‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 116 sur 216 · UiitekHft der GeselUchafi fur Erdkunde, KeriiD · texte numérisé non relu

UiitekHft der GeselUchafi fur Erdkunde, KeriiD

Caractères généraux de la contrée. — La Russie d'Europe constitue, dans le monde, une exception absolument unique. C'est le seul territoire connu qui, sans avoir traversé de très longues phases d'émersion, se soit, de[)uis le début des temps siluriens, montré, sur toute son étendue, constamment réfractaire aux efforts de plissement comme à ceux de morcellement. Une plate-forme îirchéenne, qui affleure largement en Finlande, pour se retrouver i 200 mètres sous Saint-Pétersbourg, que le soulèvement de i*Oural ramène au jour, et que les vallées de l'Ukraine laissent voir sur leur fond, y supporte une série sédimentaire variée, mais exclusivement composée de couches horizontales et exemptes de tout métamorphisme. Tantôt la mer s'est avancée en transgression sur cette plate-forme, tantôt elle s'en est retirée ; cependant aucune de ces alternatives n'a dérangé sensiblement l'assiette des sédiments. D'ailleurs la totalité des temps tertiaires a passé sur la Russie (sauf dans le sud) sans interrompre le régime continental, ce qui a encore facilité l'aplanissement de la contrée, et la grande moraine glaciaire, qui en a recouvert au moins les deux tiers, n*a rien changé à cet état de choses.

Telles sont les causes du relief insignifiant de la Russie, qui n'en comporte pas moins un dessin hydrographique exempt d'indécision. Le caractère le plus net de ce dessin, c'est la prédominance de l'alignement au nord-ouest, accusée aussi bien par la direction des hauteurs (collines de la Finlande, hauteurs culminantes entre Saint-Pétersbourg et le Donetz), que par celle des cours d^eau (rivières de la Finlande, de la Livonie et de la Courlande, cours moyen de la Vistule et du Dniepr, cours supérieur du Don, partie inférieure du Volga).

Cet alignement, à peu près parallèle à celui des Sudètes et des Carpathes de Transylvanie, paraît caractériser aussi le bord sudoccidental de la plate-forme archéenne, qui reparaît dans les vallées affluentes du Boug et du Dniepr, sans empiéter sur le bassin di

Dniester. Grêlait évidemment une ligne de résistance, qui n'a pu manquer de se faire sentir lors des poussées orogéniques.

Conditions de pente. Rôle historique du massif. — Sur un

territoire aussi plat, peu de chose a dû suffire pour déterminer le

»ens de l'écoulement des eaux dans la partie médiane. Or il est à

T'emarquer que la limite méridionale du terrain glaciaire, laquelle

pa,sse non loin de Kiev pour remonter vers le golfe Tcheskaïa, se

tient tout le temps à une distance relativement faible de la ligne

de partage entre les eaux septentrionales et le bassin de la mer

Koire. Le dépôt des moraines terminales a donc dû exercer une

influence sur le tracé de cette ligne.

Du reste, la notion de partage des eaux n*a pour ainsi dire pas de signification dans un pays où, d'une mer à l'autre, sur près de 26 degrés de latitude, on peut circuler sans rencontrer un seul point qui s'élève à 300 mètres au-dessus de la mer. La pente moyenne du Volga, de la source à Tembouchure, n'atteint P*»îFVr»- Un des affluents île ce fleuve, la rivière Mologa, reçoit Un tributaire dont la source n'est distante que de 140 kilomètres «nviron du lac Ladoga, avec lequel on Ta fait communiquer par Un canal où l'altitude du seuil est inférieure à i80 mètres. Le ïïième enchevêtrement a lieu, dans les marais de la Podiésie, pour les affluents du Dniepr et ceux de la Vistule.

C'était donc un pays particulièrement prédestiné à l'unité que ^^ immense terre, où aucun obstacle n'empêche la libre circulation dans tous les sens, où l'on passe par transitions insensibles ^«s conditions physiques de la Crimée à celles des toundras de la •ïïer Glaciale, en même temps que le caractère continental du climat fait connaître à chaque zone, d'un bout à l'autre de l'année, ^e grands écarts de temi>érature. D'autre part, quelle disposition Ualnrelle à la stabilité ne devait pas ress^^ntir cette population, wnt le sol, si uniforme et si peu fait pour provoquer le désir drs Voyages ou le goût des aventures, est le moins exposé aux trem- Wcments de terre qu'il y ait sur Ir irlobe ; d'où les volcans et b's ^urces thermales sont absents: où rien, dans le terrain, ne trahit nidésonlre, ni dislocation, mèmf» îiux approrlies de l'Oural, dont •* versant occidental est aussi doux el exempt df roches éruptives fûe la pente opposée est riche fu accidents r

Kttinction de deux territoires glaciaires. — .Malgré l'unifor-

''''^é générale du relief, le sol ni^s*» oflre deux divisions bien tran-

^Wes, que la seule inspection dune larte suffit à faire reconnaître,

^i que sépare une ligne [partant ib» la frontière prussienne de la

Pologne pour atteindre Arkhangelsk en passant par le lac Ilmen et un peu à Test du lac Onega. A Toccident de cette ligne, les marais et les cavités lacustres abondent, et les cours d'eau sont tout ce qu'il y a de plus irrégulier. A Test, on ne voit pas un seul lac, et le parcours des rivières est bien défini.

Cela tient à ce que la ligne en question marque précisément la limite que la dernière invasion glaciaire n'a pas dépassée. Assez do siècles s'étaient écoulés, depuis le temps où la précédente, de beaucoup la plus étendue, avait étalé ses moraines en Russie, pour que la topographie de ces dernières eût eu le temps de se régulariser. Les creux s'étaient comblés, la pluie avait transformé une partie de l'argile glaciaire en limon de ruissellement. Mais quand les glaces sont revenues, il y a quelques milliers d'années seulement, ne couvrant plus cette fois que la Laponie, la Finlande, le gouvernement d'Olonetz et l'Esthonie, elles ont déposé sur ces territoires un nouveau terrain erratique, et l'empreinte en est restée d'autant plus fraîche, que sur ce fond exclusivement archéen et granitique, la pression de la glace agissait plus nettement qu'elle n'avait pu faire sur les sédiments en couches horizontales de la région de Test.

Le maintien de ce régime hydrographique indécis n'a dû être que facilité par les phénomènes de submersion temporaire qui ont suivi le départ des glaces, et qui paraissent avoir établi momentanément une communication entre la Baltique et la mer Blanche.

Finlande. Paysage morainique. — La Finlande, qui est la partie caractéristique du territoire occidental, n'est autre chose que la continuation de la grande plate-forme archéenne de la Suède, allant s'enfoncer doucement sous les plaines russes, dont elle forme le fond. Elle est si bien aplanie que son altitude moyenne se tient à ISO mètres, un centième seulement de la superficie s'élevant au-dessus de 600*. Encore les hauteurs sontelles reléguées dans le nord du pays, dont toute la partie centrale n'offre aucun point plus élevé que 240 mètres. Mais ce qui imprime à ce territoire sa physionomie particulière, c'est la multitude des flaques d'eau, telle que le milieu de la péninsule comprise entre le golfe de Bothnie et le Ladoga a mérité de s'appeler le pays aux mille lacs.

Ces nappes ont des contours infiniment déchiquetés, et engen-. drent un véritable labvrinthe d'eau et de terre ferme, au milieiu

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