‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 335 sur 364 · ANTILLES · texte numérisé non relu

ANTILLES

Selon M. Gregory', à Tépoque éocène, la région des Iles Sousle-Vent était émergée, tandis que la mer couvrait Fisthme de Darien et probablement aussi une partie des États de Nicaragua et de Costa Rica. Au début des temps miocènes, peut-être même un peu avant, Témersion de TAmérique centrale soudait Tun à Tautre les deux grands continents; mais presque au même moment la région des Antilles devait être affaissée, comme le prouve la présence de dépôts abyssaux (vases à radiolaires) aux Barbades, à la Trinité et à Cuba.

C'est à la fin du miocène ou au début du pliocène que s'est produit l'exhaussement des Antilles et le développement de coraux, d'abord limités aux fonds de 30 à 90 mètres, puis édifiant des récifs, enfin portés de nos jours jusqu'à 300 mètres d'altitude. Tandis que les coraux des Antilles n'offrent aucune affinité avec ceux du Pacifique, ils sont étroitement liés aux espèces de la Méditerranée, de la mer Rouge et de l'océan Indien. Ces coraux n'ayant pas de larves flottantes, il faut, pour expliquer cette affinité, admettre qu'une série de lignes de rivage et de faibles profondeurs occupait alors la place de l'Atlantique septentrional.

La Méditerranée américaine présente ainsi des caractères tout à fait semblables à ceux de la mer qui s'étend entre l'Europe et l'Afrique '. De part et d'autre, des plis alignés de l'est à l'ouest -encadrent des parties effondrées, formant des fosses distinctes; et ces accidents coïncident avec une ancienne aire de sédimentation, où les dépôts crétacés et tertiaires affectaient des caractères spé- <;iaux. Ces caractères consistent, pour le crétacé, dans le développement de certaines constructions calcaires dues à des animaux appelés rudistes; pour le tertiaire, dans l'édification de dépôts également calcaires, avec une faune particulière de polypiers et de protozoaires. Enfin, dans cette Méditerranée américaine, les tremblements de terre sont fréquents et les volcans actifs nombreux, exactement comme dans la dépression qui accompagne tout le midi de l'Europe.

Au point de vue de la constitution géologique, la Floride et le Texas sont des appendices de ce district.

1. Quarterly Journal of the geol. Soc, of London^ LI (1895), p. 255. — 2. Voir Suess, - AntlUz der Erde,\, p. 708.

DK LAPPAREKT. — LcçoDS do gèogr. pliys. 2* èdit. 42

Aperçu général. — L'Amérique du Sud est essentiellement constituée par un massif stable, depuis long-temps modelé, contre lequel un énorme bourrelet, la chaîne des Andes, est venu s'appliquer, du côté de l'ouest et du nord, comme un cadre continu. Mais le contact n'est pas immédiat, et le long de la concavité du croissant montagneux, une assez large bande déprimée subsiste d'un bout à l'autre, parfois séparée de la grande chaîne par quelques rides parallèles au bourrelet principal.

Partagé en deux parties inégales, la Guyane et le Brésil, par la dépression de très grande envergure où se loge le fleuve des Amazones, le massif oriental ne plonge un peu brusquement dans l'Atlantique qu'entre Bahia et le cap Saint-Roch. Partout ailleurs, la côte est précédée par une large plate-forme sous-marine, immergée sous moins de 200 mètres d'eau.

De plus, loin que l'Atlantique moyen ait fourni le niveau de base du modelé, un seul fleuve important débouche dans cette mer entre l'Amazone et la Plata, et c'est justement au contact immédiat de l'Océan que le massif présente ses plus fortes altitudes. Au contraire, il s'abaisse en regard des Andes par une pente très progressive. On en peut conclure qu'au moins du 10* au 30° degré de latitude, le contour actuel de la côte orientale doit être d'assez récente formation. Et comme une série de seuils sous-marins s'étend dans la direction du sud-est, entre Rio-Janeiro et l'îlot de Tristan d'Acunha, il semble permis d'y voir les restes d'une terre aujourd'hui morcelée et submergée, mais qui, formant autrefois un appendice du territoire brésilien, obligeait son drainage à chercher une issue, soit au nord, soit au sud.

Par cet appendice, le massif oriental de l'Amérique du Sud se reliait probablement à l'Afrique australe dont, sous beaucoup de rapports, il a partagé la destinée ; car il n'a subi, depuis les temps primaires anciens, ni submersion ni plissement, et c'est aussi par des grès, dépourvus de fossiles marins, que la plate-forme ancienne a été recouverte.

Enfln les formations volcaniques récentes, complètement absentes du rivage Atlantique, forment sur le bord Pacifique une chaîne à

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peu près ininterrompue, ce qui assigne à ces deux ordres de côtes une grande différence de structure et de genèse.

Massif brésilien. — Le massif brésilien est Tun des territoires les plus stables, les plus rigides et les moins disloqués qu'il y ait au monde. Seul, le terrain archéen, qui en fait le fond, mais qui n'apparaît en masse que du côté Atlantique, se montre plissé. Sur sa surface s'étendent, en couches presque horizontales, des dépôts secondaires de formation terrestre. Même les sédiments dévoniens et carbonifériens de l'Amazone reposent en assises régulièrement étalées sur la plate-forme archéenne '.

C'est donc une très vieille terre, dont la dislocation, probablement d'âge silurien, a été suivie d'un aplanissement général. Puis est survenue dans le nord une transgression marine, qui a amené le dépôt d'assises dévoniennes et carbonifériennes, représentées surtout par des grès rouges et blancs, avec quelques calcaires.

Sur cet ensemble archéen et primaire règne une puissante couverture de grès sans fossiles, d'âge encore mal déterminé, couvrant des surfaces énormes depuis le Tocantins jusqu'au Rio Sao Francisco. Découpés par l'érosion en compartiments et en montagnes tabulaires, ces grès impriment au paysage une physionomie très caractéristique.

La plus grande partie du Brésil est' un plateau dont l'altitude varie de 300 à 4000 mètres, que des plaines basses interrompent, et où il ne s'élève de montagnes qu'au voisinage immédiat de la côte Atlantique, entre Porto Alegre et Ouro Preto. Ce massif, qui couvre 3 millions de kilomètres carrés, a évidemment subi un relèvement en bloc vers le sud-est, et pour cette cause l'érosion y a découpé des hauteurs qui ne sont que les restes d'une plateforme disséquée. Ce caractère appartient à toutes les serras y que la plupart des atlas figurent à tort comme des chaînes, et le reste se compose de hautes surfaces boisées, dites chapadaos ou sertaos.

Toute l'orographie brésilienne est coordonnée à ce relèvement général, qui paraît avoir entraîné une série de fractures alignées au nord-est, et par lesquelles sont déterminés les tracés des rivières qui prennent leurs sources dans le massif.

Montagnes du Brésil. — Le principal relief du Brésil est celui qui accompagne la côte, de Rio Janeiro à Sao Paulo. Le gneiss de la Serra do Mar, avec des cimes de 2232 mètres, arrive tout

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