Geographical Journal, juillet et août
de profondeur à la cote — 30. Nulle part les eaux ne sont retenues à Taval par des barrages morainiques, et le profil en long de la partie sous-lacustre fait ressortir des fosses indépendantes, exactement comme dans les fjords.
Origine des lacs. Relief du pays. — En somme, la seule différence qu'il y ait entre ces lacs et les lochs d'Ecosse, c'est qu'un climat ])lus doux a chassé les glaciers du Cumberland plus tôt que des Highlands. L'œuvre du comblement des dépressions et de l'adoucissement des pentes y est donc plus avancée, et c'est ainsi qu'ont déjà disparu sous les alluvions les anciens lacs d'Ennerdale, de Borrowdale, de Langdale, etc.; c'est ainsi également que s'est opérée la séparation du DerwentwateretduBassenthwaite, grâce à l'apport continuel des rivières affluentes, pendant que presque partout les versants perdaient leur raideur originelle et que des deltas ûuviaux diminuaient l'ampleur des lacs. Ce travail atténue la sévérité primitive de la région, et, avec l'aide de la riche végétation entretenue par le climat, le District des Lacs a conquis le charme particulier qu'on s'accorde à lui reconnaître. Mais l'origine première des cavités lacustres est la même qu'en Ecosse, et doit être avant tout cherchée dans la dislocation d'un massif ancien, sculpté par les eaux courantes et ultérieurement envahi par les glaciers. A l'époque où le comblement des lacs n'avait pas encore commencé, la réunion en une seule nappe de Thirlmere, Grasmere, Rydal- Water, Langdale, Coniston, Esthwaite et Windermere, devait engendrer quelque chose de très analogue au lac suisse des Quatre- Cantons.
Le relief de la région résulte à la fois des cassures qui l'ont morcelée, des différences de résistance à l'érosion offertes par les sédiments primaires, mélangés en ce pays de nappes éruptives et de tufs, enfin de l'action glaciaire. A cette dernière doivent être attribués la plupart des tarns ou petits lacs sans profondeur, retenus d'ordinaire par des accumulations morainiques, et presque tous envahis par la tourbe, dont la croissance est favorisée par l'extrême humidité du climat.
M. Mill a fait remarquer que la disposition des vallées du massif était essentiellement rayonnante. Cela donne à penser que le réseau hydrographique pourrait être l'héritage d'un très ancien passé, remontant à l'époque où les cimes, aujourd'hui très isolées, du Scafell, de l'Helvellyn et du Fairfield, auraient fait p artie d'un même dôme, plus tard démantelé par dislocation et érosion .
Sur le flanc oriental du District des Lacs, et à titre de dépen-
ice du massif ancien de l'ouest de TAngleterre, s'étend la chaîne %nin€y où les formations carbonifériennes redressées engendrent territoire montagneux (d'où le nom de mouniaiyi limestone ou zaire de montagne ^ originairement donné au calcaire carbonifère), territoire, bien plus élevé dans l'origine, a réussi à garder ore un relief notable. Il s'étend jusqu'aux Monts Cheviots du rthumberland, et les roches tendres du terrain houiller, qui nnent s'y superposer dès Newcastle, adoucissent la topographie son bord extérieur.
Pays de Galles. — Le Pays de Galles offre une constitution très dogue à celle du Cumberland. Plus encore que dans ce dernier trict, les influences atmosphériques et glaciaires y ont adouci une ographie qui devait être assez heurtée et dont les traits, bien indi- ^s par l'alignement de diverses hauteurs, surtout par la direction promontoire de Caernarvon, concordent absolument avec ceux . Highlands. Les fjords et les lacs ont été comblés, et ne font s aujourd'hui que des vallées sinueuses à fond très plat, dais l'état de dislocation du terrain a moins contribué à déterler son relief actuel que la très grande variété des roches qui rencontrent. Aux époques anciennes, le Pays de Galles a été centre remarquable d'activité éruptive. Les tufs et les laves ient édifié d'énormes massifs, dont quelques-uns subsistent ;ore, en partie, à l'état de cimes culminantes, tels que le Cader is et le Snowdon (1094 mètres). La résistance offerte par des es d'âge silurien a déterminé la direction et la forme de pluiirs vallées, en faisant naître, notamment aux environs de Tredoc, des paysages très semblables à ceux qu'on peut observer is les districts volcaniques modernes.
)'ailleurs, si le relief de cette région fort ancienne est encore isi accentué, c'est qu'il a été rajeuni par le mouvement de base qui a dû, lors de la formation de l'Atlantique, relever toutes terres britanniques vers l'ouest.
)epuis le nord de l'Angleterre jusqu'au Pays de Galles, les cous primaires se montrent accidentées de plis, qui marquent les ines des montagnes dressées à cette place vers la fin des temps bonifériens. Or ces plis, très visibles dans le Pays de Galles, en jon de l'érosion qui a mis en saillie les bandes les plus dures, ifléchissent progressivement de telle sorte que leur direction, bord à peu près méridienne, est devenue est-ouest en arrivant cap de Saint-David.
)'un autre côté, dans la Cornouaille, qui va nous occuper, et
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dans le Devonshire, on retrouve les plis primaires alignés à Fesl ■ /-?tavec légère tendance au sud. On peut donc dire que rembouchare Wi*^ de la Severn marque un point de rebroussemenl, à partir duquel t'-d^'^ les ondulations de la chaîne carboniférienne se déployaient en 1^^^ éventail. Cet éventail s*ouvre à Test, et il est à présumer qu entre W^ *, ses branches extrêmes devait se trouver une région déprimée. En 1 % effet, c'est là que la mer est revenue dès l'époque du trias, et ■^•t3 depuis lors cette région du bassin de Londres, de la mer du Nord m ^ et de la Baltique a été prescjue constamment une aire de sédimentation marine. Ainsi son rôle était esquissé de longue date.
Comouaille. — Le promontoire de la Cornouaille est beaucou ]K moins varié comme composition que le pays de Galles; aus^^^ offre-t-il une surface bien plus uniforme, et très analogue à celK ^ delà Bretagne française; d'autant plus que le granité y est abor ^ dant. De plus, recevant le premier choc des vagues atlantique*^^* poussées par les vents d'ouest, il est remarquablement découp» ^^ par l'érosion marine, surtout aux abords du cap Lizard. En avan ^^^ du Land's End, les îles Scilly donnent une idée de l'extension qu^ ^^ devait avoir autrefois, vers l'ouest, ce massif aujourd'hui sît -^^ réduit.
Une protubérance, s'élevant jusqu'à près de 600 mètres, 1^^ -*® domine à l'est; c'est le noyau granitique de Dartmoor, mass^^^^^ injectée à travers les schistes primaires. La séparation entre cc^^ "^^ territoire et la Cornouaille est très nette, grâce à la vallée recti-î^-*^' ligne du Tamor qui, naissant presque à la pointe de Hartland, sur^ ^^^ le canal de Bristol, vient aboutir à Plvmouth, accusant bie l'absence de toute arête orographique longitudinale dans le pr monloire (ju'elle traverse.
Région orientale. Allure générale. — La Région anglaise orien-— -^^ taie se détache d'autant mieux, comme topographie, de la bande ^^ ^ des terrains i)rimaires, que la jonction des deux territoires se ^:^^^ fait par un ruban de roches facilement altérables, appartenant aux systèmes perrnien et triasique. L'affleurement de ces roches, grès et marnes généralement rougeâlres (d'où le nom de new red sandstone ou nouveau grès rouffe, par opposition au vieux grès rouge (lévonien), se traduit par une zone de terres basses.
Au delà de cette bande, où se sont établis la Severn, la Mersey et le cours supéiieur du Trent, les divers étages secondaires pion- - — ^ gent avec régularité les uns sous les autres, de sorte que leurs ^^'^' affleurements se succèdent en bandes parallèles, en même temps ^=^ ^^
i]ue les différences de dureté font naître une structure en gradins \ A.UX zones basses, engendrées par l'apparition au jour des couches faiblement résistantes, succèdent des escarpements, au front tourné vers Touest, où se montre la tranche des assises dures. Ces derlières sont surtout constituées par les calcaires oolithiques du >ystème jurassique et par la craie blanche.
A partir des crôtes des escarpements s'étendent, descendant ioucement vers la mer, et appuyées sur la plate-forme résistante, des plaines remarquablement uniformes, qui se poursuivent, les unes à travers les comtés d'York, de Lincoln, d'Oxford, les autres dans le Surrey et le Kent. Cet ensemble est accidenté, à Test, par les deux dépressions de THumber et du Wash, en même temps qu'au sud son allure est un peu troublée par le dôme wealdien, dont il sera question plus loin. Enfin, jusqu'à une ligne qui, de la pointe sud-ouest du pays de Galles, remonte à Birmingham pour redescendre jusqu'à la limite des pays de Suffolk et d'Essex, les traces du passage des anciens glaciers sont visibles à la surface sous la forme de V argile à blocaux {boulder-clay)^ d'autant plus épaisse et d'autant mieux caractérisée qu'on remonte davantage au nord-ouest.
Histoire de la région. — Pour l'intelligence du réseau hydrographique de l'Angleterre orientale, il convient de se souvenir que le pays, dont l'histoire géologique est très simple à dater de la fin de l'ère primaire, a dû traverser au moins trois cycles d'érosion bien marqués *.
D'abord, après les temps carbonifériens, toute la Grande-Brotagne, ou à peu près, était émergée, et il s'y dressait des montagnes importantes, dont la chaîne Pennine est un reste. Une assez longue érosion les avait fait disparaître en grande partie, avant que la mer s'avançât de nouveau jusqu'à la lisière actuelle du massif paléozoïque. Cette transgression marine a d'abord été lente et indécise, ne donnant lieu qu'à des lagunes saumâtres; mais elle est devenue franche après le trias, et depuis lors le régime marin a persisté, sans jamais perdre d'ailleurs le caractère sublittoral, jusqu'à la fin des temps jurassiques. Alors la contrée a traversé une nouvelle phase d'émersion. La mer n'y subsistait plus qu'au nord, sur un coin du comté d'York. Un fleuve important, né dans les montagnes de l'ouest, et suivant à peu près la direction de la