VOLCANS. COURANTS. OCÉAN INDIEN
Unes, (lolérites, diabases, gabbros, avec serpentines, et parfois d'apparence gneissique. Ces roches n'ont pu se consolider qu'aune grande profondeur, et leur état dénote une altération prolongée sous une épaisse nappe d'eau.
La rangée à laquelle appartiennent les îles Salomon est donc, par excellence, une région de soulèvement, ce qui justifie l'hypothèse proposée.
Rôle des volcans. — La grande ceinture volcanique, si remarquablement continue, qui entoure le Pacifique, manifeste partout, du moins à l'heure actuelle, la prédominance du caractère explosif. L'émission des laves y est l'exception, et quand elle a lieu, c'est rarement sous la forme de types basiques.
Au contraire, le groupe des îles Sandwich laisse voir une émission de laves basaltiques très fluides, aussi abondante que tranquille, et qui se poursuit depuis un temps immémorial, ayant réussi à faire surgir, au-dessus d'un fond océanique de plus de 5 kilomètres, des montagnes entièrement composées de laves jusqu'à plus de 4000 mètres d'altitude. On dirait qu'il y a eu transport, au voisinage de la fosse des Aléoutiennes et des Kouriles, des grands épanchements basaltiques qui, à l'époque tertiaire, ont joué un si grand rôle dans la région de l'Orégon.
Courants du Pacifique. — Comme l'Atlantique, le Pacifique possède ses deux courants d'alizés, l'un au nord de l'équateur, jusqu'au 20" degré, l'autre empiétant un peu sur l'équateur au nord, pour descendre jusqu'au 10*^ parallèle de latitude australe.
Tous deux vont heurter les îles de la Polynésie et, ne rencontrant pas d'obstacle insurmontable, s'y ramifient en plusieurs bras. Une partie du courant du nord pénètre entre les Moluques et les Philippines. L'autre contourne ces dernières îles et, réunie à l'eau qui s'est échaufiee dans la mer de Chine, vient former, le long du Japon, le. courant dit Kouro-Shio, analogue du Gulf-Stream, mais beaucoup moins puissant, parce qu'il n'éprouve ni la même concentration préalable ni la môme compression à l'origine.
Océan Indien. — L'Océan Indien comprend deux parties bien distinctes : celle de l'est, ou plutôt du sud-est, où depuis l'Australie jusqu'aux plateaux sous-marins qui portent les îles Mascareignes et les îles Tchagos, la profondeur de l'eau, très peu variable, est comprise entre 4000 et 6000 mètres, la zone des fonds de moins de 4000 étant collée aux îles de la Sonde comme à l'Australie; ensuite la région du nord-ouest, dont la limite moyenne irait de la pointe sud de Madagascar à la pointe nord de Sumatra. Là, les
fonds de moins de 4000 mètres sont nombreux et enchevêtrés, servant de socles à divers groupes d'îles, et enfermant entre eux, presque complètement, des fosses de 5000 mètres. Il semble donc que toute cette région représente les derniers restes d'une terre en majeure partie effondrée, et qui aurait uni autrefois l'Afrique australe à l'Hindoustan ainsi qu'au nord de l'Indochine; car la mer qui s'étend de Ceylan à Sumatra a rarement plus de 3 kilomètres de profondeur.
Depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'au Gange, la disposition des rivages est conforme au type atlantique', c'est-à-dire complètement indépendante des directions structurales. Il en est de même pour la côte occidentale de l'Australie; mais, dans l'intervalle, les îles de la Sonde ramènent le type pacifique. On peut dire que ces îles jouent, entre l'Asie et son prolongement australien, un rôle analogue à celui des Antilles entre les deux Amériques.
Dans l'Océan Indien, le courant produit par les alizés vient heurter Madagascar et se partage en deux branches : l'une, septentrionale, qui redescend le long de la côte de Mozambique; l'autre, méridionale qui, réunie à la première, engendre le courant chaud est-ouest du cap des Aiguilles, avec 21° de température. Mais à peine ce dernier a-t-il atteint les parages du cap de Bonne-Espérance, qu'il rencontre le courant opposé, produit par les vents d'ouest qu'engendre la descente des vents alizés, et dont la température n'est que de V. Le conflit se traduit par de nombreux ouragans, qui justifient le nom de cap des Tempêtes.
Océan Arctique. — La mer arctique mérite d'être comptée au nombre des grandes unités océaniques, depuis que le voyage de Nansen a montré que l'archipel de François-Joseph ne paraissait pas atteindre le 83* degré de latitude, et que le Fram n'a rencontré aucune espèce de terre entre les îles de la Nouvelle-Sibérie et l'intersection du 20* méridien E. par le SS"" parallèle. On sait aussi, depuis les explorations de M. Peary, que le Groenland septentrional paraît se résoudre en un groupe de terres, morcelé par des fjords, qui se terminerait un peu au delà de 82".
Le trait dominant de la mer arctique, limitée, comme nous l'avons dît, au seuil qui joint le Groenland et les îles Shetland par l'Islande et les îles Feroë, est l'existence d'une longue et profonde fosse, d'une largeur variable entre 30 et 500 kilomètres, qui se poursuit des îles Feroë à l'ouest du Spitzbei^, en passant un peu