‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 296 sur 364 · Suess, Antlilz der Erde, I, p · texte numérisé non relu

Suess, Antlilz der Erde, I, p

ment rectiligne, la pente très raide du versant correspondant, qui descend à la mer en trois gradins, isolant parfois des forteresses naturelles, le grand nombre des anciens volcans qui jalonnent la crête d'un bout à l'autre; tout cela indique avec certitude une fracture, accompagnée d'écroulement sous les eaux de l'Océan Indien. Mais ce phénomène ne s'est pas produit aux dépens d'une plate-forme semblable à celle de l'Afrique australe. Plus de la moitié de l'île est un dôme archéen, atteignant 2000 mètres d'altitude dans l'Emyrne, et contre lequel s'appuient, dans l'ouest, des bandes régulières de terrains jurassiques, crétacés et tertiaires, tous d'origine marine.

Il est donc certain qu'aux temps jurassiques, l'île était déjà séparée du continent voisin. Il y avait alors, dans le massif indoafricain, une grande brèche qui s'étendait jusqu'au voisinage des bouches de Tlndus. Mais le territoire archéen se poursuivait vers l'est, dans la direction de l'Hindoustan et de l'Australie. Les formations volcaniques des îles Mascareignes attestent que le morcellement définitif de cette Lemuria doit être assez récent.

Le plateau archéen (Hova-Betsileo) de Madagascar finit à l'ouest par une falaise très raide de 300 à 600, parfois même 1000 mètres de hauteur, qui aboutit à une dépression allant de Nossi-Bé au plateau Bara. En avant de cette dépression se dressent, précédant la côte occidentale, des hauteurs degrés rouges et de calcaires.

Les sédiments qui composent la partie occidentale de l'île ne sont jamais plissés, bien qu'ils soient relevés vers Test et qu'à leur contact avec le haut massif le plongement atteigne 30 ou 35 degrés. Les horizons rectilignes engendrés par leurs affleurements contrastent avec l'allure tourmentée et déchiquetée du massif archéen, lequel est absolument nu, tandis que les plateaux sédimentaires sont couverts de bois et entaillés par des vallées. Contre la côte orientale s'étend la grande forêt viei^e.

Le plateau méridional (Bara) s'abaisse de 1200 à 300 mètres, avec des canyons de 400 mètres taillés dans les grès rouges et les schistes gris.

A l'extrême sud s'étend le plateau Antandroï, dominé par le très curieux massif de basalte, aux flancs presque verticaux, de l'Ivohitsombé, dont tout le bord se relève à l'extérieur, de façon à définir une cuvette elliptique de 60 kilomètres sur 70*.

i. Résultats du voyage de M. Gautier.

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