‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 33 sur 364 · DISTRIBUTION DE LA CHALEUR SUR LE GLOBE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DE LA CHALEUR SUR LE GLOBE

ce qu*on réalise par Texamen des cartes qui font connaître les lignes isothermes et les lignes isobares. (Voir la planche annexée à l'ouvrage.)

Distribntioii de la elialeur but le globe. — La température, en chaque point, a pour unique source la chaleur versée par le soleil *. Si Taxe terrestre était perpendiculaire au plan de Torbite, tous les points de la terre verraient se succéder douze heures de jour et douze heures de nuit. Les rayons solaires, à Theure de midi, tomberaient pendant toute Tannée d'aplomb sur Féquateur, tandis que, pour les autres latitudes, à partir de cette ligne, Tincidence serait de plus en plus oblique, pour finir par être entièrement rasante aux pôles. Il y aurait donc, de part et d'autre de l'équateur, une zone torride, où la température aurait toujours son maximum au centre, et qui comprendrait tous les parallèles pour lesquels l'incidence des rayons méridiens serait peu éloignée de la normale; après quoi la chaleur décroîtrait progressivement dans la direction de chaque pôle, sans que rien permit d'établir, entre les bandes successives, une séparation tranchée.

L'inclinaison de l'axe terrestre sur le plan de l'écliptique empêche qu'il en soit ainsi, et donne lieu au phénomène des saisons y fondé sur ce que chaque point de la surface du globe, à l'heure de midi, reçoit les rayons solaires sous un angle qui varie avec le moment de l'année où l'on se trouve. Pour l'équateur, le soleil méridien apparaît au zénith deux fois par an, lors des équinoxes, et tous les points de la zone comprise entre les tropiques jouissent du même privilège, à des époques variables, selon la latitude, entre l'équinoxe et le solstice. Seulement, pendant six mois, cet avantage est réservé à la zone tropicale d'un seul hémisphère, tandis que, pendant les six autres mois, c'est l'hémisphère opposé qui en a le bénéfice.

L'ensemble des deux bandes tropicales, larges chacune de 23** 2T 21", définit donc une zone torride , où la durée des jours diffère de moins en moins de celle des nuits à mesure qu'on se rapproche de réquateur, et qui est nettement délimitée par le fait que les points de cette zone sont les seuls d'où Ton puisse voir le soleil an zénith.

1. La part contributive des actions volcaniques ou thermales est ici considérée comme négligeable. Nous ne tenons pas compte non plus du rayonnement des espaces, identique pour tout le globe. Quant à la chaleur interne, outre qu'elle agit partout à peu près dans la même mesure, on a calculé qu'elle ne devait pas contribuer aujourd'hui pour plus d'un trentième de degré à l'entretien de la température extérieure..

DE LAPFARERT. — Leçons de géogr. phy». 2* édit. 4

D'autre part, entre chaque pôle et la latitude de 66** 32' 39", s'étend une calotte dont aucun point ne peut apercevoir le soleil au moment de l'un des solstices. La saison d'été de cette calotte comprend des jours sans nuits, dont la durée atteint six mois au pôle même, et que balance une saison hivernale avec nuits ininterrompues. Et comme l'incidence presque rasante du soleil d'.été ne compense pas l'effet de la longue obscurité de l'hiver, chaque pôle est entouré d'une zone glaciale^ aussi nettement délimitée que la zone torride.

Dans l'intervalle s'étendent les zones tempérées, celles où ni le jour, ni la nuit ne sont exposés à durer vingt-quatre heures, et dont chacune peut se subdiviser en zone tempérée chaude, voisine du tropique, et zone tempérée froide, contiguë au cercle polaire.

Déformation des zones de température. — Les limites des zones ainsi déterminées coïncideraient exactement avec des parallèles de latitude, si la distribution relative de la terre ferme et des mers, ainsi que le relief de Técorce, étaient identiques pour toute l'étendue du globe. Mais la répartition très inégale de ces divers éléments entraine une déformation des limites.

En effet, la terre ferme, pendant l'été, s'échauffe beaucoup plus que l'eau, sur laquelle une partie de la chaleur versée est employée, sans effet thermique sensible, à produire de la vapeur. De plus, là où il neige, le manteau qui couvre la terre en hiver intercepte la chaleur solaire, entièrement utilisée pour fondre de la neige, sans que l'air ambiant puisse en profiter. Au contraire, l'eau de mer est rarement exposée à geler. Par conséquent la terre ferme exagère réchauffement de l'air dans les basses latitudes, tandis qu'elle agit dans les zones froides comme un réfrigérant. En outre, l'atmosphère emmagasine diversement les radiations calorifiques, selon qu'elle est sèche ou humide, pure ou chargée d'acide carbonique. Enfin l'air se raréfie lorsque croît l'altitude, devenant de moins en moins propre à concentrer la chaleur solaire pour en faire profiter les corps qu'il baigne. Dès lors, toutes les inégalités de la surface du globe interviennent pour modifier l'effet thermique des radiations solaires, provoquant du même coup, dans l'eau des mers et surtout dans l'atmosphère, des mouvements capables d'étendre cette influence bien loin des lieux où elle a pris naissance.

Telle est la raison pour laquelle les isothermes annuelles (voir, sur la planche jointe à l'ouvrage, la fig. 1), c'est-à-dire les lignes réunissant les points où la température moyenne de l'air pour toute l'année, réduite au niveau de la mer, est identique, sont loin de

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