaire en mangeant les boucles saillantes. Les ravinements qui descendent du plateau portent, à un degré marqué, les caractères de l'adolescence*. Au sud-est, le pays de Caux se soude au Vexin normand y

i. M. Davis, Journal of Geôlogy, 1896.

DE LAPPAREWT. — Loçous de géogr. phys. 2« édit. 28

tandis qu'au nord-est il est brusquement interrompu par le Pays de Bray. Mais au delà, une allure semblable se retrouve en Picardie, où les inégalités de la couverture d^arjrile à silex et de limon différencient un certain nombre de districts : par exemple le Santeire ou Sangterre, au sol fortement coloré, le Vermandois de Saint- Quentin, où il n'y a guère d'argile à silex, et qui, formant un faîte entre l'Oise, la Somme, l'Escaut et laSambre, est plus ondulé que lesplateaux voisins; enfin VAmiénois, oùlebiefà silex recommence à jouer un grand rôle.

Pays du nord du bassin. — A partir du voisinage de la Somme, il ne peut plus être question, à proprement parler, de bordure du bassin parisien ; car on se trouve sur l'emplacement du passage par lequel le bassin de Paris communiquait, d'une façon presque constante, avec les mers du nord.

La couverture crayeuse s'y poursuit sans discontinuité dans le Vimeux de Saint-Valery et le Ponihieu d'Abbeville, ce dernier bordé, le long de la mer, par le Marquenterre aux anciens cordons littoraux soulevés. Partout ce sont les mêmes caractères : plateaux uniformes légèrement ondulés, ne laissant voir d'arbres qu'autour des fermes, vallons secs aux flancs inégaux, l'un adouci et limoneux, l'autre crayeux et partagé en une multitude de ressauts parallèles ou rideaux, par lesquels l'homme a progressivement accentué, pour le besoin de la culture, les inégalités originelles de la pente, enfin rares vallées rectilignes, au fond tourbeux, les principales d'entre elles offrant un remarquable parallélisme avec le Pays de Bray et l'axe de l'Artois.

Les mêmes apparences se retrouvent dans V Artois, accidentées de ridements, au-dessous desquels pointent parfois des terrains anciens, amenés au jour par dislocation. Mais, après la ride delà Gohelle, le sol redevient uniforme et tout à fait plat. Ce sont les plaines de la Flandre, par où l'on passe à la grande zone des Pays-Bas de l'Europe. De rares monticules éocènes, comme les hauteurs de Cassel, s'y sont conservés en témoignage de l'existence des anciens sédiments tertiaires sur toute la contrée.

C'est surtout dans le Hainaut français que se voient les traces du détroit tertiaire, et ce pays établit la transition entre l'Artois el la Flandre, d'un côté, et la Thiérache, de l'autre : tandis que le Cambrésis prépare la Picardie, dont il diffère surtout parce que le voisinage des marnes inférieures à la craie, et la présence de lits argileux à la base d'un limon très épais, donnent au pays plus de fraîcheur.

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