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PLAINES DU TEXAS

Au nord du Llano Estacado, tout contre les Montagnes Rocheuses, se trouve un curieux plateau, celui de Raton-Las Vegas, plate-forme éocène qui, sur 20 kilomètres, s'incline vers les montagnes y et se termine au sud^ par un superbe escarpement, dominant de près de 400 mètres la vallée de la Canadienne*. De là, on aperçoit au loin, se dressant comme un mur superbe, l'escarpement septentrional du Llano Estacado. Entre ce dernier et la précédente plate-forme existent plusieurs cônes de cendres, notamment le Mont Gapulin, dominant la plaine de plus de 800 mètres, avec un vaste cratère au sommet.

Plaines du Texas. — Les plaines du Texas, au centre desquelles, entre les rivières Colorado et Brasos, on voit apparaître sous la craie un noyau paléozoïque, éperon détaché des Monts Ouachita, ont leur surface constituée par des sédiments tertiaires et crétacés de peu de consistance. Les cours d'eau qui les arrosent se sont progressivement allongés à mesure que se retirait la mer tertiaire ; mais la sécheresse de Tair au voisinage de leurs sources ne leur a pas permis d'entamer l'escarpement du Llano Estacado ^

La topographie du Texas méridional est influencée par une faille, orientée du nord-est au sud-ouest, d'Austin à del Rio, engendrant un escarpement très net, qui fait face au sud-est, côté de la lèvre abaissée de la cassure. C'est la faille dite des Balcones^ qui a rejeté toute la région des prairies de ISO à 300 mètres en contre-bas du plateau. Au sud-est, cette faille est accompagnée par d'anciennes manifestations volcaniques. Dans l'intérieur du Texas, l'érosion, agissant sur des dépôts horizontaux, a fait naître beaucoup de mesas ou formes tabulaires, et le morcellement atteint son maximum sur l'éperon primaire qui occupe le centre de la région. Les affluents du Brasos et du Colorado y sont véritablement enchevêtrés.

L'escarpement d'Austin se prolonge au nord-est et est très facile à suivre jusqu'à la Rivière Rouge. Mais dans cette traversée, il marque le rivage de la mer pliocène, dont la retraite a déterminé la formation d'un certain nombre de rivières, celles de San Gabriel, Lampassas, Léon, Bosques, Paluxy, Trinity. La jeunesse de ces cours d'eau est attestée par le fait que leurs eaux de tête se tiennent à peu près à 150 mètres plus haut que les lits des anciennes rivières, qui les encadrent après avoir recoupé l'escarpement en question, à peine entamé par les autres. Le pays ainsi

1. Hill, Bull. Geol. Soc. /Imertoa, 111, p. 85. — 2. Hill, American Geologist {iS92)y p. 103.

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arrosé, et où commence à se faire sentir rhumidité du golfe du Mexique, est une région de prairies, faisant suite aux Grandes Prairies du nord *.

Rivages du Golfe du Mexiq^ae. Floride. — Aux prairies dont il vient d'être question succèdent, en se rapprochant du Golfe du Mexique, d'abord les prairies noires, dont le fond est de crétacé supérieur; puis une bande forestière, assise sur les affleurements éocènes, et la zone des jrrairies de Washington^ dont le sol riche, noir et sableux, provient de la décomposition d'un grès friable appartenant au tertiaire supérieur. C'est une formation aquifère importante, qui va plonger sous les prairies côtières, au sol quaternaire, sans consistance.

La bande de terrain qui borde immédiatement le golfe du Mexique, accidentée par de nombreuses lagunes ainsi que par le delta du Mississipi, a cela de particulier qu'elle se prolonge au loin en mer, jusqu'à une sorte de crête sous-marine, à partir de laquelle les grands fonds se prononcent très brusquement.

Cette plaine côtière a subi de nombreuses vicissitudes*. Lors du pliocène inférieur, la mer l'envahissait, remontant presque jusqu'à Saint-Louis, et submergeant le pays à peu près suivant la courbe d'altitude de 120 mètres. Ensuite a eu lieu une érosion antérieure aux temps glaciaires, et qui s'est étendue jusqu'à l'extrémité du socle sous-marin, c'est-à-dire jusque vers la cote — 120. Enfin l'aurore des temps quaternaires a été marquée par une nouvelle submersion, mais seulement jusqu'à l'altitude + 30; après quoi les conditions actuelles se sont établies. Les cours d'eau ont donc eu fréquemment à allonger et à raccourcir leurs lits.

La Floride a participé à ces alternatives. Mais cette péninsule, où le calcaire occupe une grande place, doit surtout son état actuel au travail que les coraux y ont accompli et accomplissent encore. Les obstacles ainsi édifiés ont retenu en arrière des étangs, des marais et des lacs, formant au sud le dédale des Everglades, où se reconnaissent distinctement les massifs des polypiers qui s'étaient développés à cette place. De plus, c'est seulement à sa jonction avec l'Amérique que la Floride laisse voir des formations analogues à celles de la plaine côtière du golfe mexicain. Le reste est un appendice d'affinités méridionales, qui jusqu'à la fin des temps tertiaires se rattachait à la région des Antilles.

. 1. Hill, /oc. cit. — 2. Mac Gee, The Lafayette formation. U, S, Geol, Survey, iî^ annual Report, . ,

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