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FORMES DU PACIFIQUE

Vetlor Pisaniy entre le Pérou et les îles Sandwich, assigne à cette partie du Pacifique une profondeur de 4S69 mètres. Ce n'est qu'à l'ouest des Galapagos que le fond s'élève à moins de 4 kilomètres de la surface, et en un seul point la sonde est descendue au-dessous de 5000 mètres. Il est remarquable que le chiffre de 4569 coïncide presque exactement avec celui de 4691, obtenu par un calcul fondé sur la vitesse de propagation d'un tremblement de terre entre Arica et Hawaii.

Dans toute la partie occidentale du Pacifique, il y a au contraire enchevêtrement des fosses profondes et des bancs servant de base aux îles de la Polynésie. Ainsi les fonds de plus de 6000 mètres forment une fosse arquée, concave vers le sud, qui s'étend de la pointe d'Alaska aux îles Bonin. On les retrouve autour des Mariannes, entre ces îles et les îles Carolines, enfin le long de la ligne si droite qui joint les îles Tonga à l'île Kermadec, et où la sonde est descendue trois fois à plus de 9000 mètres.

Environ la moitié de cette partie occidentale du Pacifique appartient aux fonds de plus de 5 kilomètres.

Signification des formes du Pacifique. — L'extrême profondeur des fosses situées entre le continent asiatique et les chaînes d'îles extérieures indique avec certitude des eff'ondrements. D'autre part, l'absence presque générale de terrains marins secondaires et tertiaires sur la côte d'Asie donne à penser que la vraie limite du continent coïnoide avec les. chaînes d'îles. On est donc porté à penser qu'il y a eu, à une époque récente, deux mouvements concomitants, l'un qui dressait contre l'ancienne frontière continentale des bourrelets plissés, dont les sommets seuls émergent; l'autre qui faisait effondrer une partie du territoire situé en arrière des bourrelets. Ceux-ci d'ailleurs ont une importance absolue considérable ; car celui des Kouriles et du Japon part directement du pied du versant septentrional de la grande fosse marine, où l'on sait que la sonde descend à 8500 mètres. C'est donc autant à ajouter à la hauteur propre des montagnes japonaises, si l'on veut avoir la véritable valeur de l'accident survenu, dont l'amplitude est ainsi d'au moins 10 000 mètres.

Toutes les îles qui apparaissent au milieu du Pacifique sont d'origine volcanique et ne peuvent nous renseigner sur la nature du fond. Cependant il est à remarquer qu'elles forment des séries linéaires, où prévaut très généralement la direction du nord-ouest au sud-est. Cette direction est celle de l'axe de l'Atlantique moyen, comme aussi des chaînes occidentales de l'Amérique du Nord.

C'est aussi celle suivant laquelle s'alignent les moindres profondeurs du Pacifique méridional et de TAtlantique de part et d'autre de la Terre de Feu. Au contraire, la fosse linéaire si remarquable, qui longe à Test le plateau sous-marin des îles Tonga et Kermadec, affecte la direction nord-nord-est de la côte australienne orientale et de la chaîne des Andes méridionales.

Mouvements du sol dans le Pacifique. — Toutes les traces d'anciens rivages marins, de la période primaire ou des temps secondaires, connues sur la région occidentale du Pacifique, se trouvent situées en arrière (c'est-à-dire au sud) de la chaîne des îles qui va de la Nouvelle-Guinée aux Fidji. Cela donne à penser que les "traînées volcaniques et coralliennes, qui précèdent cette chaîne ou qui l'accompagnent, indiqueraient une tentative d'accroissement du domaine continental asiatique (pouvant avoir sa contrepartie dans quelques effondrements intérieurs).

A la vérité, cette partie du Pacifique est habituellement considérée comme une région d'affaissement, et c'est là-dessus que Darwin a basé sa théorie de la formation des récifs, surtout des atolls.

Mais, tout récemment, l'exploration des îles Fidji a donné à M. Agassiz* des résultats absolument contraires. Ainsi, à Souva, un récif de 15 mètres de hauteur se trouve à près de 40 mètres au-dessus du niveau de la mer, toute sa base étant formée par une sorte de boue volcanique stratifiée. Sur Vanoua Mbalavou, le massif volcanique central porte des récifs aux parois verticales qui ont été soulevés à 150 et même 180 mètres. Il paraît donc à propos de renoncer, au moins dans sa généralité, à la conception de Darwin. Dans ce cas, les îles en question pourraient représenter une ride montagneuse en voie de formation.

Le résultat constaté aux îles Fidji est d'ailleurs singulièrement dépassé par celui que M. Guppy* a observé, quelques années auparavant, aux îles Salomon, qui font partie de la même traînée. Là, des boues à ptéropodes, appartenant à la catégorie des dépôts formés sous 500 à 1000 mètres d'eau; se montrent aujourd'hui à près de 100 mètres d'altitude. Les anciens récifs, soulevés jusqu'à 270 mètres, n'ont jamais plus de 45 mètres d'épaisseur, se succédant en terrasses qui marquent les étapes du soulèvement.

Mais ce qui est surtout important, c'est que ces constructions coralliennes ne sont que des placages sur d'anciens noyaux éruptifs ; et ceux-ci sont constitués par des roches basiques très cristal-

{. Americ, Jou7m,, février 1898. — 2. The Solomon islands, London, 1887; voir aussi TransacHons ofthe Royal Soc. of Edinburgh, XXXII (1885).

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