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Fig. 67. — Lo Grand Glon d' Ecosse.
comme celle qiii limite au sud-est Tîle de Skye, aux dislocations qui ont morcelé Tancienne terre écossaise, lors de l'ouverture de l'Atlantique septentrional. Môme les tremblements de terre qu'on ressent de temps à autre à Inverness attestent que cette région n'a pas encore atteint un équilibre définitif.
Vallées des Qords norvégiens. — Pour être moins exactement rectilignes, les vallées qui aboutissent aux fjords de la Norvège méridionale n'en traduisent pas moins avec une grande netteté l'influence exercée par les dislocations sur lo modelé du terrain. Certains districts se montrent divisés en compartiments à peu près quadrangulaires (fig. 68), par des cassures que suivent des fjords,
FJORDS NORVEGIENS
des lacs étroits, des vallées profondes ou de simples cluses rectilignes. Ces cluses font communiquer ensemble deux ou plusieurs vallées voisines, ne laissant parfois subsister de l'une à l'autre que des cols insignifiants. Plus d'un de ces cols, dominé à droite et à gauche par des escarpements dépassant 1000 mètres, n'atteint pas c«nt mètres d'altitude. D'ailleurs les déchirures, au lieu d'accuser \ine moindre résistance du terrain, sont ouvertes justement dans les roches les plus dures, et si l'érosion en a façonné les parois, ce
Fig. 68. — Fragment do topographie norvégienne. Environs du Norstrands fjord, par 59** 20* lai. N. Échelle 1 à 618.000. — 1, profondeurs de 0 à 500 mètres; 2, profondeurs supérieures a 500 mètres ; 3, vallées et cluses.
n'est pas elle qui les a engendrées. Kjerulf les a qualifiées de traits ^incision et a essayé de donner un schéma du réseau qu'elles forment dans tout le pays.
11 est vrai que la fraîcheur avec laquelle ces formes se présentent aujourd'hui tient en partie à ce que la glace les occupait encore il y a quelques milliers d'années ; de telle sorte que, débarrassées par ce puissant outil de tous les matériaux meubles qui en adoucissaient plus ou moins les flancs, les déchirures norvégiennes n'ont pas encore eu le temps d'être oblitérées par le jeu naturel des eaux courantes. Mais ce qui se trahit par-dessus tout
dans leur allure, c'est l'état de dislocation du sol, causé parTeffondrement assez récent de l'Atlantique nord. Cet effondrement a fait naître une série de cassures au bord du massif Scandinave, depuis longtemps raboté par les agents atmosphériques, et relevé vers l'ouest par ce mouvement. Pour cette cause, les cassures en question n'ont, dans leur tracé, aucun rapport avec la constitution géologique du massif qu'elles découpent ; et c'est surtout par ce caractère, combiné avec le morcellement si complet de la surface terminale du terrain, qu'elles s'écartent des vallées d'érosion normales - Pour le même motif, elles offrent des inégalités dont les cours d'eau n'ont pas encore eu le temps de triompher. De là vient que certaines vallées aboutissant à des fjords sont moins des vallées proprement dites que des chapelets de lacs retenus par des seuils rocheux, et dont quelques-uns, résultat d'un effondrement, descendent à des profondeurs notables au-dessous du niveau de la mer- La façon dont les cours d'eau s'enchevêtrent en quelque sorte les uns dans les autres, ajoutée à l'abondance des rapides et des cascades, dit assez qu'il s'agit d'une topographie à peine ébauchée, sans doute parce que les dislocations sont de date trop récente.
Effondrements locaux. — Lors des grands mouvements orogéniques, il paraît inévitable que certaines parties des régions plissées et disloquées viennent à se trouver dans des conditions de pente indécise, qui n'en permettent pas le façonnement rapide par les eaux courantes. Il en peut résulter la formation de cols tectoniques^ et en même temps des portions de ces cols, plus déprimées, abriteront de petits lacs à fond de rocher, qui se maintiendront s'il ne leur vient pas, du voisinage, d'apports susceptibles de les combler rapidement. Telle pourrait être, selon M. Delebecque*, l'origine de la série des lacs en escalier qu'on observe dans l'Isère, aux Sept- Laux. L'un d'eux, le lac de Cotepen, situé à 2131 mètres, a 70 mètres de profondeur. Il est dominé à 2182 mètres par un lac de 42 mètres, à 2217 par un troisième qui ail mètres de fond.
A côté de ces cavités sans importance, il en est d'autres, plus étendues, qui se forment par effondrement dans les synclinaux d'une chaîne plissée, lorsque plus tard cette chaîne vient à subir une dislocation qui la morcelle. Si, de plus, il s'agit de massifs calcaires, où les cavités produites se maintiennent mieux que dans une autre nature de terrains, cette combinaison de circonstances engendrera de grands lacs.
1. BibU univ. de Genève, Archives des sciences, 1892, p. 482. Notons cependant que rorigine glaciaire de ces lacs parait au moins aussi vraisemblable.