‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 339 sur 364 · PATAGONIE. TERRE DE PEU · texte numérisé non relu

PATAGONIE. TERRE DE PEU

les entoure, à la façon des chaînons du Grand Bassin de rAniérique du Nord, avec lequel la partie orientale des pampas offre une grande analogie. Là aussi les preuves abondent d'un état météorologique antérieur, à la faveur duquel de puissantes alluvions descendaient des montagnes, comblant les principales inégalités d'un fond où le terrain ancien n'est jamais très loin du jour. L'assèchement progressif du climat a changé cet état de choses en soumettant la contrée au régime des steppes.

Patagonie. Terre de feu. — La Patagonie est formée surtout de puissants dépôts tertiaires qui entourent, en couches hoVizontales, des ilôts secondaires et archéens, et que recouvrent des nappes étendues de basalte, sur lesquelles des moraines glaciaires ont laissé des restes. Le tout vient s'appuyer à l'ouest contre les assises disloquées du crétacé des Andes chiliennes.

La submersion de la Patagonie ayant été complète lors des dernières périodes de l'ère tertiaire, le pays, récemment émergé, est demeuré très uni. Mais ce n'est pas une terre basse. L'altitude moyenne varie de 400 à 800 mètres, s'élevant lentement de l'est à l'ouest, et c'est par des escarpements très abrupts, de SO à 240 mètres, que le plateau fait face à l'Atlantique. L'érosion y a découpé des éminences tabulaires, parfois réduites au point de prendre une forme conique. Une terrasse supérieure, que les fleuves traversent par des rapides, se dessine dans l'intérieur du pays. Contre les Andes, une zone de relief capricieux et heurté, accusant une influence tectonique, abrite plusieurs lacs aux bords montagneux, à des altitudes comprises entre 800 et 700 mètres.

En outre, les provinces de Chubut et de Santa-Cruz sont couvertes de cendres multicolores, en couches régulières, vraisemblablement accumulées par des vents de nord-ouest, qui charriaient les poussières volcaniques des Andes.

Au sud du 40« parallèle, la chaîne des Andes ne forme pas nécessairement la ligne de partage entre les deux océans, et quelques fleuves du Chili la traversent par des gorges impraticables, pour, prendre leurs sources en Patagonie, dans» une région de relief assez doux, et propice à la colonisation. C'est sans nul doute l'effet de la prépondérance que les fortes pluies venant de l'ouest ont donnée aux cours d'eau chiliens, ce qui leur a permis d'entailler la chaîne et de pousser leurs eaux de tête en arrière *. Au contraire, le versant Atlantique de la Patagonie est très faiblement arrosé.

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