PROFIL DU FOND DES MERS
rudimentaire ; et d'ailleurs Tallure particulière de ces bassins déprimés laisse le plus souvent deviner une structure (Te/fondrement^ essentiellement différente de celle qui caractérise les massifs de haut relief.
En disant que le profil des déclivités terrestres est concave, nous n'avons en vue, bien entendu, que la courbe d'ensemble des grands versants. Dans une vallée particulière, il arrivera souvent que la rési^Ànce offerte par une roche dure la laissera en saillie, parfois même en surplomb, au milieu de pentes adoucies, correspondant à l'affleurement de terrains plus meubles. Mais ces détails ne s'observent que sur les profils élémentaires, et ils disparaissent complètement dans les coupes générales qui embrassent une grande étendue de pays.
Profil du fond des mers. — En appliquant au fond des mers le même mode d'investigation, nous allons trouver des résultats sensiblement différents ^
Prenons comme premier exemple (fig. 10) une coupe de la mer
Honduras
Fig. 10. — Conpe de la mer des Antilles, entre les bancs de Honduras et la Floride.
des Antilles, entre les bancs de Honduras et la Floride. Trois particularités doivent surtout nous frapper* C'est d'abord la grande étendue de la bande sans profondeur qui prolonge partout le rivage ; puis la convexité très progressive du profil à partir de cette limite ; enfin le ressaut très sensible qui se produit, vers 2500 mètres, sur le versant méridional de la fosse de Bartlett, et à partir duquel on atteint les fonds de 6000 mètres par une seconde pente convexe vers la mer,
La faible pente du rivage pourrait à la rigueur être interprétée comme un effet de l'érosion marine, efficace jusqu'à une profondeur de 100 ou 200 mètres, et qui, en mangeant peu à peu la côte, aurait créé à la longue une plate-forme très peu inclinée. On a aussi le droit d'admettre qu'une partie du bombement littoral est constituée par des sédiments, résultat de la destruction progressive de'Ia terre ferme. Mais ces sédiments, tombant sur un versant qui
1. Nous avons fait grand usage pour cette étude des cartes contenues dans la section - âydrogiraphîé • de TAtlas physique de Berghaus, édition de 1891.
eût été primitivement concave, auraient tout au plus rectifié sa pente, sans pouvoir former un talus bombé. Il semble donc impossible d'échapper à cette conclusion qu'ici l'allure du profil, aussi bien dans sa partie haute que dans la plus basse, doit résulter d'une cause interne, qui aurait déformé l'écorce en la bosselant.
L'intensité avec laquelle cette cause aurait agi est sans doute exagérée dans notre coupe, où l'échelle des hauteurs est beaucoup plus forte que celle des longueurs. Mais comme il en a été de même pour les coupes continentales, la comparaison que nous cherchons à établir entre les deux domaines n'en est pas troublée.
Dans une autre coupe de la même mer, passant par l'îlot du Grand Gayman et la partie la plus déprimée de la fosse de Bart-
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Fig. 11. — Coupe de la mer des Antilles entre Cuba et le banc de Rosalindc.
lett (fig. 11), on retrouve la plate-forme et la convexité littorale en avant de Cuba, une notable exagération de la profondeur au sud de l'îlot, avec brusque remontée convexe du côté opposé, enfin, dans l'ascension vers le banc de Rosalinde, une convexité remarquable qui se prononce par 2000 mètres d'eau, ce qui empêche absolument d'y chercher l'effet d'une cause extérieure.
Un intérêt particulier s'attache à une coupe en travers de la
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Fig. 12. — Coupe à travers la Floride (hauteurs exagérées 35 fois).
Floride (fig. 12), dressée à l'aide des documents de haute précision qu'a recueillis le Coastal Survey des États-Unis. Rien n'est plus remarquable que l'expansion sous-marine du plateau floridien, surtout à l'ouest, de même que les convexités qui le raccordent aux talus si brusques par lesquels se limitent les parties abyssales du Golfe du Mexique et de l'Atlantique. Nulle part on ne voit mieux s'accuser le socle sous-marin qui porte la plupart des continents et