JAPON. INDOCHINE
territoire dont le côté interne est submergé sous les flots de la mer du Japon K Cette mer est un bassin d'effondrement, dont Tarchipel montre la périphérie, toute entrelardée de cassures, qui ont livré passage à des roches éruptives.
La plus remarquable de ces cassures est celle qui fait la limite entre la zone externe et la zone médiane. C'est une traînée continue de volcans et de fentes, le long desquelles le sol se déplace constamment, produisant ces tremblements de terre qui sévissent au Japon plus qu'en aucun autre lieu du monde.
Les crevasses longitudinales du Japon sont parfois croisées par d'autres fentes, comme celle qui, traversant la grande île' et passant justement par les gigantesques volcans Asamayama et Fouziyama, se prolonge au sud par les îles Bonin et les Mariannes. D'un autre côté la courbe que décrit l'archipel japonais le réunit aux plis si nettement marqués du sud-ouest de la Chine ou système sinien. De sorte qu'on peut dire que l'allure particulière et le morcellement de l'archipel sont imputables à la rencontre de deux systèmes de dislocations : celui du nord-est ou sinien, et celui qui, aligné du nord au sud, va de l'île Sakhalin aux Mariannes*. Les Kouriles et le Kamtchatka prolongeraient alors l'arc des plis chinois, rejeté vers le nord, à la rencontre du Japon, de toute la longueur qui sépare Tokio'de l'île de Yéso.
Remarquons seulement que les plis siniens sont d'assez ancienne date. Leur formation remonte au début des temps secondaires. Leur relief ne serait aujourd'hui ressuscité que par érosion, en raison de différences de dureté des roches, et par fractures.
Indochiiie. — Une chaîne de montagnes, détachée de l'Himalaya près de la cluse du Brahmapoutra, défînit le contour occidental de Y Indochine ; c'est la chaîne des monts à^Arrakan^ qui vient finir au cap Négraïs, mais dont la direction reparaît de la façon la plus nette, dans les îles Aiidaman et Nicobar^ où la courbe devient convexe et se raccorde avec le littoral rectiligne de Sumatra. Les volcans de boue échelonnés sur le rivage d'Arrakan, les changements de niveau dont l'île de Tchedouba porte la trace, et qui ont accomp^né l'un de ces tremblements de terre si fréquents en Birmanie y les sources de pétrole et les anciens volcans de la contrée, situés aussi bien dans le continent que sur les îles, montrent qu'un écroulement récent a déterminé le contour oriental de l'océan Indien. C'est le régime des côtes asiatiques de l'est qui
1. Harada, Die japanischen Inseln^ 1890. — 2. C'est la fossa magna de M. Edm. Nauraann. — 3. Ilarada, op. cit.
commence ici, pour se poursuivre sans interruption du golfe du Bengale au détroit de Bering.
Le trait dominant de la péninsule indochinoise est rallongement régulier, vers le sud-est, des chaînes de montagnes qui la parcourent, divergeant toutes du nœud commun où les chaînes tibétaines sont venues heurter l'ancien massif chinois. De cette manière, la péninsule est partagée en vallées longitudinales progressivement élargies, qui communiquent difficilement les unes avec les autres, et dont la moins resserrée est celle du Mékong. Ce fleuve envoie à la mer une énorme masse d'eau, évaluée à 1400 milliards de mètres cubes par an, et édifie par les matières transportées un delta qui n'est dépassé en ampleur que par celui du Gange.
Tout à côté du Mékong, où la profondeur d'eau est souvent supérieure à 50 mètres, coule, dans une gorge parallèle, la Salouen, qui descend comme lui des profondeurs du Tibet oriental. Au delà du 20' degré de latitude, les croupes séparatives de ces canyons sont à 1200 ou 1300 mètres au-dessus des rivières et, à latitude égale, le Mékong coule à 300 mètres plus haut que la Salouen*.
Quant à l'Iraouaddy, il descend directement d'un grand massif, couvert de neiges perpétuelles, qui prolonge l'Himalaya au delà de la cluse du Brahmapoutra. L'énorme débit de ce fleuve, bien moins long que ses voisins, tient au remarquable épanouissement de ses affluents supérieurs, à la fonte des neiges du massif, et aux prodigieuses quantités de pluie qui viennent s'y abattre.
Arc malais. — La plus longue des chaînes de l'Indochine est celle qui forme l'axe de la presqu'île de Malacca. Avec l'ensemble des monts d'Arrakan, des Nicobar et de Sumatra, elle définit ce que M. Suess a appelé Vaix malais, c'est-à-dire la déviation méridionale du bourrelet indien, décrivant une courbe convexe vers le sud pour embrasser les îles de la Malaisie, avant de se recourber en sens inverse près de la côte australienne comme dans la Nouvelle-Zélande.
En eflet, les petites îles de la Sonde et les montagnes de la Nouvelle-Guinée, de la Nouvelle-Calédonie y et de la Nouvelle-Zélande y dessinent un ensemble de rides qui, faisant face aux profondeurs du Pacifique, ont dû s'accumuler contre le bord d'obstacles résistants. De ces obstacles, l'un est resté bien visible; c'est ce continent australien, si semblable à l'Afrique par la nature du terrain, le peu de valeur du relief, l'abondance des dépressions sans écoulement.
i. Roux, voyage du prince Henri d'Orléans, Ann, de Géogr,, V.