Schirmer, le Sahara
que Tair est appelé vers le nord; et le vent résultant, dévié par la rotation terrestre, devient la mousson de sud-ouest, laquelle prédomine de juin à septembre, étendant son influence depuis la côte d'Afrique jusqu'à la Chine. Cet air, qui s'est chargé d'humidité dans les mers équatoriales, déverse sa vapeur en pluies abondantes sur les régions qu'il aborde.
Ainsi le facteur géographiqu^e, c'est-à-dire l'influence de la distribution relative des terres et des mers, acquiert une telle importance, qu'il renverse complètement pendant six mois, et cela au grand profit de l'activité des eaux courantes, le régime normal que la latitude seule autoriserait à prévoir.
Or, plus on s'avance vers le nord, au moins jusqu'au cercle polaire, et plus la terre ferme tend à s'épanouir en largeur. En même temps, elle est de plus en plus apte à exercer une action réfrigérante en hiver, à cause de la neige dont elle se couvre une partie de l'année. Pour ce motif, la bande extra-tropicale des hautes pressions monte constamment vers le nord-est, depuis les Antilles jusqu'à la Sibérie orientale. De plus, elle contourne entièrement le Pacifique, pour se maintenir sur les terres froides de l'Amérique du Nord et de l'Asie, au delà desquelles elle semble chercher des deux côtés à gagner le pôle.
Aussi, à la place d'une zone polaire de basses pressions, comme celle de l'hémisphère austral, voit-on se dessiner, de Terre-Neuve au Spitzberg et de l'angle nord-ouest du Groenland à la Nouvelle- Zemble, une aire fermée de pressions inférieures à 760, au milieu de laquelle, du cap Farewell à l'Islande, règne un minimum annuel de 754 millimètres.
Effets du Gulf-Stream. — A la disposition que nous venons de signaler s'ajoute l'effet du relèvement si remarquable que subissent les isothermes de l'Atlantique, et par suite duquel le cap Nord, sous 70** de latitude, jouit d'une moyenne annuelle égale à celle de la pointe de Terre-Neuve, située sur le oO* parallèle.
Le relèvement en question est tout entier l'œuvre du Gulf- Stream, fleuve d'eau chaude qui lui-même a une origine essentiellement géographique. Car ce sont les eaux tropicales qui, poussées par les vents alizés dans le cul-de-sac du Mexique et des Antilles, et n'en pouvant sortir vers l'ouest à cause de l'isthme de Panama, s'accumulent jusqu'à ce qu'elles aient pu s'échapper par l'étroit goulet de Bahama. Pour cette raison, dans l'Atlantique nord, il y a transport constant d'eau chaude dans la direction du sud-ouest au nord-est.