CANARIES
plusieurs chaînes distinctes et que, si la plus méridionale d'entre elles est bien dans le prolongement de T Atlas saharien, les autres ont des directions un peu différentes et correspondent plutôt à la région des plateaux algériens. Celle qui porte plus particulièrement le nom de Grand Atlas offre une cime de 4500 mètres, et non loin de la mer on y trouve encore des sommités de plus de 2600 mètres.
Un pareil relief, d'après ce que nous savons de la puissance habituelle des agents d'érosion, ne devrait appartenir qu'à des montagnes de récente formation. En effet, bien qu'on n'ait généralement signalé dans cette chaîne, en fait de terrains plissés, que des sédiments primaires, traversés par des roches éruptives anciennes, M. Thomson* a reconnu plusieurs exemples de couches crétacées affectées de plis et de failles contre le pied nord de la chaîne. D'ailleurs il est vraisemblable que le relief de ce district a dû être encore ressuscité par quelque dislocation plus récente. A voir la façon brusque dont la chaîne se termine au cap Ghir, et la régularité avec laquelle les îles volcaniques des Canaries s'alignent sur son prolongement, on est porté à soupçonner qu'une ancienne terre, peutêtre Y Atlantide de la tradition, existait au-devant du Maroc, et qu'en s'écroulant elle a ouvert des fissures par où l'activité éruptive s'est fait jour.
Cette activité a eu pour effet de dresser, devant la côte africaine, les cônes volcaniques des Canaries, notamment le Pic de Ténériffe, qui porte sa cime, le Pic de Teyde, à 3711 mètres d'altitude, tandis que, tout à côté, la cime jumelle du Pico Viejo s'élève à 3136. Tous deux dominent de leur masse imposante le cirque gigantesque des CafîadËs, qui les entoure et dont la crête semicirculaire n'a pas moins de 55 kilomètres.
La dernière éruption de laves du grand cône de Ténériffe a eu lieu en 1798, après un repos de près de cent ans. Mais il s'en est produit de 1824 à 1825 sur l'île de Lanzarote.
Palma, l'une des Canaries, est célèbre par son grand cratère d'explosion, la Caldera^ gouffre prodigieux de 15 kilomètres de tour, dont les parois descendent d'un seul jet à 1200 mètres de profondeur.