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ISLANDE

seulement primaires, mais secondaires et même tertiaires, plaide en faveur d'une mer polaire de tout temps indiquée, peut-être avec îlots archéens. D'autre part ce pays est un plateau, disloqué par des failles, et ne laisse pas voir de couches plissées*.

Au contraire, Novaïa Zemlia est une terre nettement plissée, qui représente le prolongement de TOural.

Là plus septentrionale des terres arctiques, Tarchipel de François-Joseph, est surtout constituée par une nappe de basalte à gros grain ou dolérite, aujourd'hui morcelée, et où la structure columnaire est parfois bien développée. Tout à fait dans le sud, au Cap Flora, le basalte recouvre des schistes sédimentaires, où des fossiles marins d'âge jurassique alternent avec des débris végétaux indiquant à peu près le même âge. Ainsi, aux temps secondaires, cette région ne devait pas être bien éloignée d'un rivage.

Islande. — L'Islande ne montre au jour que des terrains volcaniques. Mais à la base se trouvent des tufs à lignites tertiaires, de formation continentale. Parla, comme par sa situation sur un socle sous-marin bien accusé, qui la relie, d'un côté au Groenland, de l'autre, par les îlesFeroë*, à TÉcosse, l'Islande se révèle comme un reste du pont qui unissait autrefois tous ces parages en fermant l'Atlantique au nord. C'est la rupture récente de cet obstacle qui a déterminé les abondants cpanchements volcaniques dont l'Islande, les Feroë et Rockall portent le témoignage, et qui impriment au paysage de ces îles une physionomie si caractéristique. Cette physionomie est particulièrement originale en Islande, où les volcans actifs, les solfatares et les déserts de laves coexistent avec d'immenses champs de nevés.

Parmi ces derniers, le plus grand est celui du Vatna-Jokull, qui couvre de sept à huit mille kilomètres carrés. Il se trouve tout à côté du volcan actif de l'Hécla, et dissimule sous sa masse d'autres orifices éruptifs, qui parfois se révèlent par des fontes de neiges subites.

Les tremblements de terre islandais sont accompagnés par la formation de crevasses, avec effondrements et mouvements inégaux des compartiments en contact. Le seul défaut d'équilibre d'un massif de laves souvent refondues à l'intérieur peut suffire à expliquer ces dislocations. Nulle part les émissions par fissures ne sont aussi étendues, témoin la crevasse du Laki, par où sont sortis, en 1783, environ 30 kilomètres cubes de lave, c'est-à-dire

1. Suess, Antlilz der Erde, II, p. 86. — 2. On tend à faire prévaloir aujourd'hui l'orthographe Fâf-Ôer.

répanchement le plus considérable que l'histoire ait jamais enregistré.

Une des particularités de Tlslande est le promontoire sous-marin, extraordinairement étroit et rectiligne, qui prolonge au loin la péninsule de Reykjavik.

Terres antarctiques. — On ne sait presque rien des terres antarctiques. C'est tout récemment qu'un navire baleinier a pu constater que la Terre de Graham se résolvait en îles volcaniques avec cônes actifs. Plus récemment encore, le voyage de VAntarctis a montré que, si l'île de Possession est volcanique, le cap Adare, situé en face sur la terre de Victoria, dont la hauteur dépasse 3000 mètres, doit être de tout autre nature, car on en a rapporté un échantillon de roche de la famille granitique*; et M. John Murray a depuis longtemps fait observer que la nature des cailloux, ramenés par la drague du fond des régions antarctiques, ne peut s'expliquer que par l'existence d'une terre polaire ancienne, d'où ils auraient été entraînés par les glaces. Les probabilités sont donc en faveur, d'une Antarctide^ au bord jalonné par des formations éruptives et des volcans actifs, comme l'Erebus et le Terror, autrefois entrevus par Ross.

Cette saillie australe, faisant pendant à là dépression marine du pôle arctique, accuserait le genre particulier de symétrie de l'écorce terrestre, caractérisé par les oppositions diamétrales des creux aux saillies. Elle correspondrait à la réunion, en une seule protubérance, des trois arêtes saillantes de l'Amérique du Sud, de l'Afrique australe et de l'Australie, venant, après une longue immersion, sortir ensemble au pôle antarctique, grâce à une courbure moindre que celle du sphéroïde océanique.

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