‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 27 sur 364 · EUROPE, ATLANTIQUE, AFRIQUE · texte numérisé non relu

EUROPE, ATLANTIQUE, AFRIQUE

des chiffres* relatifs, non plus à l'ensemble de la terre ferme ou des mers, mais aux diverses unités continentales ou maritimes, met encore en évidence plusieurs faits de grand intérêt.

C'est ainsi qu'en Europe, la zone comprise entre 0 et 200 mètres d'altitude forme près de 57 0/0 de la superficie totale. C'est le double, à peu de chose près, de la proportion qui prévaut pour l'ensemble de la terre ferme. 83 centièmes de ce même continent sont situés à moins de 500 mètres d'altitude; et comme l'Europe ne renferme pas de parties privées d'écoulement, que par conséquent l'érosion seule y est responsable de Taplanissement des régions basses, on en peut inférer que c'est sur ce continent que Faction des eaux courantes doit avoir été le moins contrariée par des mouvements récents de l'écorce. A cet égard, il convient aussi de remarquer que le régime hydrographique de l'Europe, au moins pour les deux tiers de sa superficie, est aussi régulier et tranquille que nettement défini.

Nous avons vu que 7 centièmes de la surface des océans appartenaient à la zone comprise entre 0 et 200 mètres de profondeur. Or, pour l'Atlantique seul, la proportion atteint H, 5 0/0, et la zone de 200 à 500 y occupe 3, 9 0/0, chiffre presque double de celui qui convient à l'ensemble des mers. Nous y voyons un nouveau motif de considérer l'Atlantique comme une unité océanique très différente des autres. D'ailleurs le principal excédent se produit, sous ce rapport, d'un côté dans l'Atlantique nord, au large du canal de Bristol comme devant Terre-Neuve et New-York, de l'autre le long de l'Amérique du Sud, entre la Plata et la Terre de Feu. Aussi peut-il sembler légitime de regarder ces parages maritimes comme une sorte d'appendice immergé de la terre ferme, tout particulièrement dépourvu de la structure caractéristique des vrais fonds océaniques.

Afrique, Australie. — L'Afrique est celui de tous les continents où la zone de 0 à 200 mètres occupe le moins de surface (15, 3 0/0 au lieu de la moyenne générale 29,2). Encore ce chiffre est-il obtenu en tenant compte du Sahara, sans lequel la proportion deviendrait beaucoup moins forte. C'est aussi en Afrique que la bordure, immergée sous moins de 200 mètres d'eau, est le plus mince, au point qu'il est presque impossible de la figurer sur un planisphère à l'échelle ordinaire des atlas. Ces faits, rapprochés de la structure si spéciale du continent africain, qui forme un

1. Nous continuons à prendre pour base les tableaux de M. Penck (Morphologie der Erdoberflâchey I, p. 143).

immense plateau, sans orographie ni hydrographie définies, introduisent, entre ce continent et les autres, un contraste remarquable, dont l'explication ne pourra se trouver que dans le passé géologique de la région.

Ce contraste est bien mis en évidence par l'allure de la courbe hypsographique de l'Afrique, laquelle, ainsi du reste que celle de l'Australie, commence (fig. 20) par une convexité assez accentuée, qui ne s'atténue qu'au delà de 200 mètres d'altitude. C'est le contraire de ce qui a lieu pour l'ensemble de la terre ferme, et ces deux continents sont les seuls à offrir cette particularité. Tout concourt, y compris l'allure indécise des cours d'eau, à accréditer

la pensée que le travail normal de l'érosion, si bien accusé en Europe par Taplanissement habituel des régions voisines des rivages, a dû être contre-balancé, après son accomplissement presque définitif, par quelque élévation en bloc de ces continents méridionaux. Et les effondrements linéaires où sont logés les grands lacs africains pourraient apparaître comme une conséquence de ce mouvement tardif.

En résumé, le profil général des continents fait ressortir deux types distincts : l'un, le plus répandu, où l'aplatissement progressif de la courbe hypsographique, qui finit par se confondre avec le niveau delà mer, accuse la prépondérance de l'érosion; l'autre où semblent se trahir des mouvements d'ensemble, dont le travail des eaux courantes n'aurait pas encore eu le temps d'atténuer l'effet.

DyBByniétrie des lignes de relief. — Après avoir déduit, de la forme des grands versants, toutes les conséquences qu'elle nous semblait comporter, il y a lieu de rechercher si la comparaison des différents profils ne ferait pas ressortir quelque disposition générale, accusant une loi pour le relief de l'écorce terrestre.

Retournant à la figure 5, qui donne la coupe transversale du Jura et des Alpes, on voit du premier coup que le versant occidental est beaucoup moins raide que le versant oriental. Autant la montée est progressive du Doubs à la crête du Jura, autant la descente est brusque de cette crèle au lac de Neuchàtel. Enfin de ce lac à la

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Fig. 30. — Courbes hypsographiques de T Afrique et de TAïutralie (d'après M. Penck).

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