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MONTAGNES D'ACCUMULATION

des parties voisines, il n'en est pas moins vrai que les deux premières causes se suffisent à elles-mêmes. Au contraire, la troisième ne peut devenir efficace que s'il s'est produit, au préalable, un abaissement relatif du niveau de base. Que cet abaissement résulte d'un mouvement en bloc du terrain ou d'un gauchissement inégal, il rentre toujours dans la catégorie des déformations.

Ainsi, tandis qu'on peut imaginer une accumulation assez rapide, ou une déformation assez énergique pour que, au début, la part de l'érosion, dans la production des formes, soit négligeable (un climat très sec pourrait même la rendre nulle), la production d'une montagne par simple érosion est toujours subordonnée à un mouvement préalable du terrain. Elle peut d'ailleurs, en s'appliquant aux structures de la première et de la deuxième classe, en transformer absolument le caractère.

Montagnes d'accumulation. — Les montagnes formées par accumulation peuvent être de trois sortes : volcaniques ^ éoliennes ou glaciaires,

La série volcanique comprend des cônes de projection^ formés de scories, aux flancs toujours raides, des cônes de laves, très aplatis, et des cônes mixtes, comme l'Etna. On voit à Java des cônes de projection qui dépassent 3000 mètres d'altitude. L'île d'Hawaii est une montagne de lave dont le sommet est à plus de 4000 mètres au-dessus de la mer, la base émergée mesurant à peu près 10000 kilomètres carrés. Le cône mixte du Kilimandjaro, dont la cime monte à plus de 8000 mètres au-dessus de la base du volcan, mesure à son pied 110 kilomètres sur 80.

La juxtaposition de plusieurs orifices éruptifs, en entremêlant leurs produits, peut substituer à des montagnes isolées tout un groupe de hauteurs à l'ordonnance plus ou moins capricieuse. C'est le cas des massifs du Siebengebirge, du Rhôn et du Vogelsberg en Allemagne.

Suivant la date d'extinction des volcans, toutes les transitions existent entre ceux qui ont conservé la fraîcheur de leurs formes, ceux qui, comme le mont Dore, demeurent encore reconnaissables malgré un démantèlement déjà très avancé, enfin les massifs tellement atteints par l'érosion, comme celui du Cantal, que la structure originelle s'efface devant celle qui résulte de la dispersion des matériaux.

L'action éolienne ne peut donner naissance qu'à des collines, les dunes ayant rarement plus de 200 mètres de hauteur. Mais ces collines se groupent en massifs, comme dans TErg saharien ou

les déserts qui bordent le Tarim. De pareils massifs sont remarquables à la fois par l'instabilité des cimes et par leur enchevêtrement confus.

Quant à Faction glaciaire, outre les chaînes de collines que peut engendrer le stationnement des moraines terminales d'un glacier largement étalé, il peut aussi, en avant de quelques puissants fleuves de glace, encaissés entre des arêtes qui fournissent beaucoup de blocs, se construire de grands amphithéâtres morainiques. Quand le glacier se retire, ces amphithéâtres, comme celui dlvrée en Piémont, peuvent constituer des éminences assez importantes et de relief assez brusque pour mériter le nom de petites Montagnes.

Montagnes stmcturales. Ijaccolitlies. — Les montagnes résultant d'une déformation de l'écorce terrestre sont de beaucoup les plus importantes. C'est à elles qu'on peut réserver le nom de montagnes structurales. Mais il convient de se souvenir que plus elles sont anciennes, et plus les formes extérieures coordonnées à la structure montagneuse tendent à s'atrophier sous l'efTort de l'érosion.

Commençons par éliminer un mode de déformation de l'écorce assez exceptionnel, celui des boursouflures dont le type est fourni par les laccolithes américains*. Il s'agit d'injections volcaniques internes, qui se sont insinuées, sans voir le jour, entre les strates d'une formation sédimentaire, en les forçant à se courber en dôme au-dessus du culot. Cette structure est connue en divers points des Montagnes Rocheuses, notamment aux monts Henry, ainsi que sur le flanc nord du Caucase et en Crimée. Avec le temps, les exemples connus pourront se multiplier. Quoi qu'il en soit, s'il y a réellement déformation de l'écorce, il s'agit d'une action très locale, essentiellement distincte des forces orogéniques qui sont à l'œuvre dans toute la croûte terrestre.

Considérations sur les forces orogéniques. — Le principe des forces orogéniques est assez simple, et quelque conception qu'on se fasse de la constitution du globe, il est un fait qui ne paraît pas sujet à contestation : c'est que notre planète est chaude à l'intérieur, tandis que le dehors voit sa condition surtout réglée par l'action calorifique du soleil. Si l'on peut admettre que, au moins pour une longue période, cette action reste invariable, la chaleur interne, beaucoup plus forte en valeur absolue, doit se dissiper par conductibilité et rayonnement. Donc la partie externe ou écorce,

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