Voir plus haut, p. 253 et fig
ce côté, un pouvoir suffisant pour repousser la ligne de partage vers rintérieur du Painir, parfois même au delà du Sarykol.
C'est ainsi que le nœud commun des grandes rivières originaires de l'Asie centrale s'est trouvé reporté en pleine région pamirienne (fig. 146), en un point d'où l'on voit partir : à l'ouest, l'Oxus, qui aboutit au Lac d'Aral : à l'est le Karachoukour, tributaire du Yarkand-Daria, affluent du Tarim ; au sud la rivière Hounza, qui descend à Tin dus.
Or ce nœud commun, loin de coïncider avec une des cimes géantes des chaînes bordières du Pamir, est à une altitude d'environ 5000 mètres. La rivière Hounza y a porté sa source en ouvrant une brèche par régression à travers la ligne des hauts sommets de l'Hindoukouch ; et le Karachoukour, pour arriver au même point, a dû pousser ses eaux de tête à travers les deux chaînes du Moustagh-Ata et du Sarykol, toutes deux plus élevées que la ligne de partage actuelle.
De la même façon le Kachgar-Daria, profitant d'une brèche entre le Transalaï et les chaînes orientales du Pamir, trouve moyen de prendre sa source à deux pas du grand Karakoul.
ChalneB divergentes. Tien-Chan. — Du Pamir s'échappent, vers Test, trois arêtes principales : à l'angle nord-est, c'est le Tien- Chan, qui, par une série de chaînes, se rattache aux monts de Sibérie, atteignant le cap Oriental contre le détroit de Bering; au sud-est c'est le Kouenlun, qui se dirige vers l'Orient et se poursuit jusqu'au cœur de la Chine; enfin l'ensemble du A^araA'orîiw, de VHimalaya et des chaînons tibétains, se prolongeant en Indochine. L'immense éventail ainsi défini, qui ne comprend que des montagnes et de hautes plaines, a pu être comparé à un gigantesque camp retranché, formé de deux parties inégalement élevées, et dont le Pamir serait la citadelle.
Tandis que le Pamir se présentait comme un cap au devant des mers de l'époque secondaire, celles-ci ont pu passer au nord et y déposer leurs sédiments, que les poussées orogéniques ont ensuite relevés, avec les terrains primaires sous-jacents, en longues et hautes chaînes dirigées à l'est-nord-est. Ainsi s'est constituée la région du Tien-Chan ou des Monts Célestes. C'est une suite, parfois large de 300 kilomètres, d'arêtes grossièrement parallèles, que séparent des vallées longitudinales, et qui s'abaissent par degrés depuis la créto méridionale dominant le Tarim, avec ses pics de plus de 7000 mètres comme le Chan-Tengri, jusqu'à la chaîne de YAlataou, située dans l'axe de la dépression Ae Dzoun-