‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 344 sur 364 · Sievers, America, p · texte numérisé non relu

Sievers, America, p

seul coup, en escarpements grandioses, jusqu'au bord de la lagune de Maracaybo. Puis, après un vaste territoire d'alluvions recouvrant le terrain secondaire, on est tout surpris de voir se dresser, contre la mer Caraïbe, le puissant relief archéen de la Sierra Nevada de Santa Marta^ dont la cime atteint 5100 mètres. Des gorges d'une extrême profondeur en accidentent le versant nord.

Ce sont encore des promontoires archéens qui entourent le golfe de Venezuela, et la même formation reparaît sur la côte de Caracas, servant d'appui à la Cordillère Caraïbe. Celle-ci descend à la mer par un escarpement très imposant de 2800 mètres. Des lacs d'effrondrement tectonique longent son flanc méridional, contre lequel apparaît du crétacé. Mais c'est Tarchéen qui forme la péninsule rectiligne de Paria, ainsi que le bord de l'île Trinidad, où reparaissent les émanations d'huile minérale.

Influence d'un massif ancien. — Ainsi la courbure de la Cordillère, entre la Colombie et le Venezuela, semble s'expliquer non seulement par la forme du grand territoire oriental que la chaîne contourne, mais aussi par l'influence extérieure d'un massif ancien résistant, dont on ne voit plus que le bord, le reste s'étant eflbndré dans la mer Caraïbe. Au contraire, entre cet obstacle et l'antique terre des Guyanes, s'étend le synclinal tertiaire au bord duquel coule rOrénoque. Sur ce versant méridional, plissé et à courbure continue, il n'y a plus de volcans parce qu'il ne s'est pas produit de cassures. En revanche, sur le versant opposé, le littoral caraïbe est sujet à des oscillations, des volcans de boue s'y succèdent et les tremblements de terre ont bien souvent dévasté la contrée de Caracas.

Résumé de la structure des Andes. — En résumé, l'allure générale des Andes, par rapport à la plate-forme orientale, semble pouvoir être interprétée comme il suit : un bourrelet continu de chaînes plissées aurait, dans l'origine, fuit le tour entier du massif stable des Guyanes et du Brésil, se dilatant au sud en éventail, de manière à entourer la dépression pampéenne et patagonienne. Ce bourrelet laissait d'ailleurs, entre lui et l'obstacle contre lequel il se dressait, un sillon continu, celui qui va de l'Orénoque à La Plata, et aucune fracture importante n'aurait eu lieu de ce côté, ce qui explique l'absence d'accidents éruptifs.

Mais, sur le côté extérieur de la chaîne, vers le Pacifique, depuis réquateur jusqu'au 40"* parallèle, de grandes cassures avaient ouvert une issue à des masses volcaniques, qui, sans interrompre la sédimentation, étaient venues se superposer, sur ce versant,

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