DISPOSITION DES GAUSSES
Minervois par les Monts de Pardailhan * et, du côté opposé, la pente nord-ouest du plateau de Sidobre ainsi que les Monts de Lacaune. Puis Tarchéen reparaît de nouveau dans le Rouergue, où sa surface aplanie forme les plateaux du Ségala (ou des Ségalas) et de Lévezou, exclusivement composés de gneiss et de micaschistes. Enfln, près de Decazeville, il se soude à la pénéplaine du Haut-Quercyy et par là aux plateaux archéens du Cantal,
Seulement cette soudure est remarquablement étroite, et depuis Decazeville jusqu^à la Montagne des Palanges, au coin nord-est du Lévezou, on voit se poursuivre une longue traînée de plaques calcaires, de véritables Causses, dominée au sud par la pénéplaine archéenne de Rodez, au nord par TAubrac.
Disposition des Causses. — Il semble donc que les Causses, venant de la Séranne, forment dans une échancrure du Massif Central un grand golfe, baignant tour à tour les Cévennes, le Gévaudan, TAubrac et le Haut-Rouergue, comme si la mer jurassique avait réellement occupé cette échancrure, au pied du massif archéen alors découpé, mais émergé avec son contour actuel.
Ce n'est pourtant qu'une apparence. D'un côté, une série de lambeaux calcaires, échelonnés entre Rodez et Figeac, montrent que l'érosion seule a interrompu la jonction du golfe de Decazeville avec les affleurements jurassiques du Bas-Quercy; de l'autre, toute une série de causses en miniature, dispersés sur le Gévaudan, font le tour du Mont Lozère et du Mont du Goulet, arrivant jusqu'à Villefort, à quelques kilomètres seulement du Gras des Yans, c'està-dire du sillon rhodanien.
Ainsi, comme l'ont bien montré les travaux de M. G. Fabre*, ce qu'on appelle communément le golfe des Causses représente la partie abaissée par cassures (et conservée grâce à cette dislocation) d'une grande nappe calcaire, originairement déposée dans une mer qui passait du Quercy au Yivarais par le détroit de Villefort, et qui, submergeant presque tout le Rouergue, ne respectait, au moins par moments, que l'île de la Montagne Noire avec les cimes granitiques de l'Aigoual et du Mont Lozère.
Nulle part on ne s'en rend mieux compte que si, placé vers l'extrémité méridionale du plateau de Montselgues (Ardèche), dominant les gorges profondes de la Borne et du Chassezac, on regarde le panorama du Mont Lozère (fig. 138), ayant le sud-est à sa gauche et le nord-ouest à sa droite.
i. Duponchel, Description de VHérault, — 2. Bull. Soc, géoL de France, Z* série, XXI, p. 626.
DE LAPPARENT. — LeçoDS do géogr. phys. 2« édit. 29
L*attention est immédiatement attirée par une pellicule presque continue de grès triasique qui, respectant les cimes et faisant plate-forme à leur pied, est venue se poser sur la surface, déjà complètement aplanie, de Tarchéen sous-jacent. Seulement à l'extrême gauche du dessin, tout près des Vans, on peut voir un paquet de couches jurassiques inclinées, qui s'appuie sur cette plaque penchant au sud-est, comme un témoin, et des dislocations survenues, et de ce que Térosion a pu enlever des sédiments originairement superposés à la plate-forme triasique.
Il est impossible de souhaiter une meilleure représentation de ce qu'était la pénéplaine archéenne, au moment de l'invasion de la mer du trias, ni des profonds canyons que les rivières tributaires du Rhône y ont creusés plus tard, à la faveur de sa surrection dernière, à quelques pas seulement des sources de l'Allier, du Lot et du Tarn.
Il importe de remarquer que, le long du Lot, au bord de la plate-forme archéenne de TAubrac, comme sur la rive nord du massif du Rouergue, on voit se succéder de petits bassins houillers, en deux traînées qui encadrent la langue jurassique formée par les causses de Séverac et de Rodez.
Ainsi la mer qui a déposé les calcaires, en s'avançant dans cette direction, n'a fait que remplir une dépression déjà dessinée à la fin des temps primaires.
D'un autre côté, la façon brusque dont le plateau de l'Espinouse se termine à l'est doit être mise en rapport avec l'apparition, en ce point, d'une traînée de basaltes qu'on suit,