LACS D ALBANIE
Il paraît à propos de ranger dans cette catégorie ce qu'on appelle hskcs dessaréliques dWlbanie*, lacs situés au cœur de la région plisséeet disloquée qui prolonge les Alpes dinariques, à proximité des effondrements caractéristiques de la Thessalie et de la Macédoine. Il en existe deux principaux, occupant ensemble une surface égale à celle du lac de Constance, le lac d'Okrida et le lac Presba ouPreswa (fig. 69), situés le premier à 690, le second à 850 mètres
Lt:> lues» d'Albanie*.
d'altitude. Une étroite arête calcaire les sépare, s'élevant à 2043 mètres, et tandis que le lac d^Okrida s'écoule au nord par le Drin, l'autre ne peut se vider que par des fissures invisibles. On suppose que cet écoulement souterrain alimente les sources puissantes qui se font jour à la pointe sud de l'Okrida. Ce dernier lac est remarquable parla forme presque rigoureusement rectiligne de sa rive occidentale, située exactement dans le prolongement de la vallée du Drin, tandis qu'au sud du lac, mais avec un seuil intermédiaire, s'étend dans la même direction une gorge aboutissant au lac Malik, dans le centre du bassin qu'arrose le Devol. L'abon-
*. KirchhofTs, Lànderkunde, II, ?,
dance des émanations sulfureuses et des sources thermales le long* de cette ligne plaide en faveur d'une dislocation de date relativement récente.
Tout contre le lac Presba, et au même niveau, séparé de lui par une langue de terre qui a moins de 40 pas, un autre lac, le Ventrok, au lieu de se réunir au précédent, contourne une crête étroite et se vide au sud-ouest dans le Devol par un canal en partie souterrain. Tout près de ce canal, le massif calcaire est traversé par une très curieuse fente, dite la Gorge du Loup, qui, avec des parois de 800 mètres de hauteur, n'offre que 4 à 5 mètres de largeur au fond.
Cirques. — La plupart des régions plissées de haut relief ont un noyau généralement formé par des roches cristallines et massives, qui résistent mieux à l'érosion que les terrains de la périphérie. Aussi, quand le travail du creusement des vallées atteint ce noyau, l'approfondissement du lit devient-il beaucoup plus difficile; et c'est dans une cascade verticale que se dépense la force de l'eau courante. D'autre part, le hasard fait parfois apparaître, au cœur de la chaîne, certaines couches particulièrement compactes et résistantes, comme les calcaires crétacés et tertiaires qui,. au-dessus de Gavarnie, viennent recouvrir presque horizontalement les micaschistes. Minées par la base, ces roches s'écroulent par tranches verticales, jusqu'à ce que le thalweg en atteigne le pied. Alors c'est un cirque qui se forme, comme c'est le cas à Gavarnie, à Estaubé, à Troumouse, etc. Ces grands cirques, situés à l'origine d'un cours d'eau, représentent l'exagération de ce que nous avons vu se pro- ■ duire dans les petites vallées, où la naissance d'un thalweg se fait au pied d'un escarpement circulaire dit bout du monde *. Lorsque, comme à Gavarnie, la falaise du cirque est entaillée dans des couches horizontales, l'escarpement a naturellement une tendance à se diviser en gradins réguliers,- en retraite les uns sur les autres.
Mais à côté de ces grands cirques de vallées, il en est d'autres, plus petits et situés d'ordinaire à de plus fortes altitudes, et dont la formation, inexplicable par l'eau courante, paraît assez liée à l'action glaciaire pour que nous en ajournions l'examen à ce cha pitre.
Caractères généraux des massifs diBloq[uéB. — Dans les régions disloquées, la complication des structures marche généralement de pair avec une grande variété d'affleurements, ainsi qu'avec une