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COLOMBIE ANGLAISE

dépasse 5500 mètres*. La vue de cette montagne, comme des Monts du Beau Temps, avec les merveilleux glaciers qui descendent du cirque formé par ces hauteurs, et les splendides forêts du voisinage, dépasse les magnifîcences de la Suisse.

La chaîne de TAlaska n'est pas volcanique; mais tout près existe un cône de laves, le Mont Edgecombe, dont l'activité n'est endormie que depuis deux siècles.

Colombie anglaise. — La structure de la Colombie anglaise parait assez simple dans le nord. Tout contre la mer, où elle se montre découpée par des fjords de 150 à 180 mètres de profondeur, s'élève, à une altitude moyenne de 2000 mètres, une Chaîne côlière {Coast range) y formée de roches primaires*, constituant le prolongement immédiat de la chaîne littorale de l'Alaska. Du côté opposé, suivant une direction à peu près parallèle à la côte et sur une largeur qui croît de 30 à 100 kilomètres, se dressent, de plus en plus nombreux à mesure qu'on s'avance vers le sud, les plis des Montagnes Rocheuses. Entre les deux s'étend un haut plateau, accidenté de montagnes, capricieusement découpé par des rivières profondément encaissées, et où se montrent des sédiments crétacés et tertiaires. Les premiers, après s'être déposés, en ce point comme à l'est des Montagnes Rocheuses, sur un fond de terrains primaires, ont pris part au soulèvement de la chaîne orientale, où le crétacé supérieur peut être, non seulement relevé jusqu'à la verticale, mais parfois recouvert par des lambeaux carbonifériens qui ont été poussés sur sa surface jusqu'à d'assez grandes distances'.

Plus on s'avance vers le sud et mieux se prononcent les caractères du plateau médian, inférieur d'un millier de mètres à la chaîne côtière. Les cours d'eau, notamment la rivière Frazer, y circulent dans des canyons dont deux sections consécutives font parfois entre elles un angle très aigu, et où l'on voit les directions tectoniques imposées par le plissement des Montagnes Rocheuses se combiner avec les cassures de la pénéplaine occidentale. Un grand nombre de lacs étroits et encaissés se succèdent sur le parcours des rivières.

Entre 50° et 51° 30' de latitude, le plateau, dit de Kamloops *,

1. M. Coleman cite même, dans ces parages, le mont Logan qui s'élèverait à 6402" (Geogr. Journal, V, et Americ. Geologisly janvier-avril 1894). — 2. Quelques atlas la confondent à tort avec la chaîne plus méridionale des Cascades. — 3. Dawson^ Americ. Journal [3], XLIX, p. 463; Mac Connell, Ann. Report Geol. Sumey of Canada^ n, 1886. — 4. Dawson, Geol. Suj*v. of Canada, Annual Répot^t, 1894.

d une altitudç moyenne de 1100 mètres, laisse voir sa structure, où dominent les terrains secondaires, plissés, puis ramenés à la condition de pénéplaine au commencement des temps tertiaires. Des sédiments lacustres ont ensuite recouvert la contrée, après quoi des dislocations sont venues, qui ont fait basculer le plateau, ouvrant la voie à deux séries d'éruptions volcaniques antérieures au pliocène. Plus tard seulement les vallées se sont creusées, pendant que les glaciers se développaient. C'est à ce mouvement de bascule que la chaine côtière doit d'atteindre, par quelques-uns de ses sommets, des altitudes de 2400 à 2700 mètres. Mais ultérieurement elle a subi un mouvement d'affaissement partiel, qui explique les nombreux fjords et les profondes découpures de la côte.

Massif du Gold Range. Rivière Columbia. — A côté du plateau, et s'introduisant comme un coin entre lui et les Montagnes Rocheuses, apparaît, dès le 52* parallèle, un massif archéen et paléozoïque, qui prend de plus en plus d'importance vers le sud. Ce massif est assez irrégulier et son orographie manque de continuité. Néanmoins quelques accidents de la surface, d'accord avec la direction des affleurements primaires, trahissent un alignement nord-sud bien marqué. Ainsi s'explique le brusque changement de direction de la côte à partir de Vancouver. A l'est, la chaîne des Montagnes Rocheuses, toujours alignée au sud-est, continue à dresser ses rides aux paysages essentiellement alpestres, commandant d'une façon absolue le coiirs supérieur de la rivière Columbia et, juste en sens inverse, avec un seuil de partage insignifiant, l'origine de son affluent, la rivière de Kootanie (fig. 156). Mais la première contourne le coin archéen du Gold Range et revient brusquement au sud, à travers le plateau primaire, comme avait fait le Frazer; tandis que la seconde, après avoir fait le tour du Purcell Range et du Selkirk Range, se coude au nord pour se déverser, par une cluse transversale, dans la Columbia. Encore, après cette cluse, sa direction se prolonge-t-elle parallèlement à la (Columbia par le lac de Kootanie et le cours d'eau qui s'y déverse au nord. Là aussi, de longues cavités lacustres occupent par endroits le fond des canyons, coïncidant avec des fractures de la pénéplaine, et tout près commencent à s'étaler les nappes de lave qui vont prendre tant d'importance au sud.

.. Nulle part au monde on ne peut voir, pour des cours d'eau encaissés, une interférence mieux caractérisée entre deux directions discordantes, celle des Montagnes Rocheuses d'une part, et de l'autre les alignements nord-sud des fractures du plateau. La pre-

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