‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 257 sur 364 · Jahrbuch dev K. K, geol, Reicksanslalt, 1888, p · texte numérisé non relu

Jahrbuch dev K. K, geol, Reicksanslalt, 1888, p

Plaine hongroise. — La plaine hongroise est le résultat d'un effondrement, au moins relatif, survenu au milieu de l'arc alpin oriental. Mais ce qui la distingue, c'est que la chaîne cristalline plissée, qu'elle a partiellement entraînée dans sa chute, ne devait pas être flanquée du côté de la dépression par une très puissante série sédimentaire. Elle formait probablement le bord disloqué d'un massif archéen qui, à en juger par ce qu'on observe à Fûnfkirchen comme au Banat, ne se laissait pas envahir au milieu par les mers jurassiques.

Le cours de la Drave, de Varasdin à la Theiss, paraît dessiner très exactement le bord de ce massif ancien. En effet, au sud, dans ce qu'on appelle parfois la Mésoj)ota7nie croate, entre la Drave et la Save, plusieurs chaînons alignés se succèdent : ceux d'Ivanscica et de Bilo, de Pozega, enfin de Fruska Gora. Dans les premiers, les dolomies du trias et les calcaires secondaires apparaissent, associés au granité et à l'archéen. Dans le dernier, isolé au milieu d'une grande plaine de néogène et d'alluvions, les schistes micacés se montrent avec des serpentines, du terrain houiller et du crétacé. On reconnaît donc ici la cause du changement de direction que les plis alpins ont éprouvé, en rencontrant l'angle de l'ancien massif. Tandis qu'un faisceau s'en allait au nord-est, par la forêt de Bakony, rejoindre le Matra, un autre était dévié au sud-est et allait engendrer les chaînes dinariques, encore plus fortement déviées au sud à la rencontre du noyau archéen de la Serbie et du Rhodope.

Les effondrements hongrois ne se sont d'ailleurs pas produits tout d'un coup. Le premier, en faisant naître le bassin de Vienne, laissait la mer miocène entrer dans la région; plus tard, c'est avec les dépressions orientales que la cuvette hongroise communiquait, et c'est au milieu des sédiments déposés durant cette période que s'est creusé, par un nouveau mouvement du sol, le bassin où les eaux, de plus en plus dessalées, ont subsisté jusqu'à la fin de l'ère tertiaire. La Basse-Hongrie, avec la Slavonie, a donc été un lac, jusqu'au jour où le Danube a réussi (probablement dans les temps quat(3rnaires), à s'ouvrir par érosion le remarquable défilé des Portes de Fer, après avoir répandu en avant d'énormes quantités d'alluvions. Alors, sur le fond desséché et encore salin de l'ancienne cuvette, où la pente de la Theiss, pour les 260 kilomètres de son cours inférieur, est inférieure à 1 pour ISOOO, s'est établie la steppe, entremêlée de sables mouvants, avec les nombreuses flaques d'eau qui signalent VAlfold et ses abords.

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Quant aux lacs Balaton et Neusiedl, ce sont évidemment des restes de l'ancienne couverture lacustre ; mais l'alignement manifeste du premier au pied de la forêt de Bakony, les émanations salines qui s'y font jour, les débris volcaniques qu'on y recueille, enfin, pour le second, sa situation devant l'effondrement viennois, donnent à penser que les dislocations ont été pour quelque chose dans le dessin de ces cavités.

La partie haute de la plaine hongroise ou Felfold est un plateau de sables, grès et marnes néogènes en couches horizontales, où les rivières ont dû, par suite de la chute de la partie basse, découper leurs lits suivant une direction est-ouest. La pente rapide de ces rivières, descendant des Carpathes ou du massif intérieur transylvanien, leur a imprimé un régime torrentiel, par suite duquel elles ont peu à peu repoussé vers l'ouest la Theiss, qui recevait leur tribut.

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