‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 311 sur 364 · Voir plus haut, p. 228. — 2. Voir plus ha'jt, p · texte numérisé non relu

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RÉGION DES LACS éll

D'autre part, les plaines morainiques du nord, qui forment une ceinture continue autour des grands lacs, ont été tardivement affectées par le gauchissement qui a relevé le sol de la région lauren tienne. Aussi le niveau des lacs a-t-il subi des vicissitudes, marquées par une série de terrasses, qui dessinent sur leurs bords de véritables escaliers.

Vers la fin de Tépoque quaternaire, les conditions hydrographiques de la contrée canadienne différaient beaucoup de ce qu'elles sont aujourd'hui. Au lieu de se décharger dans la baie d'Hudson, le lac Winnipeg, et avec lui la rivière Saskatchewan, se déversaient au sud, par ce qui fait aujourd'hui la vallée de la Rivière Rouge du Nord'. Cette rivière prend son origine au lac dit Traverse, qu'un seuil de quelques mètres à peine sépare du lac Big Stone, origine du Minnesota. Or, au-dessous de ce seuil on retrouve, sous le terrain glaciaire, à 40 mètres environ de profondeur, l'ancienne vallée qui, venant du Winnipeg, aboutissait au Mississipi. Un relèvement de moins de 80 mètres dans le niveau du Winnipeg suffirait à restituer la pente primitive.

Cette ancienne vallée a été, vers la fin des temps glaciaires, si bien barrée par la calotte des glaces, qu'un lac énorme, appelé Lac Agassiz par les géologues qui en ont observé les traces, s'est étendu à un certain moment du nord au sud, sur près de 10 degrés de latitude. L'état actuel des choses tient à la fois aux changements introduits dans la topographie par les accumulations morainiques, et aux mouvements, tantôt d'affaissement, tantôt d'élévation, que le sol canadien a subis.

M. Gilbert*, d'accord avec M. Taylor', admet que les lacs Supérieur, Michigan et Huron formaient à l'origine une seule nappe, se déversant à l'est, par le lac actuel Nipissing, dans la rivière Ottawa. Le relèvement progressif des contrées septentrionales aurait graduellement reporté vers le sud les lacs Michigan et Huron, jusqu'à ce que l'eau, atteignant la dépression de Port-Huron, se déversât par Saint-Clair et Détroit dans le lac Érié. A cette modification succédaient bientôt l'isolement du lac Supérieur et la formation de la rivière Sainte-Marie, qui lui sert de décharge.

Ces phénomènes, selon M. Taylor, n'auraient employé que de 5000 à 10 000 ans. Le relèvement au nord serait déjà de plus de 30 mètres, et il suffirait qu'il continuât dans la même mesure pendant 3000 ans pour que la chute du Niagara fût supprimée.

1. G. K. Warren, Americ, Journ., XVI (1878), p. 417. — 2. National geogr. Magazine, Vin (1897), p. 233. ~ 3. Studies in Indiana Geography.

L eau des lacs se rendrait alors par Chicago, l'Illinois et le Mississipi au golfe du Mexique.

Saint-Iiaurent. Labrador. Région des prairies. — Le Saint- Laurent forme exactement la limite orientale de la pénéplaine primaire. Ce fleuve, à partir de TOntario, commence par couler dans un synclinal étroit, à la suite duquel il épouse le bord de la plate-forme archéenne, juste à son contact avec la région littorale plissée, qui fait suite aux Appalaches. Son tracé coïncide donc avec un accident tectonique remarquable.

Quant au Labrador, c'est, pour la plus grande partie, une pénéplaine identique avec la région laurentienne, où l'altitude ne s'élève pas, au centre, beaucoup plus haut que 500 mètres. Plusieurs lacs subsistent sur la partie médiane, qui a été« comme l'attestent les stries des rochers, un centre de divergence pour les glaces.

Du côté opposé au Saint-Laurent, la pénéplaine primaire, couverte de forêts, s'enfonce doucement sous les dépôts que la mer crétacée y a jetés, et qui forment une large bande plate en avant des Montagnes Rocheuses. Cette bande est celle des Prairies canadiennes, où se dessinent deux terrasses successives, l'une occidentale, à 900 mètres d'altitude, crétacée et tertiaire, l'autre à 500 mètres, presque exclusivement crétacée. Tandis que la seconde supporte des dépôts morainiques provenant de la grande extension glaciaire qui avait son centre de dispersion dans la région laurentienne, la première terrasse a été recouverte par les moraines qui descendaient des Montagnes Rocheuses.

La partie méridionale des Prairies canadiennes porte le nom de Plaines de l'Alberta. Dès les temps miocènes, une haute chaîne devait les border à l'ouest, de sorte que les torrents descendant de cette chaîne y jetaient des dépôts détritiques, comme ceux qui composent les collines dites Cyiyress Hills, Bien avant les invasions glaciaires, une pénéplaine avait eu le temps de se former au pied de ces montagnes par rabotage des derniers plis crétacés, et des vallées, descendant vers l'est, y étaient déjà découpées*.

C'est la diminution d'humidité qui, s'accentuant vers l'ouest, entraîne la substitution des prairies aux forêts.

Région des Appalaches. Aperçu général. — Le territoire, si parfaitement aplani dans l'ensemble, de la partie orientale des États-Unis*, dont la figure 153 fait connaître, d'une façon schéma-

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