‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 310 sur 364 · REGION DES LACS · texte numérisé non relu

REGION DES LACS

navie, la topographie glaciaire, caractérisée par le grand nombre des cavités lacustres, peu profondes et aux contours irréguliers, domine sans partage sur tout le Canada, à -Test d'une ligne qui suit en le remontant le cours inférieur du Mackenzie, puis passe à l'occident du petit lac des Esclaves, pour atteindre les États-Unis tout près des sources du Missouri. A partir de ce point (fîg. 152), la limite des formations glaciaires suit à très peu près le cours du Missouri; puis elle remonte l'Ohio et atteint la côte non loin de New- York.

Sur toute cette étendue, les glaces, descendant des hauteurs qui

Fig. 15?. — Rapports do l'hydrographie des États-Unis avec la limite du terrain erratique.

s'élevaient alors au nord du Saint-Laurent, ont raboté le territoire canadien, laissant sur les rochers des stries visibles, et en plus d'un point l'archéen apparaît à nu, formant ce qu'on appelle les barren grounds. Seulement les surfaces moutonnées qui caractérisent cette région ne doivent pas être exclusivement attribuées à l'action glaciaire; car, ainsi que l'a remarqué M. Lawson, il est de l'essence du terrain archéen au Canada que les roches granitiques qui le pénètrent y dessinent au milieu des schistes cristallins des dômes elliptiques; et l'altération subaérienne laisse ces dômes en saillie à cause de leur dureté.

Vers la limite méridionale du territoire lacustre, les accumulations morainiques commencent à jouer un grand rôle. En barrant d'anciennes vallées, elles ont puissamment contribué, de concert

DE LAPPARENT. — Loçons de géogr. phys. 2* édit.

avec des mouvements du sol, à engendrer les grands Lacs, Supérieur, Michîgan, Huron, Erié et Ontario. Les cavités où ces lacs sont logés étaient sans doute en grande -partie préparées; car le lac Supérieur est une cuvette structurale et tous les autres occupent des sillons monoclinaux, résultant de ce que des assises primaires peu résistantes s'appuyaient à cette place sur des assises plus dures. Mais, avant Tinvasion des glaces, ces dépressions étaient déjà façonnées en vallées, et c'est par Tinfluence des barrages morainiques jetés en travers, jointe à un abaissement de niveau, qu'elles ont été transformées en bassins lacustres.

Au sud du Wisconsin, si les lacs disparaissent, ou du moins deviennent trop petits pour être figurés sur une carte d'ensemble, la topographie morainique continue à prévaloir jusqu'à une ligne très remarquable de collines, qui accompagne presque constamment la rive gauche du Missouri et la rive droite de l'Ohio. C'est le Kettle range, ainsi nommé des nombreuses petites cavités sans écoulement qui s'y rencontrent. Nous en avons indiqué précédemment les caractères essentiels *, en signalant les diverses particularités de cette zone périphérique, où l'extrémité des lobes glaciaires de la dernière extension a longtemps stationné, étalant sur la contrée le terrain erratique ou drift.

Il y a pourtant, au milieu de la grande nappe morainique, dans l'État de Wisconsin, sur le cours supérieur du Mississipi, un . espace où le dn// n'a pas laissé de traces. Les géologues américains ont expliqué cette particularité par un ensemble de conditions géographiques et météorologiques, qui obligeaient les lobes glaciaires à contourner ce territoire {driftless area), sur lequel d'ailleurs il tombait moins de neige qu'aux alentours.

ModiûcationB récentes du réseau hydrogrraphique. — En dehors de l'obstacle opposé à l'écoulement des eaux, ce qui a eu pour conséquence la formation des grands lacs, les accumulations morainiques ont changé peu de chose à l'aspect général de la pénéplaine arçhéenne et primaire. Seulement elles ont modifié le tracé des cours d'eau, qui auparavant avaient dû subir, de la part des éléments de la pénéplaine sous-jacente, une certaine action directrice. Nous avons expliqué comment plusieurs des rivières, une fois la moraine affouillée, ne retrouvant plus leurs anciens lits, ont dû racheter la différence des niveaux par des cascades établies aux points où elles atteignaient le substratum primaire ou cristallin*.

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