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STRUCTURES MONTAGNEUSES DIVERSES

Central. Mais rérosion seule a eu part à leur isolement, et c'est pour cela que leur aspect diffère grandement du mont Lozère, qui est, lui aussi, un noyau granitique surgissant au sein des micaschistes. Seulement des dislocations sont intervenues dans sa surrection, faisant naître dans la roche une division en bancs qui, jointe à sa texture propre, introduit des formes plus heurtées que celles de la Marche et du Limousin.

Les monts du Forez ne rentrent dans aucune des catégories déjà décrites. C'est une longue croupe archéenne qui se dessine, comme un voussoir élevé, entre deux lignes de fracture, et où la roche, lardée d'injections porphyriques, a donné à la surface un tout autre aspect que celui des montagnes précédemment envisagées.

Est-il nécessaire d'insister ici sur les différences qui séparent le mont Dore, grand cône volcanique démantelé, des monts Dômes, suite de grandes taupinières ou de cônes, laissant si manifestement voir leur origine volcanique et récente, ou des monts du Velay, tels que le Mézenc, anciens culots d'injection que la dispersion de leur entourage meuble a seule mis en relief; ou encore des monts de l'Aubrac, plate-forme de laves aujourd'hui isolée et accidentée sur toute sa périphérie de profonds sillons qui entament le support archéen? Qui pourrait confondre un quelconque de ces types avec les monts du Morvan, assemblage sans ordonnance visible de cimes arrondies, que les différences de nature et de dureté font surgir çà et là au-dessus d'un môle ancien, découpé sur son pourtour par mille dislocations?

Structures montagneuses diverses. — Descendant maintenant aux structures montagneuses d'ordre inférieur, où se trahit surtout l'œuvre de l'érosion, poursuivie sur des massifs sédimentaires sensiblement horizontaux, il nous faudrait encore distinguer toute une série de types : par exemple les types tabulaires, tels que la montagnie de Laon, citadelle détachée de l'île de France ; le mont Auxois, caractérisé par le contraste de ses grands talus liasiques réguliers avec son couronnement ruiniforme de calcaire à entroques ; les buttes coniques comme le mont de Berru, le mont Valérien ; les promontoires saillants comme la montagne de Reims, cap de l'Ile de France, où se combinent les effets de l'érosion par deux rivières importantes, la Marne et la Vesle; ceux de la structure en gradins, qui a produit la falaise faisant face aux plaines de la Champagne; enfin une déformation locale, par suite de laquelle ce prolongement extrême du Tardenois dépasse en altitude la plate-forme occidentale dont il est un éperon.

DE LAPPARKNT. — LoçoDS do géogr. phys. 3* ëdit. 45

Ainsi, sans sortir de France, et sans épuiser à beaucoup près tous les types montagneux du territoire, la seule considération de Taspect orographique, combinée avec une discrète intervention de l'argument géologique, nous conduit déjà à distinguer un très grand nombre de variétés. Que serait-ce si nous étendions cette analyse à la terre ferme tout entière, avec la prétention de tenir compte de tous les détails que peut révéler la structure, parfois si compliquée, de chaînes telles que les Alpes, THimalaya, les Andes, les Montagnes Rocheuses?

Examen des classiflcations systématiques. — Pour donner une idée des difficultés où peut jeter Tadoption d'une nomenclature systématique, se proposant de mettre en évidence les principaux facteurs orographiques propres à chaque cas particulier, il nous suffira de passer en revue la classification récemment indiquée par M. Supan * pour les montagnes résultant avant tout de dislocations de 1 ecorce.

Les plis étant la forme dominante de ces dislocations, M. Supan a cherché à les diviser rationnellement, au point de vue génétique, en massifs plissés {Faltengebirge) uniformes, qui sont ceux où toutes les chaînes sont constituées, en gros, par les mêmes formations (Jura), et non uniformes, c'est-à-dire où il est facile de distinguer des bandes d'inégale composition (Alpes). Ces derniers euxmêmes peuvent être simples, c'est-à-dire uniquement constitués de terrains sédimentaires (monts Soliman), ou composés^ comme les Alpes, et en ce cas divisibles en asipnéiriques, symétriques et zones.

D'autre part, un massif originairement plissé peut subir avec le temps deux genres de déformations : les unes par fracture, les autres par érosion*. Les fractures diviseront une ancienne chaîne plissée en compartiments et en feront un Faltenschollengebirge, L'érosion abattra les têtes des plis jusqu'à n'en plus laisser que la carcasse, donnant un Rumpfgebirge, dont M. Supan indique les Appalaches comme un type; et ce dernier peut lui-même, s'il est affecté de cassures qui le disloquent en blocs indépendants, devenir un Rumpfschollengebirge.

. Or si ces dénominations sont admissibles, à la rigueur, dans les pays où la langue se prête à la création indéfinie de noms nouveaux par la soudure de vocables ajoutés les uns au bout des autres, il est impossible d'en donner un équivalent en langue française.

1. Grundzûge der physischcn Erdkunde, 2* éd., pp. 494 à 496. — 2. M. de Richthofen appelle homœomorphes les massifs plissés sans fractures et héléromorphes les autres.

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