‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 221 sur 364 · PARTICULARITÉS HYDROGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

PARTICULARITÉS HYDROGRAPHIQUES

Quiconque examine une carte du bassin de Paris ne peut manquer d'être frappé, en voyant combien la haute Meuse est en quelque sorte serrée, depuis sa source jusqu'à sa sortie de France, . entre la Moselle et les affluents de la Seine, qui ne lui laissent arriver, avant la Chiers, aucun cours d'eau sérieux. Un moment même, à Toul, la Moselle s'en approche jusqu'à la toucher presque et, du côté opposé, 18 kilomètres seulement séparent la Meuse de l'Aire, affluent de l'Aisne. Enfin, de Commercy au delà de Verdun, le fleuve coule dans une vallée disproportionnée avec son débit actuel, et d'une pente si faible qu'il n'a dû s'en accommoder autrefois qu'à la faveur d'un volume d'eau plus considérable.

Il n'en faut pas davantage pour faire comprendre que la Meuse doit être un cours d'eau appauvri par la perte d'un certain nombre de ses tributaires. Déjà nous avons montré* comment la Moselle lui avait été enlevée entre Pagny et Toul. M. Davis a fait voir aussi que l'Aire était autrefois tributaire de la Meuse, avec laquelle elle se relie topographiquement, d'une façon très nette, par le sillon rectiligne où coulent, d'une part l'Agron et le Briquenay, affluents de l'Aire et représentant la partie de son cours devenue obséquente*, d'autre part la rivière de la Bar, tout à fait remarquable par l'insignifiance actuelle de son débit, comparée à la largeur de savallée, et aux sinuosités de son cours indécis.

L'infériorité dont la Meuse a fait preuve, dans sa lutte contre les cours d'eau voisins, tient à ce que son lit, pendant longtemps assis sur les argiles du jurassique moyen, n'a pu s'approfondir, de telle sorte qu'il s'est trouvé encadré entre des rivières qui coulaient à un niveau sensiblement plus bas, et avaient par conséquent toutes chances de faire reculer à leur profit les lignes de partage. Ainsi l'Aisne, au confluent de l'Aire, n'était qu'à H3 mètres d'altitude, tandis que la Meuse, à l'endroit où elle reçoit la Bar, est encore à 133.

La direction nord-nord-ouest, que suivent les affluents orientaux de la Seine, n'est donc pas seulement un eflet de l'alignement des bandes concentriques du bassin : il y a eu certainement capture, au profit du fleuve parisien, de cours d'eau primitivement destinés à la Meuse.

i. Voir plus haut, p. 207. — 2. Voir plus haut, p. 118.

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