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courantes et les glaciers. De tout temps une vraie montagne a dû être une ruine. Jamais on ne pourra savoir, au moins d'une façon précise, jusqu'à quel point le modelé actuellement acquis est récent ou ancien, et dans quelle mesure exacte le creusement des gorges a interféré avec les poussées internes qui modifiaient les pentes ou bouleversaient la stratification.
En présence de pareilles difficultés, prétendre exprimer par un mot, approprié à chaque cas particulier, tant de circonstances diverses, témoigne, à notre avis, d'une ambition pour le moins prématurée. Au lieu de dénominations systématiques et forcément incomplètes, il nous paraît bien préférable de prendre pour types, avec leurs noms géographiques, celles des montagnes qui sont le mieux connues, et de ranger autour d'elles les accidents qui s'en rapprochent le plus. De même que les géologues, renonçant à donner aux divisions de la série sédimentaire des noms pourvus d'une signification théorique, en ont emprunté l'appellation aux pays où ces divisions paraissaient le mieux caractérisées, ainsi envisagerons-nous volontiers, dans les accidents du relief actuel, un type alpin^ un type pyrénéen, un type andin, un type appalachien, etc. De cette manière, la voie reste toujours ouverte à une meilleure définition de chaque catégorie, comme aussi à un remaniement dans des assimilations qui ne peuvent être considérées que comme provisoires.
Tel est le principe que nous chercherons à appliquer dans l'essai de classification suivant, où nous prions le lecteur de voir simplement une tentative sans prétention, faite en vue de grouper un certain nombre d'idées générales autour de quelques types concrets; acceptant d'avance les modifications qu'une connaissance plus avancée de chaque unité orographique devra, avec le temps, infliger à cet essai.
Divers modes d'origine des montagnes. — Trois causes peuvent concourir à la formation d'une montagne :
1** Une accumulation de matériaux, venant à se produire sur un point quelconque de la surface terrestre ;
2** Une déformation de l'écorce, produisant une surélévation plus ou moins étendue ;
3° Le morcellement par érosion d'un massif de terrain, isolant des parties qui demeurent comme des éminences au-dessus du pays environnant.
Si l'érosion doit faire sentir ses eflets dès l'instant où une partie quelconque de la surface vient à dépasser sensiblement le niveau