FORMATIONS ÉRUPTIVES ET GLACIAIRES
principales cheminées. Mais, pour des éruptions plus anciennes, ces vestiges font défaut.
Coulées. — Les coulées des volcans actuels ne s'étendent ordinairement que sur des espaces limités. Mais il y a des cas où, en s'ajoutant latéralement les unes aux autres, des coulées ont fini par s'étaler sur d'énormes superficies. C*est ce qui a eu lieu en Islande, mais surtout à l'ouest des Montagnes Rocheuses, où, dans l'Orégon, ridaho et les contrées adjacentes, les laves couvrent un territoire plus grand que celui de la France et de la Grande-Bretagne réunies. Alors vraiment il peut être question d'un paysage spécial à cette nature de produits. La coulée basaltique du Snake River, en Idaho, est remarquable entre toutes par l'uniformité de sa surface. Dans les parties où elle n'a pas été ultérieurement disloquée par des failles, c'est une plaide immense, où nulle influence directrice ne 'se manifeste, et le régime hydrographique y est encore dans l'enfance.
Avec le temps, une coulée de lave se disloque, l'érosion profitant à la fois des différences de compacité et des fissures de retrait pour découper la masse en fragments, dont les plus durs finissent par demeurer isolés. C'est de cette façon que l'ancien manteau basaltique et andésitique du Cantal, formé de grandes coulées juxtaposées, n'a laissé, au voisinage du centre primitif d'épanchement, que de^ lambeaux plus ou moins découpés. Quelques-uns, comme le Puy Mary, ont pris accidentellement une forme conique, et à voir de loin ces cimes pointues, dominant un territoire qu'on sait volcanique, on se croirait fondé à y reconnaître des cônes d'éruption. Ce ne sont pourtant que des ruines de coulées, isolées par une puissante érosion.
Parmi les laves épanchées à l'air libre, il en est, comme les eheires d'Auvergne, dont la surface est absolument chaotique, c'est-à-dire hérissée de blocs déchiquetés, représentant le conflit des scories charriées par une coulée en mouvement. Ces blocs, par les intervalles qu'ils laissent entre eux, facilitent l'infiltration des eaux, de sorte que la cheire -garde longtemps ses caractères, n'étant guère exposée qu'à l'altération chimique par les agents atmosphériques. La pellicule ferrugineuse qui peut ainsi se former est d'ailleurs progressivement entraînée par la pluie. Aussi voit-on des coulées, comme celle de Cotteuge, près d'Issoire, qui, après plusieurs milliers d'années, conservent encore toute la fraîcheur de leurs formes.
D'autres coulées ont reçu, des circonstances de leur refroidisse-
COLONNADES BASALTIQUES. LACCOLITHES
ment, une structure de retrait, qui les a divisées, au moins à la base, en prismes ou en colonnes le plus souvent hexagonales. L'érosion, en mettant à nu cette structure, fait apparaître les orgites basaltiques et les colonnades bien connues, parfois avec obélisques isolés, de certaines contrées volcaniques (%. 49). Quand les prismes affleurent par leurs tranches, il en résulte une sorte de
Fig. 49. — Colonnades basaltiques de Tile de Mull (Ecosse). .
pavage naturel, d apparence cyclopéenne, ce quexprime le nom de chaussée des géants.
Culots éruptifs et massifiB d'injection. Xjaccolithes. — Beaucoup de roches éruptives n'ont pas vu le jour avant leur consolidation, ayant pris Tétat solide, soit dans les profondeurs d'un volcan avant son extinction, soit dans les crevasses souterraines où elles ont été injectées. Elles doivent à ces circonstances une plus grande compacité et, le plus souvent, leur masse est exempte des fissures de retrait qui caractérisent les laves épanchées à l'air libre. Aussi,
no FORMATIONS ÉRL'PTIVES ET GLACIAinES
avec le temps, Térosion dispersant les formations plus meubles qui les entourent, ces culots apparaissent-ils, demeurant en saillie sur le terrain environnant. Ainsi naissent des dômes^ des pics, parfois même des aiguilles,
La figure 50 représente ce qu'on appelle dans la Haute-Loire le suc de Monac. C'est un culot de trachyte, que sa résistance a préservé, et qui se dresse à l'ouest du Mont-Ghanis, près de Saint- Julien-Ghapteuil.
Certains culots d'injection donnent lieu, dans la topographie, à
Fig. 50. — Le « Suc i» do Monac (Hautc-I^irc). — (Photographie de M. Boule.)
des formes particulièrement inattendues. Ce sont ceux que les géologues américains ont qualifiés de laccolithes, et qui résultent de l'intumescence d'une lave confinée dans la profondeur, où elle a fait sa place en courbant en dôme, mais seulement dans son voisinage immédiat, les assises sédimentaires encaissantes. Une fois ces dernières dispersées par l'érosion, il reste des massifs plus durs, faisant saillie au-dessus d'un ensemble de terrains à stratification horizontale, avec lesquels ils contrastent singulièrement par leurs contours. La contrée de Piatigorsk, sur le flanc nord du Caucase, en ofi're de remarquables exemples.
Massifs de granité. — C'est dans la catégorie des injections qu'il convient de faire rentrer les massifs de granité, si abondants