‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 63 sur 364 · PROFIL DES VERSANTS · texte numérisé non relu

PROFIL DES VERSANTS

Profil des versants. — Dans un terrain formé de couches horizontales ou très peu inclinées, le raccordement des versants avec les surfaces culminantes se fera de diverses manières.

Nous venons de parler du cas où un couronnement dur forme les sommets, donnant lieu à des crêtes parfaitement accusées, qui sont les lignes terminales d*un escarpement abrupt (fig. 45). La netleté avec laquelle cet escarpement se maintient dans leâ régions de calcaire à entroques tient à ce que les infiltrations qui se produisent à son pied délayent Targile sous-jacente et provoqueut de temps en temps des éboulements. C'est parce qu'une action de ce genre fait complètement défaut dans la région des sables de Fontainebleau, que la plate-forme gréseuse ne dessine pas d'affleurement continu visible. Elle ne se révèle que par les

Fig. 45. — Versant meuble avec couronne- Fig. 46. — Adoucissement de la pente d'un

ment dur. -versant.

blocs qu'elle a abandonnés sur les pentes, à mesure que se façonnaient les versants.

Si une couche solide vient s'interposer, près du sommet du versant, entre deux assises faciles à dégrader, le profil, durant la phase de creusement, s'établira (fig, 46) suivant ABCD, et il y aura séparation tranchée entre le versant deboutBD, et le versant couché ABy l'escarpement BC venant s'interposer entre les deux courbes. Mais plus tard, les influences atmosphériques, s'exerçant seules, dégraderont la protubérance BC, et le profil final comportera une partie franchement convexe AE, prolongée en bas par un talus concave ED. Il en résultera un profil analogue à celui des dotons. Du reste, la forte convexité de ceux-ci tient souvent à ce que la partie supérieure est formée par une craie plus dure, couronnant la craie marneuse qui affleure sur les versants inférieurs. Mais cette condition n'est pas nécessaire, et le seul fait que les influences atmosphériques s'exercent seules, sans formation de rigoles, entraîne dans tout terrain homogène le raccordement par courbe convexe du versant avec la plate-forme.

Seulement cet adoucissement de la courbe, par atrophie de l'es-

ijarpementen roche dure, a lieu principalement sur les versants où l'action pluviale est seule à s'exercer. Dans les thalwegs, où persiste, sinon le creusement, du moins l'enlèvement rapide des matériaux, l'escarpement se maintient. De là vient que beaucoup de vallons débutent, en amont, par une falaise en forme de petit cirque. C'est ce qu'en Bourgogne on appelle un bout du inonde ' , parce que, parvenu en ce point après avoir remonté le fond du vallon, il est généralement impossible d'en sortir autrement qu'en revenant' sur ses pas. Du reste, pour être plus persistante que le profil primitif des versants, cette structure n'est pas moins destinée.

Fig. 47. — Coupo d'un hachem (d'après M. do Larminat).

à la longue, à subir l'inévitable loi de l'adoucissement du relief.

Ici doit être mentionnée une intéressante structure, celle des cirques ou hachem de Tunisie *.

Un hachem est un cirque formé par une ceinture de petits

Fig. 48. — Genôse d'un hachem.

cônes, généralement situés sur le prolongement d'un éperon d'une falaise voisine, dont le couronnement est fait de roche dure. Les pentes les plus raides de ces cônes, zï (fig. 47), sont tournées vers l'intérieur et laissent voir sur les bords des fragments de roches dures. Les pentes extérieures e sont également d'éboulis durs, tandis que sur. le fond / on n'aperçoit que des couches tendres à .surface unie. Voici comment M. de Larminat a expliqué cette structure :

Un éperon de la falaise (fig. 48) avait primitivement la section DABE, AB étant la couche dure qui protégeait les talus plus ^tendres. Peu à peu le couronnement AB s'est rétréci, d'abord en

1. Les Formes du teii'ain, p. 94. — 2. De Larminat, Annales de Géographie, 1896, -p. 401.

Page 1