EVOLUTION D'UN RÉSEAU
lions de pente de la surface leur indiquent le plus naturellement, quelles que doivent être d'ailleurs les difficultés qu'elles y rencontreront plus tard pour l'approfondissement de leurs lits. La charge de matériaux solides qu'elles déplacent est peu considérable ; car elle n'est empruntée qu'à la superficie des versants d'un réseau à peine ébauché.
Dans \b. jeunesse et V adolescence, les lignes de drainage se multiplient et deviennent de plus en plus aptes à fournir aux eaux pluviales un écoulement rapide. De nombreux sillons sont déjà creusés dans la surface structurale, diminuant beaucoup la part du ruissellement qui peut échapper à la concentration finale. Les arrêts lacustres sont moindres ou tout au moins ne sont plus isolés, la liaison s'établissant par des rapides et des cascades de récente formation. Les versants rai des des vallées conséquentes qui viennent de se fixer, au prix de l'abandon partiel des tracés primitifs, en conformité des exigences du terrain entamé, fournissent aux rivières encore torrentielles une quantité croissante de matériaux solides. Les essais que font les eaux affluentes pour se loger dans des lits subséquents commencent à donner des résultats définitifs. En s'affirmant, ces cours d'eau secondaires découpent en mille endroits les anciennes pentes de la surface structurale. Alix lignes de faîte de cette dernière s'ajoutent une foule d'arêtes de partage subséquentes^ dont la migration comporte de fréquents accidents de capture. L'écoulement des pluies devient plus rapide, et la charge que les rivières ont à transporter augmente notablement.
Maturité du réseau. — Alors arrive la période de maturité. Le relief garde encore une grande part de l'intensité qu'il avait acquise durant la phase d'adolescence; mais il s'y joint une extrême variété de détails. Tous les affluents sont définis; il ne reste plus de pentes indécises et, dans la plus grande partie du bassin, le travail du creusement est presque achevé, de sorte que les courbes des cours d'eau sont régularisées. Le tracé des thalwegs s'est complètement adapté à la structure du terrain, grâce à un processus délicat et continu de sélection naturelle, en vertu duquel les parties qui s'accordaient le mieux avec cette structure survivent seules, tandis que les autres s'atrophient ou disparaissent. L'impétuosité de la jeunesse a fait place à un régime d'équilibre, et si les branches du cours supérieur, où la marche régressive du creusement n'a pas encore dit son dernier mot, laissent encore voir plus d'un trait caractéristique de l'adolescence, déjà la vieillesse commence à faire son apparition dans les tronçons inférieurs.
CYCLE D'ÉROSION, APLANISSEMENT FINAL
A cet état, les cours d'eau principaux se divisent tous en trois tronçons : Tun, supérieur, où persiste le régime torrentiel, avec cascades et modification du lit aussi bien que des versants; le second, moyen, où il ne se fait ni creusement ni dépôt permanent; le troisième, inférieur, où le cours d'eau, pourvu d'un débit notable, s'étale largement dans ses crues, engendrant par le dépôt des matériaux transportés^ une j^/aiwe alluviale ou plaine de débordement.
Fig. "ti. — Torront des Alpes, avec barrages pour briser la ponto.
Partie torrentielle. — Ainsi que nous l'avons indiqué précédemment, le régime torrentiel du tronçon supérieur résulte de la forme en entowioir^ que prennent nécessairement les versants à l'origine d'un thalweg. A cette influence s'ajoute celle des pentes accentuées que présente, dans sa partie haute, un bassin limité par des montagnes. De plus, au cœur d'un massif accidenté qui n'a pas encore subi Teflort d'une trop longue érosion, la plupart de ces fortes pentes sont convergentes, de sorte que les eaux sauvages^ après avoir dégradé, selon sa consistance, le terrain sur lequel elles coulent, se réunissent eii ton^enls (fig 72). L'eau courante y acquiert des vitesses de 12 mètres et phis par seconde, ce qui la