PARCS
et des Monts Sawatch^ qui tantôt se rapproche, tantôt s'écarte de la première.
Sur l'un des versants qui se font ainsi face, les assises se montrent toujours ployées suivant une sorte d'S, dont la branche inférieure, sensiblement horizontale, sert de lit à la dépression intermédiaire.
Parcs. — Ainsi se forment en chapelet des espèces d'amphithéâtres, ou de vallées épanouies, arrosées par de hautes branches des rivières voisines de la chaîne et sur les bords desquelles se
Fig. 161. — Lo Jardin des Dieux. (Photographie de M. Boole.j
développent de belles prairies et des bois. Un ruban de sombres forêts les entoure, garnissant le pied des montagnes, dont la cime, en raison de la sécheresse de l'air et de l'altitude, est absolument dénudée. Les Américains ont donné à ces dépressions verdoyantes le nom de Parcs. On distingue successivement le Parc du Nord, le Parc du Milieu, le Parc du Sud. Sauf le second, qui trouve à s'écouler dans le Colorado, les autres ont leur drainage dirigé à l'est, vers les rivières Platte et Arkansas, ce qui donne à penser que cette direction d'écoulement devait être acquise avant la surrection du Front Range, quand, à l'époque éocène, l'emplacement de cette chaîne était encore une terre basse*.
1. R. C. Hills, Orographie structural fealures of Rocky Mountain Geology, 1890.
La chaîne des Parcs çst accompagnée, surtout du côté oriental, par une série d'accidents qui donnent naissance à des formes topographiques spéciales. Les assises sédimentaires, grès, schistes, calcaires, aux couleurs bariolées, souvent d'un rouge vif, brusquement relevées vers la grande chaîne, ont inégalement résisté aux efforts de Térosion. Tandis que les plus dures demeuraient en saillie, formant de hautes murailles, les plus tendres ont été affouillées, et à leur place se sont dessinées de belles vallées ou jardins. Le Jardin des Dieux (fig. 161), près du Pike's Peak, avec ses obélisques de grès se dressant au milieu des forêts, en est le plus célèbre.
Au sud du Parc méridional, entre l'énorme massif volcanique de San Juan, prolongement des Sawatch, et le chaînon dit Sangre de Cristo, plissé en forme d'S, se développe, dans les mêmes conditions que les parcs, mais avec absence de terrains sédimentaires, la dépression de San Luis, où coule le Rio Grande del Norte. Le Sangre, que sa tectonique relie aux monts Sawatch, dont une apophyse occidentale porte le Blanca Peak (4409 m.), point culminant des Montagnes Rocheuses du Sud, prolonge orographiquement la muraille du Front Range jusque dans le Nouveau Mexique. Il porte des cimes de 3600 à 4400 mètres, et laction volcanique y est très marquée sur le flanc est, notamment dans le cratère d'Ocat^' Ainsi se préparent les circonstances propres à la région mexicaine.
Plateaux et dépressioziB du Nouveau Mexique. — Au sud-est de la région des plateaux du Colorado se trouve une plate-forme drainée par le Rio Grande del Norte, et qui a été relevée à l'ouest suivant une série de plis brusques alignés du nord au sud. Ces plis affectent toute la série sédimentaire jusqu'à sa base de granité. Celle-ci a été amenée en certains points à plus de 1000 mètres au-dessus des vallées. Plus encore que les compartiments voisins, celui du Rio Grande a vu s'épancher à sa surface de grandes épaisseurs de laves, et s'édifier des cônes volcaniques, qui n'ont pas peu contribué à détourner le drainage vers le sud, par de belles vallées où des sources chaudes se font jour au milieu des forêts.
Sur le cours du Rio Grande, comme entre ce fleuve et la chaîne orientale des Montagnes Rocheuses, existent plusieurs dépressions au fond très plat, remplies par d'anciens sédiments lacustres ou par des alluvions, dont l'épaisseur atteint jusqu'à 400 mètres.
De ce nombre est la vallée du Grand Quivera, longue de 240 kilomètres sur une largeur moyenne de 90, constamment encadrée par des montagnes, avec une ligne de coulées de lave ou malpaîs dans