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AFRIQUE AUSTRALE

même façon, la courbe de 1000 mètres de profondeur est extrêmement voisine de la côte, sauf au large du cap de Bonne-Espérance. Si, au lieu de considérer Faltitude de 1000 mètres, on se borne à celle de 500, on peut dire que, depuis la Guinée jusqu'en Egypte, en passant par le Cap, la courbe de 500 mètres accompagne constamment le littoral, sans jamais subir de ces profondes et larges échancrures qui sont la règle dans les autres continents.

Ainsi, au lieu de reposer sur un large socle sous-marin, l'Afrique presque tout entière s élève d'un seul jet à partir des profondeurs abyssales; et cependant la rareté des volcans sur le rivage, et l'absence des longs promontoires rocheux, comme des courbes concaves qui trahissent des cirques d'effondrement, empêchent d'attribuer cette structure à quelque dislocation récente. Il semble plutôt que le bloc africain, si l'on peut s'exprimer de cette façon, soit depuis longtemps dessiné dans sa forme actuelle et n'ait dû subir, dans les dernières périodes géologiques, que de faibles modifications de son contour.

C'est ce que tend à confirmer la géologie; car si, dans l'Afrique équatoriale et australe, toute trace de dépôt marin, secondaire ou tertiaire, fait défaut à Tintérieur, on a reconnu, dans la province d'Angola, comme aux îles Elobi (Gabon), enfin sur la côte de Natal, des lambeaux de crétacé marin absolument collés au littoral. Ce sont des bandes extrêmement étroites, appuyées contre une falaise de terrains plus anciens, qui semble s'être relevée depuis leur formation, mais en emportant avec elle, de façon à l'amener au jour, un ruban de la frange sédimentaire déposée à ses pieds. Sur le rivage de Natal, les couches crétacées recouvrent horizontalement les assises inclinées du grès de Karoo, tombées par paquets au pied de la grande falaise des monts Quathlamba. Cela prouve évidemment que les dislocations qui ont donné à l'Afrique australe sa forme actuelle sont de date antérieure à l'époque crétacée*.

Dans la province d'Angola, le contraste est remarquable entre les assises si régulières du crétacé marin, qui occupent exclusivement la bande côtière basse, souvent cachées sous une couche épaisse de latérite, et le haut massif archéen qui domine ce ruban, élevant quelques-unes de ses cimes au-dessus de 2000 mètres.

Madagascar. — L'île de Madagascar offre des conditions très différentes de celles du plateau africain. Son bord oriental absolu-

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