ALPES TRANSYLVAINES. PLAINE HONGROISE
est contourné, au sud comme à Test, par une bande de flysch avec Klippes calcaires, semble indiquer que la continuité de la chaîne carpathique, ou du moins d'un de ses rameaux, pourrait être cherchée au nord du Banat, après la coupure si nette où coule le Maros. Ce qui est certain, c'est que les Alpes transylvaines^' où Tarchéen affleure presque seul à l'ouest, ont une structure spéciale et très peu conforme à celle des chaînes alpines. Elles paraissent aussi affectées de dislocations importantes, à en juger par cette gorge transversale de la Tour-Rouge, que l'Oit ou Aluta réussit à s'ouvrir, juste au pied du Mont Negoï (2536 mètres), pour arriver au Danube après avoir drainé Tangle sud-est de la Transylvanie.
Du reste, il ne faut pas oublier non plus que l'histoire des Alpes transylvaines doit être très ancienne, et que peut-être le cours de l'Oit était dessiné dès l'époque où une première chaîne se dressait au nord du Banat. Depuis lors, bien des mouvements se sont produits, et tandis que, dans les Alpes orientales proprement dites, l'horizontalité des dépôts du miocène tout à fait supérieur n'a pas été dérangée, les dislocations des Carpathes du sud ont agi jusque pendant l'époque pliocène. Il est donc possible que la surrection définitive du bourrelet transylvain ait trouvé la vallée de l'Oit suffisamment indiquée pour que celle-ci ait pu maintenir son tracé par un approfondissement graduel.
Ce qui rend cotte hypothèse assez vraisemblable, c'est que le défilé de l'Oit comprend, en réalité, deux gorges profondes, correspondant à la traversée de deux chaînes parallèles, entre lesquelles s'étend une région moins haute, avec petite vallée longitudinale, comme s'il y avait eu deux poussées distinctes, dont la dernière aurait ajouté une ride au sud de la précédente.
M. Uhlig* a d'ailleurs montré que les Carpathes portaient la trace d'au moins trois périodes de dislocation : la première, de date comprise entre le crétacé et le tertiaire ; la seconde, la plus importante, contemporaine de la fin de l'oligocène; la troisième, datant des derniers temps néogènes. Ainsi l'apparente continuité du croissant carpathique, entre les Beskides et les Portes de Fer, ne doit pas être interprétée dans ce sens, que la chaîne se serait dressée d'un seul coup avec cette courbure, et il y a là, comme dans les Alpes, superposition d'efforts qui se sont produits à diverses époques.