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MOUVEMENTS POSITIFS

Aussi les canyons étant creusés dans la masse inférieure, la surface de celle-ci dessine-t-elle un plateau boisé, dominé çà et là par des restes escarpés de la masse supérieure, dont le morcellement offre les mêmes sinuosités que le réseau hydrog-raphique du grès de la base. De là l'aspect tout particulier de la région.

Mouvements positifs. — Un déplacement positif du niveau de base a pour premier effet de faire remonter Thorizontale, à laquelle Vêlement initial du profil d'équilibre aboutissait tangentiellement. Cette horizontale, si le mouvement a été un peu brusque, vient donc couper la courbe sous un certain angle, ce qui, théoriquement, exige que celle-ci se creuse un peu pour rétablir le contact tangentiel.

Mais, par le fait, l'ascension du niveau de base est toujours assez lente et, à moins que le cours d'eau n'ait une pente très rapide, la modification du profil ne peut guère être sensible sur la partie basse d'un cours depuis longtemps régularisé. Ce qui se produit surtout, c'est une ascension progressive du point où le fleuve cesse de pouvoir charrier des alluvions. La plaine alluviale s'élève donc peu à peu et gagne du terrain vers l'amont, faisant refluer au fur et à mesure les plaines alluviales des principaux affluents.

Quand l'immersion a fait de notables progrès, et que la mer a ainsi pénétré jusque dans les affluents du cours inférieur, non seulement les rivières sont raccourcies d'autant, mais au lieu de se réunir, comme auparavant, en un tronc commun, elles sont désormais séparées, et deviennent des affluents directs du golfe qui a remplacé l'ancien tronc principal et ses premières ramifications. Ce sont des cours d'eau tronqués, suivant l'expression de M. Davis; et comme ils ne peuvent plus subir l'influence qu'exerçait sur eux autrefois le régime du tronc principal, l'œuvre de modelé qu'ils poursuivaient en amont se trouve en partie paralysée.

A la fin d'un tel cycle, on doit trouver des vallées sinueuses dont le fond très plat remonte fort loin dans l'intérieur (comme c'est le cas, par exemple, pour la côte du Pays de Galles), et contraste avec la raideur relative des pentes encaissantes, façonnées par le cycle précédent.

Si l'ascension du niveau de base a été assez rapide pour que le comblement des vallées submergées n'ait pas pu marcher pari passu, c'est la mer elle-même qui pénètre dans les découpures de la terre ferme, engendrant des golfes étroits et de profondeur notable, lesquels subsisteront jusqu'à ce que le jeu naturel des érosions en ait pu amener le comblement. Le trait caractéristique de ces golfes

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est de former des sillons immergés qui se prolongent au loin sous la mer, trahissant une vallée dont le creusement n'est imputable ni aux vagues ni aux courants marins. En avant subsistent des chaînes d'îles alignées; ce sont les points culminants des anciennes croies qui séparaient auparavant deux vallées limitrophes, Tune et l'autre creusées à l'air libre.

Les golfes de ce genre se répartissent entre plusieurs catégories distinctes, dont chacune trahit l'intervention de structures spéciales ou de phénomènes orogéniques déterminés. Nous en réserverons l'étude pour le chapitre relatif au modelé des rivages.

Déformation de vallées. Effondrements locaux. — Si le déplacement négatif du niveau de base résulte du soulèvement en masse d'une région, il peut se faire que celle-ci, en s'élevant, soit disloquée par des fractures, limitant des compartiments qui n'exécutent pas tous des mouvements concordants. En pareil cas, la descente d'un cours d'eau est exposée à une déformation du thalweg, pouvant faire naître des ombilics où se logeront des lacs. Il se formera des cascades et des rapides, de la lèvre soulevée d'une fracture à la lèvre affaissée.

Ces circonstances paraissent s'être produites pour les vallées qui aboutissent aux fjords de la Norvège méridionale. Nous avons déjà parlé * de l'état manifeste de dislocation du terrain dans cette région. Le nombre prodigieux des cascades, la multitude des lacs en chapelet, contenus pour la plupart dans des bassins en pleine roche, enfin et surtout le remarquable parallélisme de certains éléments dans le tracé des gorges voisines, semblent indiquer que l'état de dislocation du pays a été le facteur prédominant dans la production de ce mode de structure. Il y a là un réseau inachevé et troublé, occupant précisément cette bande littorale où l'ancien plateau Scandinave, relevé au nord-ouest par un mouvement de bascule, a dû être tranché par l'effondrement assez récent de l'Atlantique nord.

A ce mode de dislocation se rattachent les effondrements locaux, accomplis le long de lignes de fracture, comme par exemple les crevasses, de formation très récente, qui ont découpé en bandes certaines parties de la grande nappe de lave de l'Orégon. Ces effondrements ne peuvent pas avoir partout la même amplitude, et aux points où se produit le maximum de descente, il naît des dépressions, destinées à servir de réservoirs aux eaux. Plusieurs

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