Penck, Morphologie, U, p
OMBILICS 35
La dépression est telle que là surface du lac Asphaltite est à 394 mètres au-dessous de la cote zéro; et c'est encore à 399 mètres plus bas qu'il en faut aller chercher le fond. Rien n'est plus typique en fait d'effondrement. Or la coupe en travers (fig. 18) montre que le versant oriental est nettement convexe, et si, tenant compte du démantèlement que l'érosion a dû produire, on restitue la pente d'ensemble du versant occidental, entre le fond du lac et Jérusalem, c'est aussi une courbe convexe qu'on obtient. L'effet serait d'ailleurs beaucoup plus sensible si, pour cette coupe, les hauteurs avaient été exagérées dans la même mesure que pour les autres* Au contraire, de Jérusalem à la Méditerranée, la courbe est bien concave et parfaitement conforme au type normal des déclivités aboutissant à la mer.
En résumé, la fréquence des courbes convexes et celle des ombilics de brusque effondrement apparaissent comme les carac-
Jaffa Jérusalam
Fig. 18. — Coupe do l'oacst à Test entre la Méditerranée et la Mer Morte.
téristiques du profil de l'écorce sous la mer. Toutefois ces particularités n'empêchent pas, comme nous l'avons dit précédemment, que la succession des saillies et des dépressions sous-marines ne soit, d'une façon générale, semblable à ce que laissent voir les continents. Une telle similitude plaide en faveur de l'identité des causes profondes auxquelles doit être attribuée la déformation de l'écorce, et qui paraissent s'être manifestées à la fois par la pro-r duction de bourrelets et par celle d'ombilics. Tandis que les mar-r ques de ces déformations se sont conservées sous la mer, parc^ que leurs effets n'y ont pas été ultérieurement masqués par ceux de l'érosion, leur trace a été superficiellement effacée, dans le domaine de la terre ferme, par des actions extérieures, lesquelles ont fait prévaloir cette concavité que nous avons jiartout remar^quée dans les profils.
A la vérité, les mers étant le siège d'un phénomène de sédiment tation, inverse de celui de l'érosion, et qui a pour effet de combler les inégalités existantes, on pourrait se demander si la différence des profils n'est pas exclusivement due à cette cause. Mais il suffira de faire observer que, d'après les récentes explorations sous-
marines, la sédimentation mécanique ne s^opère que le long des côtes, à une distance rarement supérieure à 250 ou 300 kilomètres. Elle ne couvre donc que le cinquième ou le quart au plus de la superficie maritime; et dès lors il semble impossible de lui attribuer un phénomène aussi général que celui de la convexité des rides immergées.
Coiirb6 hypsographique de Técorce terrestre. — Toutefois, comme on pourrait se demander si une certaine complaisance n'a pas présidé au choix des divers exemples que nous venons d'invoquer, il importe de chercher à corroborer leur témoignage par quelque résultat d'ensemble, qui représente avec fidélité Tallure moyenne du relief terrestre.
Grâce aux progrès de l'exploration du globe, accomplis dans ces dernières années, on a pu entreprendre, non seulement l'évaluation assez approchée du volume des continents et de celui des mers, mais la répartition des altitudes et des profondeurs en zones d'égal relief moyen. Voici la répartition des zones hypsométriques, telle qu'elle est aujourd'hui donnée par M. Penck ', à la suite de diverses tentatives faites dans ce sens par divers auteurs, notamment par M. John Murray :
Surfaces déprimées au-dessous du niveau de la mer. Zone de Oà-h 200 met.
Zone de H- 200 à -f 500 met.
Zone de + 500 à -j- 1000 met.
Zone de -f- 1 000 & 4 2000 met.
Zone de + 2000 & + 3000 met
PROPORTIOM
poar 100 de la surface continentale.
PROPORTlOIf
poar 100 de la surface continentale
Report
Zone de + 3000 à 4- 4000 met.
Zone de + 4000 à 4- 5000 met.
Zone de -j- 5000 & -f" ^^ au-des.
De ces chiffres, M. Penck a déduit, pour la terre ferme, une altitude moyenne de 735 métrés *.
On remarquera que la zone qui occupe le plus .de surface est 4îelle de moins de 200 mètres d'altitude. Elle représente près du tiers de la terre ferme.
1. Morphologie der Erdoberflàche, I, p. 143. — 2. D'une nouvelle discussion très approfondie des données existantes, M. Hermann Wagner {Beitrxge zur Geophysik^ II, p. 668) conclut que le chiftre de 700 mètres est plus voisin de la réalité.
COURBE HYPSOGRAPHIQUE
Quant aux mers, voici le tableau qui exprime Timportance relative des zones bathymétriques.