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PARTICULARITÉS DES CARPATHES

centrale esl en grande partie effondrée. Ce qui est resté continu, c'est le prolongement du bord plissé intérieur de la zone préalpine, c'est-à-dire des Préalpes. Et si, entre cette zone et les restes de la précédente, on ne trouve pas de représentants des Hautes Alpes calcaires, ce n'est pas seulement parce que l'effondrement les a entraînés : c'est aussi parce que, sur l'emplacement de la Hongrie, il existait autrefois un territoire émergé, qui déviait les mers au sud comme au nord ou ne leur laissait qu'un étroit passage.

Pour la même raison, quand, enBukovine, Tarchéen prend part à la constitution de la chaîne proprement dite, comme il fait d'abord jusqu'aux sources du Maros, puis d'une façon continue dans les Alpes transylvaines, c'est à peine si un étroit ruban de calcaires secondaires vient s'intercaler entre les micaschistes et les grès tertiaires.

PairticularitéB des Carpathes. — L'analogie que nous venons d'établir entre les Carpathes et les Préalpes se poursuit jusque dans les détails de la structure. En effet, depuis Neumarkt (Galicie) jusqu'à Szeben près Saros (Haute-Hongrie), on voit se poursuivre, dominant les plaines doucement ondulées du grès et du schiste, une suite d'îlots rocheux et calcaires, surgissant de la façon la plus inattendue, comme des récifs au milieu d'une mer. Ce sont les Kiippes (Klippen), restes morcelés d'une chaîne de calcaires secondaires plissés, qui existait à cette place, probablement à la fin de Téocène; chaîne que l'érosion avait en grande partie aplanie, transformée en archipel, et que les dernières poussées orogéniques ont jetée au milieu des plis du flysch carpathique, comme les blocs exotiques des Préalpes romandes et allemandes.

Les Carpathes proprement dits, depuis le Tatra jusqu'à la Bukovine, offrent une grande régularité, précisément parce que le flysch y règne sans partage. On y distingue une foule de petits chaînons, laissant entre eux des vallées longitudinales, mais toujours assez courts pour permettre aux rivières tributaires de la Theiss ou du Dniester de les franchir aisément.

Les plis réguliers de la zone gréseuse et schisteuse donnent naissance, suivant la résistance des roches, à deux catégories enchevêtrées de paysages distincts. Le grès, dont la désagrégation fournit une terre peu fertile, est au contraire propice à la végétation forestière, et d'immenses étendues de bois, naguère sans clairières, garnissent la chaîne, s'avançant au loin dans l'intérieur comme vers le sud, où ces forêts justifient le nom de Transylvanie.

Au delà de la chaîne, dès qu'on a dépassé le sillon néogène pré-

carpathique, les vallées, par exemple la haute vallée du Dniester, laissent voir sur leur fond les couches sensiblemept horizontales des terrains primaires. Ainsi, dès la Galicie, c'est contre la plateforme russe qu'est venu buter, sans Tenlamer, Teffort du plissement carpathique.

Quant à la Silésie^ c'est un pays de transition où le massif, stable et vierge de plissements, de la Russie, se soude à la partie articulée, disloquée et soulevée de l'Europe.

Bukoyine, Banat. — Un changement marqué se produit dans l'allure des Carpathes dès qu'on atteint la Bukovine. Les chaînons cessent d'être réguliers ; le massif se dilate et la direction tourne au sud-sud-est. C'est qu'ici apparaît un massif archéen, et avec lui reviennent des représentants des terrains secondaires, qui se retrouvent encore dans les Monts de Biliar et dans le Banat.

Le Banal forme un massif orographique très compliqué, à fond de gneiss, avec des terrains secondaires en plis serrés. Son importance est grande, en ce qu'il marque le point où les Alpes transylvaines se courbent brusquement suivant une direction nord-sud. Or cet accident paraît avoir été préparé de longue date. Une faille de même alignement court, sur 78 kilomètres, à travers tout le Banat, isolant à l'ouest un massif archéen aux formes doucement arrondies, contre lequel viennent buter tour à tour, arrivant du nord-nord-est, les plis qui affectent le calcaire crétacé et le jurassique.

Sur tout ce parcours, la fente est jalonnée par les racines profondes de divers épanchements éruptifs, qui paraissent s'être produits aux temps tertiaires, et ont modifié les calcaires en les minéralisant. Le même fait se renouvelle au delà du Danube. Par conséquent, d'une part, le changement de direction des plis, au passage des Alpes transylvaines aux Balkans, paraît être la répercussion d'un accident bien plus ancien; et d'autre part, l'existence de cette dislocation, combinée avec celles qu'a fait naître sa rencontre par le bourrelet carpathique, peut expliquer pourquoi le Danube a su franchir la chaîne dans ces parages, mieux préparés que d'autres, par leur morcellement, à laisser s'accomplir le travail de l'érosion.

Rapports des Carpathes avec les Alpes transylvaines. — En tout cas, l'existence des couches secondaires dans le Banat, et le fait, reconnu par M. Loczy *, que le massif transylvanien de Bihar

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