‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 358 sur 364 · CLASSIFICATIONS SYSTÉMATIQUES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATIONS SYSTÉMATIQUES

D'autre part, quelque riches qu'on les fasse, on ne parviendra jamais à exprimer de cette façon tous les facteurs du phénomène orogénique. C'est ainsi, par exemple, que les Appalaches ne sont pas seulement une chaîne-carcasse {Rumpfgebirge). Après avoir été réduits bien au delà de cette condition, puisqu'ils étaient devenus une pénéplaine, ils ont vu leur relief partiellement ressuscité par le gauchissement de la région, qui a fait revivre les forces d'érosion; et cela non par un seul mouvement d'ensemble, mais par une suite de déformations inégales, comme celle qui a produit la vallée appalachienne ^

D'un autre côté, quand il s'agit d'une chaîne tant soit peu complexe, comme celle des Alpes, il devient impossible d'affirmer qu'on en ait, au moins pour le moment, analysé avec sûreté tous les éléments. Ce n'est pas seulement de chaînes, divisées en bandes de plis, que les Alpes se composent. Sans parler de la part qu'y prennent les fractures, on se rend de mieux en mieux compte du rôle •ju'y jouent les massifs amygdaloîdes, si bien que la notion de dômes anliclinaiLX et de cuvettes synclinales tend à se substituer de plus en plus à celle de chaînons linéaires.

Ce n'est pas tout; à mesure que progresse l'analyse de la chaîne, on y reconnaît avec évidence l'influence d'une série de dislocations d'âges très divers, et dont quelques-unes ont laissé des traces distinctes, incorporées à l'état de lambeaux reconnaissables dans une poussée orogénique ultérieure. Ces efforts ne se sont pas tous produits à la même place, ni avec la même direction. Et les Alpes n'ont pas le privilège de cette complication, qui se révélera, au moins à un degré égal, dans les chaînes asiatiques et celles de l'Amérique, lorsque l'étude en sera plus avancée.

Difficultés inhérenteB aux essais de classiflcation. — Enfin rien n'est plus difficile que de démêler, dans l'allure actuelle d'un massif de montagnes, la part relative à l'effort orogénique et celle qui revient à l'érosion. En effet, on ne saurait trop insister sur ce que cette dernière se trouve mise en jeu aussitôt qu'une déformation se produit dans l'écorce. Dès Vinstant de sa naissance^ un bombement de la surface ne peut manquer de s'accidenter de vallées. Il est donc inexact de considérer les montagnes comme les ruines d'un édifice primitivement continu, et dont on pourrait entreprendre de reconstituer géométriquement l'architecture originelle, en supposant comblés tous les intervalles où circulent aujourd'hui les eaux

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