‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 283 sur 364 · Bonin, Soc. de Géographie, 5 juin · texte numérisé non relu

Bonin, Soc. de Géographie, 5 juin

parties une épaisseur de 600 mètres ; de sorte que parfois, les montagnes en émergent comme des îles au-dessus de la mer, en même temps que Térosion y a découpé une foule de ravins étroits aux parois perpendiculaires. En considérant que,* dans les provinces de Petchili, du Chansi, du Kansou, du Chensi, du Honan et du Chantoung, la terre jaune forme une sorte de ceinture continue autour de la limite méridionale du désert de Mongolie, M. de Richthofen en a conclu que cette formation représentait les parties impalpables du sol, enlevées par le vent à la surface des déserts • puis fixées tout à Tentour par la pluie et la végétation.

Toutefois il convient d'observer que la terre jaune n'est pas un produit actuel; qu'à l'époque de sa formation le climat était tout différent, si bien qu'alors il se faisait en plein désert des dépôts, limoneux particuliers; enfin que ce qui domine par-dessus tout dans les caractères du loess chinois, c'est l'influence prépondérante du ruissellement sur les pentes. C'est donc à l'abondance des pluies, antérieures à notre époque, qu'il faudrait attribuer la constitution de ce sol si merveilleusement propre à l'agriculture, et dont l'inépuisable fertilité a si fort influé sur les destinées du peuple chinois.

Archipel Japonais. — Le groupe des Iles du Japon laisse voir de l'archéen, contre lequel s'appuient des terrains primaires et secondaires plissés. Les éléments sédimentaires se montrent alignés suivant la direction générale des îles, ce qui prouve qu'il s'agit d'une chaîne de montagnes partiellement submergée, dont le développement total, en y comprenant Sakhalin, est de 3200 kilomètres*. Mais à côté de cette ordonnance générale, le massif est extrêmement morcelé, dans son relief comme dans sa structure. A travers ce morcellement, on y peut distinguer trois zones longitudinales distinctes : une zone médiane archéenne; une zone extérieure (c'est-à-dire du côté du Pacifique), faite de terrains primaires et secondaires plissés, enfin une zone interne, où à ces derniers terrains s'ajoute le tertiaire.

Tandis que les côtes orientales plongent rapidement vers les plus grandes profondeurs que l'on connaisse dans le Pacifique, le terrain s'abaisse doucement du côté de la mer du Japon, pour se relever de nouveau brusquement au contact de la Corée. La côte du Pacifique n'est donc que l'arête, à la foisplissée et fracturée, d'un

1. Naumann, Uebei* den Bau und die Entslehung der Japanischen hiseln, Berlin. 1885. — Voir aussi Harada, Versuch einer geotcktonischen Gliederuny der japanischen ImelUf 1888.

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