ANDES MÉRIDIONALES
Quant à la grande chaîne, que couronne, atteignant près de 7000 mètres d'altitude, le superbe cône volcanique de TAconcagua, on y voit surtout dominer les sédiments jurassiques disloqués, avec formations éruptives intercalées, ayant le granité pour base et recouvertes par des dépôts volcaniques récents. Le jurassique, parfois accompagné de crétacé inférieur, se montre sur les deux versants de la chaîne, affleurant souvent par sa tranche du côté argentin.
Vers le SS* parallèle, la Cordillère forme une région plissée bien typique*, à douze ou quinze plis parallèles, affectant le lias et très peu le crétacé supérieur. Le jurassique y est souvent formé par des sédiments empruntés à une roche porphy ri tique, et qui engendrent par places un conglomérat grossier, où les bancs à ammonites constituent des lentilles. La côte orientale de la mer du jurassique inférieur et moyen devait peu différer du bord argentin des Andes actuelles.
Andes méridionales. — A partir du 43** parallèle, la dépression longitudinale du Chili est partiellement submergée et c'est dans son axe, un peu infléchi au sud-est, que se loge le long détroit par lequel les îles Wellington sont séparées delà côte; détroit si remarquablement rétréci dans les English narroivSy où sa largeur se réduit à 400 mètres, obligeant les navires à se glisser contre de formidables parois de granité et de schiste.
La chaîne principale se dresse en s'abaissant peu à peu vers le sud tout contre le bord des canaux intérieurs, tandis que les chaînons côtiers se poursuivent sur le littoral occidental de Chiloë, ainsi que dans les lies extérieures, telles que celle de Huafo. Bientôt d'ailleurs la direction des Andes se recourbe très progressivement jusqu'à ce que, dans la Terre de Feu, elle ait tourné de l'ouest à l'est. Ce changement marche de pair, d'abord avec une submersion qui détermine les nombreux fjords du Chili méridional, ensuite avec un système de dislocations, à angle droit sur la chaîne des Andes, qui s'accuse très nettement dans la direction des rivages aux abords de Chiloë, dans les nombreux détroits de l'archipel des Chonos et dans le bord méridional du promontoire de Très Cerros.
Par 49^* environ de latitude, un volcan, le Fitz Roy, se dresse encore à 2130 mètres, dominant les sources de la rivière argentine de Santa Cruz. Au nord de ce volcan, un élargissement du couronnement de la Cordillère engendre un grand champ de nevé, de plus
i. Wehrli et Burckhardt, Revista del Museo de la Plala, 1897.
de 60 kilomètres de large sur 500 kilomètres de long, d'où s'échappent vers l'ouest des glaciers.
Andes chiliennes du nord. — La constitution des Andes se modifie au nord de Copiapo. On remarque bien toujours, sinon une chaîne côtière, du moins un escarpement littoral, de 500 à 600 mètres d'altitude, au delà duquel le long désert d'Atacama et la Pampa de Tamarugal prolongent la vallée longitudinale du Chili. Mais alors, sur plus de six degrés de latitude, de Copiapo aux environs d'Iquique, la côte est exempte d'échancrures, et de plus on constate un évanouissement absolu des contreforts descendant de la Cordillère.
Cette circonstance est en partie explicable par les conditions météorologiques de la contrée. En effet, durant toute l'année, les vents dominants soufflent du sud le long de la côte du Chili et du Pérou, à partir de la latitude de Valparaiso. Si l'on y joint, dans le voisinage des tropiques, l'action des vents alizés de sud-est, on comprendra aisément la remarquable pauvreté des précipitations atmosphériques sur toute cette zone littorale, où, de Valparaiso au 4* parallèle de latitude australe, il tombe, malgré le voisinage de l'océan, moins de vingt centimètres d'eau. Au contraire, au sud de Valparaiso, l'apparition des vents d'ouest de la zone des hautes pressions australes ramène rapidement, sur les Andes méridionales, une chute annuelle de plus de 2 mètres, mais dont le versant occidental est à peu près seul à profiter.
Le seul fleuve digne de ce nom qui apparaisse entre Copiapo et Iquique est le Rio Loa, lequel prend sa source au point où la Puna bolivienne recommence à être bornée à l'ouest par une vraie Cordillère. Longitudinal et dirigé au sud pendant une centaine de kilomètres, le fleuve se recourbe brusquement à angle droit, jusqu'à ce qu'il arrive dans la dépression saline dite Pampa de Tamarugal. Alors il redevient longitudinal, mais cette fois dirigé du sud au nord, pendant cent autres kilomètres. Enfin, profitant de l'interruption que subit la chaîne côtière, il fait un nouveau coude à angle droit pour se jeter dans le Pacifique. Une telle allure ne semble explicable que par des dislocations parallèles à la Cordillère, et en rapport avec le système rectangulaire dont nous avons déjà parlé.
AQure de la partie septentrionale des Andes chiliennes. — Il s'en faut cependant de beaucoup que l'allure de cette section des Andes soit exclusivement due à la faiblesse de Térosion. On peut dire que, du 21° au 2V parallèle, la Cordillère s'évanouit, comme